mardi 29 novembre 2005

PANAFRICANISME : ne nous trompons pas de lutte

S’il est un terme largement usité voire usé en Afrique ces temps-ci, c’est bien celui de « panafricanisme ». Ce sont les tribulations judiciaires de Monsieur Hissein Habré, ci-devant président de la République du Tchad de 1982 à 1990 qui a propulsé le panafricanisme sur le devant de la scène, notamment au pays de la Teranga où se joue cet épisode judiciaire. Toute l’Afrique politique et juridique avait coupé son souffle en attendant le verdict des magistrats sénégalais qui, eux, ont préféré se dérober plutôt que de prendre partie. Qu’à cela ne tienne ! Le débat est lancé. Que Monsieur Habré soit ou non jugé ou extradé. Certains se le sont demandés à juste titre : Quelle dignité l’Afrique tirera-t-elle à accorder l’impunité à ses bourreaux (peu importe qu’ils soient anciens chefs d’Etats capables d’intimider et de distribuer des millions à tout vent, ou vulgum pecus).

Le cas Habré a ravi la vedette à la visite que quelques chefs d’Etats africains ont effectuée Côte d’Ivoire pour essayer de trouver une issue à l’imbroglio politico-militaire dans lequel le pays de Houphouët-Boigny est empêtré depuis fin 2002. Pourtant, le panafricanisme aurait pu être invoquée avec plus de pertinence dans la gestion par les africains de cette crise que l’usage dont d’aucuns en font actuellement au Sénégal pour des fins bassement politiciennes et matérielles.


Le cas Habré n’est pas la seule occasion où l’on a, ces derniers temps, mangé le panafricanisme à toutes les sauces. Une autre occasion avait été fournie par la situation qui prévaut au Zimbabwe depuis les reformes agraires initiées par le président Mugabe à la fin des années 1990s. L’on a célébré Mugabe pour avoir arraché la terre aux (Zimbabwéens) blancs pour les redonner aux (zimbabwéens) noirs, même si ces derniers n’ont ni la technologie, ni le savoir, ni les moyens de les mettre en valeur. L’Afrique du Sud est l’un des indéfectibles soutiens de Mugabe. Pourtant l’Afrique du Sud était (et est toujours) confrontée au même problème que le Zimbabwe, c'est-à-dire une situation où une grande partie des terres est détenue par une minorité raciale. Contrairement aux méthodes brutales de Mugabe, Nelson Mandela d’abord et Thabo Mbeki ensuite ont adopté une posture moins radicale basée sur la négociation et la recherche d’une cession sur une base volontaire d’une partie des terres détenues par les sud-africains de race blanche avec un dédommagement conséquent.


Aujourd’hui, Mugabe est célébré par ceux qui se disent panafricaniste tandis qu’au même moment le peuple zimbabwéen souffre : le dollar zimbabwéen vaut à peine son poids en papier, la famine sévit (il y a moins de dix ans le pays était l’un des leaders de l’agriculture en Afrique), les libertés civiles et politiques les plus élémentaires sont foulées au pied, les citoyens les plus démunis sont déguerpis de leurs lieux d’habitation, l’Etat est confronté à d’immenses problèmes de trésoreries. Beaucoup de zimbabwéens ne pensent qu’à une chose : fuir cette géhenne qu’est devenue leur chère patrie. Ils sont plusieurs millions en Afrique du Sud et des millions en Europe.

Que font donc les panafricanistes pour les zimbabwéens : des discours. Sur le terrain, des pays voisins ont accueilli à bras ouverts les fermiers blancs que Mugabe a mis à la porte. Ces fermiers contribuent au développement agricole du Mozambique, de la Zambie, et d’autres pays d’Afrique australe. Entre temps on rassure Mugabe du soutien politique et on l’encourage à enfoncer d’avantage son pays et son peuple. Combien de pays africains (à part l’Afrique du sud et, peut-être, la Libye) viennent-ils en aide financièrement et, peut-être, alimentairement au Zimbabwe ? Ce serait intéressant si, après avoir aidé (soit activement soit par des soutiens politiques) à détruire l’économie zimbabwéenne, nous, africains, pouvions tous contribuer à remettre ce pays sur les rails.

