lundi 14 novembre 2005

L'Afrique noire absente du Festival de Marrakech

La cinquième édition du Festival international du film de Marrakech (FIFM) est marquée par une absence de l'Afrique noire de tous les programmes de la manifestation qui semble plutôt s'internationaliser davantage, a constaté sur place l'APS.



Aucun film d'Afrique au Sud du Sahara ne figure dans la sélection de 15 films en compétition. Aucun réalisateur ou comédien de cette zone n'est visible dans les couloirs du festival qui s'enorgueillie pourtant de célébrer la diversité culturelle.



L‘année dernière déjà, lors de la 4-éme édition du FIFM, un seul film d'Afrique noire, ‘'Moolaadé'' d'Ousmane Sembène, était présent en compétition. Cette année, le seul film africain en compétition est ''El Ayel'' (Le gosse de Tanger) du Marocain Moumen Smihi.



Le réalisateur burkinabé Idrissa Ouedraogo qui était annoncé cette année pour faire partie du jury n'est finalement pas venu et aucune raison n'a été donnée sur cette absence. Son nom, sa photo et sa filmographie figurent toutefois dans les fiches de présentation des membres du jury présidé par le Français Jean-Jacques Annaud.



‘'Il y a chez les organisateurs cette volonté de ne pas empiéter sur le champ du Festival panafricain de Ouagadougou'', tente d'expliquer un journaliste de la MAP (Maghreb Arab Press) qui reste toutefois sans mot quand on lui fait remarquer que le festival, au lieu de développer une certaine originalité, tombe dans une imitation du Festival de Cannes.


Ce ‘'travers'', rappelle Abderrahmane un étudiant en cinéma, était déjà visible l'année dernière. ''On a les mêmes acteurs, les mêmes réalisateurs, les mêmes habitudes qu'à Cannes. On veut voir autre chose, laissons à Cannes ce qu'il fait mieux que nous'', dit-il en précisant qu'il aimerait voir des films d'Afrique noire.


Il a été placé cette année, devant le Palais des Congrès de Marrakech qui abrite des projections et les différentes conférences de presse avec les réalisateurs et acteurs, une marche qui est en fait une pâle copie des marches du Palais des Festivals à Cannes.

‘'On s'ennuie quelque part parce qu'on aurait aimé se retrouver dans l'univers des films qui sont projetés. Ce qui n'est pas le cas, c'est dommage'', déplore le Camerounais Jean-Marie Mollo Olinga, un des trois journalistes d'Afrique au Sud du Sahara invités à couvrir la manifestation



SOURCE: APS.....13/11/2005+++Envoyé spécial : Aboubacar Demba Cissokho

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