Une autre occasion d’invoquer le panafricanisme, ainsi que je l’ai mentionné plus haut, est fournie par la situation en Côte d’Ivoire. Au-delà des affrontements entre Gbagbo et son opposition tant armée que politique avec en filigrane l’ombre et, peut-être la main invisible, de l’ancienne puissance colonisatrice, la France qui conserve de gros intérêts économiques, politiques et stratégiques en Côte d’Ivoire, doit-on pour autant perdre de vue le rôle déstabilisateur de certains pays africains en Côte d’Ivoire ou doit-on, dans la même lancée panafricaniste, perdre de vue la marginalisation quasi-systématique de certaines catégories de la population ivoirienne due à leur appartenance, régionale, ethnique ou religieuse ?

Pour en revenir à l’affaire Habré, la priorité du panafricanisme ne saurait se trouver dans l’impunité accordée à un individu, fut-il ancien chef d’Etat, à qui les crimes les plus odieux et les plus inhumains sont reprochés. Qu’Habré défende son bilan en tant que chef d’Etat, qu’il soit confronté aux juges et, s’il en sort blanchi, toute l’Afrique verrait en lui un héros. Mais qu’il se dérobe et qu’un pays africain quel qu’il soit l’aide à utiliser comme bouclier la Teranga ou l’immunité (deux notions qui à mon avis ne valent rien à côté de la vie et la dignité des 40.000 victimes reprochées au règne de Habré), l’Afrique ne pourra plus jamais dénoncer les méfaits de la traite négrière et de la colonisation, perpétrées par les Occidentaux en Afrique, sans avoir honte et sans paraître ridicule!!!

Sans prétendre au cynisme, je me suis posé la question suivante après avoir suivi les arguments des partisans de Habré dans leur tentative de se servir du panafricanisme comme d’un cache-sexe pour couvrir la nudité de leur posture : Habré serait-il plus africain que les 40.000 personnes tuées, torturées, estropiées ou arbitrairement détenues par la DDS sous son régime ? Je ne suis pas contre le fait que l’Afrique doit s’opposer au néocolonialisme sous toutes ses formes mais, à une époque où même l’Europe assume son passé criminel notamment en Afrique, n’est-il pas temps que nous, africains, assumions notre part dans l’histoire tumultueuse et parfois sanglante de notre continent ? Car, de l’aveu des pro-Habré eux-mêmes, la Belgique a fait son mea culpa pour son passé colonial et son rôle dans l’assassinat de Patrice Lumumba. J’ajouterais que le Vatican en a fait de même pour son rôle dans la colonisation et l’esclavage, l’Allemagne pour son passé nazi, etc. Qu’attendent donc les africains pour reconnaître leurs propres erreurs et leur contribution à l’exploitation et le massacre de leurs propres frères ? L’Afrique n’en sortira que plus digne, plus fort, et mieux à l’aise dans ses revendications pour la restitution de son histoire bafouée.

En conclusion, je voudrais dire une fois de plus, à propos du panafricanisme, que beaucoup de chantiers politiques et économiques restent ouverts et attendent qu’on s’y attelle. Car ne parler du panafricanisme que dans de sombres circonstances comme l’affaire Habré ou les crises en Côte d’Ivoire et au Zimbabwe fait sourire quand on sait qu’aujourd’hui encore, un africain ne peut pas voyager librement dans un autre pays africain, que les produits manufacturés d’un pays africain se vendent plus difficilement dans un autre pays africain que le sont les produits importés d’Europe, que seuls 10% des échanges commerciaux des pays africains se font avec d’autres pays africains, qu’un dictateur africains peut allègrement affamer et massacrer son peuple au vu et au su de tous les africains, que des pays africains sèment des troubles dans d’autres pays africains, etc. Ne nous trompons pas de lutte.


Par Nadjita F. Ngarhodjim,
N’Djamena, Tchad
Email:
nfngarhodjim@francophone.net

POUR UN MONDE PLUS TOLERANT

Pofrima SEMEtt

caamusun@gmail.com

lundi 28 novembre 2005

Hadja Maïmouna Niang: une étoile filante***


Hadja Maïmouna Niang, née à Fatick (centre-ouest du Sénégal), a suivi ses études primaires à l’école Moustapha Baïdy Bâ de Fatick (ex-école Ndouck). En 1987 elle intègre le Collège Khar Ndoffène Diouf de Fatick. En 1992, elle réussit le Brevet et poursuit ses études au lycée Charles De Gaulle de Saint-Louis (une ville située au Nord du Sénégal. En 1996 le BAC en poche elle intègre l’université Gaston Berger. Depuis 2003 notre douce Maïmouna prépare une thèse de doctorat en Littérature Générale et Comparée à l’Université Paris 12 Val-de-Marne.

Passionnée de cinéma (depuis sa tendre enfance) sa rencontre avec le cinéaste sénégalais Ousmane Sembène constitua, pour elle, un moment de ressourcement et de réarmement culturel. L’insertion sociale des enfants-mendiants (appelés « taalibe » en wolof) et la réhabilitation des femmes de ménage (nommées « mbidaan » en wolof) issues de l’exode rurale constituent pour elle les axes prioritaires de son combat social.




vendredi 25 novembre 2005

AFFAIRE HISSENE HABRE: l'ex-Président tchadien rattrapé par son passé

La justice sénégalaise s'est déclarée vendredi incompétente pour statuer sur une demande d'extradition en Belgique de l'ex-président tchadien Hissène Habré, qui a pu regagner dans la soirée un de ses domiciles de Dakar après dix jours de détention.

La décision de la Chambre d'accusation de la Cour d'Appel de Dakar laisse toutefois le sort de M. Habré dans l'incertitude et les partisans de son extradition se sont immédiatement tournés vers le président sénégalais Abdoulaye Wade afin qu'il signe un décret en ce sens.

[…] L'ancien dirigeant tchadien, en exil depuis 15 ans au Sénégal, avait été arrêté le 15 novembre à Dakar en vertu d'un mandat d'arrêt international de la justice belge qui veut le juger pour violations massives des droits de l'homme (40.000 victimes selon une commission d'enquête tchadienne) lors de son passage au pouvoir (1982-90).

[…] La Fédération internationale des ligue des droits de l'Homme (FIDH) et des associations africaines et belges ont de leur côté exprimé leur "indignation" et jugé qu'il incombait au président Wade "de trancher en avalisant le décret d’extradition".M. Wade avait affirmé la semaine dernière qu'il consulterait l'Union africaine (UA) avant de signer un éventuel décret d'extradition afin de "bien montrer que ce n'est pas un problème sénégalais, mais un problème africain".

[…] Le président tchadien Idriss Deby avait appelé jeudi son homologue sénégalais à accepter l'extradition d'Hissène Habré vers la Belgique.
Source : AFP

LOUIS CAMARA : Pour la relance des activités culturelles à Saint-Louis du Sénégal

L'écrivain Louis Camara a déploré la morosité de la vie culturelle qui connait une baisse de ses activités à Saint-Louis, ville ''éminemment culturelle'' qui a longtemps favorisé l'épanouissement des artistes.


''Il devrait y avoir davantage de manifestations tournées vers la culture à Saint-louis, une ville éminemment culturelle'', a estimé l'ancien lauréat du Grand Prix du président de la République pour les Arts, dans un entretien exclusif avec le correspondant de l'APS dans l'ancienne capitale du Sénégal.


''On parle beaucoup de tourisme dans cette ville qui a un passé historique trés riche, mais pour se développer, souligne-t-il, elle devrait s'adosser sur la culture qui est son interface et devrait être le moteur de son développement''.


Le premier élément à valoriser en relation avec la culture est l'architecture qui, a déploré Louis Camara, n'est pas du tout valorisée. ''Il faut éviter de folkloriser la culture'' laquelle ''ne doit pas s'arrêter à l'organsiation annuelle de deux manifestations si grandes et si prestigieuses soient-elles'', a ajouté M. Camara faisant allusion à la tenue du festival de Jazz et des fanals.


''Je parle de cette activité vivante qui doit etre inscrite dans le vécu des habitants qui doivent s'imprégner de leur culture'', a affirmé Louis Camara irrité par le fait que Saint-Louis ne dispose ni d'une salle de cinéma digne de ce nom ni d'un théatre.


Il a ainsi déploré le manque de ''culture vivante'' susceptible de permettre aux touristes d'avoir des espaces pour s'épanouir, aprés avoir fait dans la journée le tour de la ville.


Citant les institutions comme l'Université Gaston berger qui aurait pu jouer un rôle important dans ce domaine, il a estimé que cet établissement ''est comme un appendus de la ville. On ne la sent pas véritablement''. Idem pour le CRDS où il fait ses recherches et qui, selon lui, ''est comme un ilot vague sur le fleuve'' n'entretenant pas de rapports directs avec la ville.


Pour redonner un élan à la vie culturelle, il avait proposé la tenue des journées littéraires de Saint-Louis, mais déplore-t-il, ''personne n'a suivi''. ''Il serait bon par exemple que l'Université s'en empare et l'organise en collaboration avec les écrivains'', a expliqué Louis Camara, non sans déplorer le manque de collaboration des acteurs culturels.

Louis Camara a constaté aussi pour s'en désoler qu'aucun écrivain parmi ceux qui ont consacré leurs oeuvres à la ville ne bénéficie d'un retour d'ascenseur de la part de la municipalité. ''Aucune rue ne porte le nom d'un écrivain'', s'est-il indigné citant parmi ces ''illustres personnalités'' Abdoulaye Sadji, Ousmane Socé, Léopold Sédar Senghor qui a longtemps séjourné dans la ville.
Source: APS 18 Octobre 2005

jeudi 24 novembre 2005

Association des Ecrivains du Sénégal: rien ne va plus!

A madame Madame Fatou Ndiaye Seck
présidente de l’AES section Louga


C’est avec un sentiment de surprise, mitigé cependant, que je me suis associé à une indélicatesse qu’aurait commise à son endroit, selon Madame Fatou Ndiaye Seck, présidente de l’Association des écrivains de Louga, Alioune Badara Bèye, actuel président des écrivains du Sénégal (Aes). Je tiens à me démarquer de cet imbroglio dans lequel je n’ai aucune part ni responsabilité, n’ayant pas été informé des suites données aux promesses effectivement faites aux jeunes écrivains de Louga par M. Bèye et sa délégation dont je faisais certes partie. Mon éthique personnelle ne m’autorise ni à ne pas respecter la parole donnée, ni à ne pas tenir des engagements pris en public ou même en privé.


Que Me Fatou Ndiaye Seck sache donc que, pas davantage qu’elle, je ne suis au courant des activités de l’Association des Ecrivains du Sénégal aux dernières assises de laquelle je n’ai d’ailleurs pas été convié (étant membre à part entière de ladite Association dont je suis le représentant attitré à Saint-Louis). J’ai appris la récente nomination de M. Bèye au poste de président de l’AES « à l’unanimité et par acclamation » par voie de presse et, quoique ma mise à l’écart feutrée n’ait suscité aucune réaction de ma part, je n’ai pu m’empêcher de me demander si un consensus réel avait été réalisé autour de cette nomination et si le nécessaire quorum permettant de valider une assemblée générale avait été atteint, au vu de tous ce que le pays compte d’écrivains confirmés. Je n’ai également pu m’empêcher de penser que, peut-être plus qu’aucun autre regroupement d’individus autour d’une activité ou d’une profession, une association d’écrivains se doit d’être soumise aux règles, principes et mécanismes élémentaires du fonctionnement démocratique. Je crois, sous ce rapport, que mon point de vue rejoint bien les préoccupations de Mme Fatou Ndiaye Seck et des membres de son association qui semblent se soucier principalement, ce qui est légitime, de la gestion correcte des affaires de l’AES et de « Kër Birago » à laquelle ils se plaignent de ne pas être associés. Qu’ils sachent donc que, pas davantage qu’eux, les écrivains de Saint-Louis ne reçoivent pas, que l’on me pardonne la trivialité de l’expression, « leur part du gâteau », pourtant substantielle si l’on se réfère au nombre de « journées, séminaires et colloques internationaux » où sont invités en grande pompe des écrivains et poètes du monde entier (prestige oblige) aux frais de la princesse. Et pourtant l’on passe son temps à verser des larmes (d’écrivain) sur le triste sort de l’édition sénégalaise (à qui la faute ?) qui ne cesse de battre de l’aile, accélérant ainsi la relégation de la production littéraire nationale à son niveau le plus bas.


Je suis néanmoins de ceux qui pensent que la création littéraire est un acte éminemment solitaire qui relève du talent d’abord, ensuite de l’effort et que la créativité ne dépend pas forcément des moyens matériels mis à la disposition de ceux (ou celles) qui en assument la responsabilité. Nous en avons tous les jours la preuve dans notre monde moderne où la technologie a démultiplié à l’infini les possibilités de reproduction des œuvres dites de l’esprit, pourvu que seulement que l’on en ait les moyens. Pour être plus succinct sur cette question, j’emploierai la formule laconique de Sacha Guitry : « L’essentiel est d’écrire, tout le reste n’est que littérature ».


Néanmoins, vous avez raison, Mme Fatou Ndiaye Seck et les écrivains de Louga, d’exiger plus de transparence, d’équité, et de présence ailleurs qu’à Dakar (ne serait-ce qu’au nom du sacro-saint principe de la décentralisation) de la part de personnes qui sont censées représenter, et la création littéraire, et les écrivains de notre pays, et qui de surcroît parlent en notre nom à tous. Vous avez raison d’exiger que soit assaini l’environnement culturel du Sénégal, que soit encourager la jeune littérature par la création de prix et l’accès à l’édition, que soient mises sur pied de relais efficaces permettant de stimuler la chaîne éditoriale, laquelle chaîne a autant besoin d’écrivains que de lecteurs, d’éditeurs que de critiques littéraires. La littérature sénégalaise a réellement besoin d’un coup de fouet salutaire, d’un rajeunissement et d’une participation large de toutes ses composantes. Elle a besoin de redorer son blason par une production de qualité et non de s’enfoncer dans la médiocrité par la promotion de poncifs et de navets faisant office de chefs-d’œuvre.


Aujourd’hui le constat est unanime : la littérature sénégalaise est en déclin. Les grandes voix d’autrefois se sont tues, éteintes par la mort ; celles qui restent demeurent silencieusement désabusées, face au désolant pour ne pas dire à l’écoeurant spectacle de la course aux honneurs, du larbinisme, du copinage et du profit sous toutes ses formes qui minent à présent les milieux dits littéraires.

Il est temps que ceux dont le souci premier est l’épanouissement de l’art littéraire, et non d’égoïstes intérêts personnels, joignent leurs efforts dans un élan de solidarité et de générosité lucide et critique. Pour que le grain ne meure et pour que l’on ne puisse point dire un jour en parlant de la littérature de notre pays, ce mot terrible du poète équatorien, Jorge Carrera Andrade : « La guitare n’est plus qu’un cercueil pour chansons »


Par Louis CAMARA
Ecrivain (Grand prix du président de
la République
du Sénégal pour les Lettres)
BP : 144 Saint-Louis du Sénégal
camaralou@yahoo.fr


jeudi 17 novembre 2005

EXPO "Jeunes et nouveaux talents" - ASSOCIATION SOLEIL

L’ ASSOCIATION SOLEIL pour la promotion et la reconnaissance de la peinture malienne, vous invite à l'exposition intitulée "Jeunes et nouveaux talents" du jeudi 17 novembre au lundi 28 novembre 2005 à la galerie Artitude, au Village Suisse, 4 avenue Paul Déroulède, Paris 15è. (Métro la Motte Piquet grenelle)

lundi 14 novembre 2005

L'Afrique noire absente du Festival de Marrakech

La cinquième édition du Festival international du film de Marrakech (FIFM) est marquée par une absence de l'Afrique noire de tous les programmes de la manifestation qui semble plutôt s'internationaliser davantage, a constaté sur place l'APS.



Aucun film d'Afrique au Sud du Sahara ne figure dans la sélection de 15 films en compétition. Aucun réalisateur ou comédien de cette zone n'est visible dans les couloirs du festival qui s'enorgueillie pourtant de célébrer la diversité culturelle.



L‘année dernière déjà, lors de la 4-éme édition du FIFM, un seul film d'Afrique noire, ‘'Moolaadé'' d'Ousmane Sembène, était présent en compétition. Cette année, le seul film africain en compétition est ''El Ayel'' (Le gosse de Tanger) du Marocain Moumen Smihi.



Le réalisateur burkinabé Idrissa Ouedraogo qui était annoncé cette année pour faire partie du jury n'est finalement pas venu et aucune raison n'a été donnée sur cette absence. Son nom, sa photo et sa filmographie figurent toutefois dans les fiches de présentation des membres du jury présidé par le Français Jean-Jacques Annaud.



‘'Il y a chez les organisateurs cette volonté de ne pas empiéter sur le champ du Festival panafricain de Ouagadougou'', tente d'expliquer un journaliste de la MAP (Maghreb Arab Press) qui reste toutefois sans mot quand on lui fait remarquer que le festival, au lieu de développer une certaine originalité, tombe dans une imitation du Festival de Cannes.


Ce ‘'travers'', rappelle Abderrahmane un étudiant en cinéma, était déjà visible l'année dernière. ''On a les mêmes acteurs, les mêmes réalisateurs, les mêmes habitudes qu'à Cannes. On veut voir autre chose, laissons à Cannes ce qu'il fait mieux que nous'', dit-il en précisant qu'il aimerait voir des films d'Afrique noire.


Il a été placé cette année, devant le Palais des Congrès de Marrakech qui abrite des projections et les différentes conférences de presse avec les réalisateurs et acteurs, une marche qui est en fait une pâle copie des marches du Palais des Festivals à Cannes.

‘'On s'ennuie quelque part parce qu'on aurait aimé se retrouver dans l'univers des films qui sont projetés. Ce qui n'est pas le cas, c'est dommage'', déplore le Camerounais Jean-Marie Mollo Olinga, un des trois journalistes d'Afrique au Sud du Sahara invités à couvrir la manifestation



SOURCE: APS.....13/11/2005+++Envoyé spécial : Aboubacar Demba Cissokho

samedi 12 novembre 2005

INJUSTICE SOCIALE: La France championne du monde

Notre époque dite moderne est fortement marquée par une incapacité à envisager l’être humain en dehors de certains clichés réducteurs … de clivages sociaux préfabriqués. Le racisme, la haine du pauvre, le rejet des handicapés… Nous l’avons dit ailleurs, nous le répétons, avec beaucoup de tristesse, ici : « La France devient de moins en moins une destination prisée du fait de la montée de racismes et de nationalismes incongrus, de la xénophobie et j’en passe... Aussi les échos qui nous parviennent, faisant état de mauvais traitements de la communauté africaine et des minorités défavorisées de manière générale (incendie de leur "foyer", expulsions...), constituent, de notre point de vue, des atteintes notoires aux droits de l'HOMME. » Ceci n’est pas acceptable ! Nous nous permettons de nous poser quelques questions suite à l’incendie d’une mosquée hier: Est-ce le culte musulman qui est visé ? Est-ce que ce sont les Valeurs non-occidentales que cette religion véhicule qui dérangent ? … ou simplement les HOMMES qui les portent ?

Et, il est fondamental de se mobiliser pour faire face aux dérives et autres extrémismes de toutes sortes. Quand dans un pays dit «civilisé » le lieu de culte devient la cible du système, il est permis de douter ... de la bonne santé morale de ce système. La France est malade d’elle-même.Nous n’attendrons pas ! Nous n’attendrons pas !! Nous n’attendrons pas !!! Cette attitude lâche et mesquine si coutumière aux mouvements « humanitaires » ou « humanistes » (trêve de querelle sémantique) qui, de manière ostentatoire, se mettent à l’affût … et regardent, passivement, l’injustice sociale se propager et se complaisent dans ce regard coupable du vautour. N’attendons pas le jour (ou la nuit de couvre FEU) que le ministre de l’intérieur français, « incendiaire en chef » de son Gouvernement, descende dans les RUES de la banlieue, muni d’un lance-flamme nazi … Vous imaginez les conséquences ? La France doit se ressaisir !!! « Qu’on le veuille ou non : au bout du cul-de-sac Europe, […] il y a Hitler. Et, dès lors, une de ses phrases [d’Hitler] s’impose à moi : « Nous aspirons, non pas à l’égalité, mais à la domination. Le pays de race étrangère devra redevenir un pays de serfs, de journaliers agricoles ou de travailleurs industriels. Il ne s’agit pas de supprimer les inégalités parmi les hommes, mais de les amplifier et d’en faire une loi.» […] Cela sonne net, hautain, brutal, et nous installe en pleine sauvagerie hurlante. Mais descendons d’un degré »[1] et regardons actuellement ce qui se passe dans les banlieues françaises. Après la mort des deux jeunes « électrifiés » … Après plus de 7000 véhicules incendiés … et une mosquée brûlée ! Avons-nous le Droit de nous taire ? Certes la responsabilité est énorme ! Toutefois, Il s’agit juste de combattre l’injustice sociale là où elle se présente, au moment où elle se pointe, sous la forme dans laquelle elle se manifeste.
NOTE:
[1] Aimé CESAIRE (in –Discours sur le Colonialisme, p. 13)
Par Papa Oumar FALL

jeudi 10 novembre 2005

DEFILE 11 NOV 15h - BANLIEUES SUR LES CHAMPS



LES BANLIEUES DEFILENT SUR LES CHAMPS-ELYSEES CE VENDREDI 11 NOVEMBRE A 15H
***
POUR LA PAIX ET VERS
LE CHANGEMENT
***
DE LA PLACE DE LA CONCORDE A L'ETOILE
QUE LA BANLIEUE S'EXPRIME ET DEVIENNE VISIBLE

BANLIEUE DIGNE,
BANLIEUE VISIBLE,
STOP THE GHETTO !

"L’histoire nous apprend que les révolutions ne se font pas sur commande,

mais d’une manière spontanée. " Georgi DIMITOV (Bulgarie)

Festival AFRICA FETE 2005 du 28 novembre au 03 décembre

Des RENCONTRES PROFESSIONNELLES seront organisées du 28 novembre au 1er décembre. Les thématiques suivantes seront développées :

Lundi 28 novembre 2005 : Le cadre juridique du du secteur musical, exemple du Sénégal
Mardi 29 novembre : La lutte contre la piraterie des produits phonographiques en Afrique
Mercredi 30 novembre: Mode et source de financement de l’industrie musicale sénégalaise et africaine
Jeudi 1 er décembre 2005 : Le réseau CIRCUL’A, une solution pour la circulation des artistes et de leurs œuvres.

mercredi 9 novembre 2005

FRANCE: la chasse aux sorcières ... une bêtise de plus!

Quand Paranoïa et Naïveté se promettent Amour et Fidélité… C'est la RUE-publique qui RE-trinque!

«Il est interdit d ‘interdire »... Après le lifting du journal ( Le MONDE diplo. ) intime de l’ETAT (d’URGENCES) français… le populiste en chef du Gouvernement français RE-lance la traque aux sorcières« citEyennes » :c’est la SOLUTION FATALE.

La GUERRE de desinformation à la française, en appoint au couvre FEU, a pris pour cible (pour ne pas dire proie facile) de « jeunes gamins de rien du tout» de la banlieue (Cf. article suivant de Libé :Trois blogeurs arrêtés paru le 08/11/2005 dans la rubrique société). L’intégration sociale à la française trébuche encore une fois de plus. La France au bord de l’implosion sociale!

mardi 8 novembre 2005

FRANCE: Les banlieues françaises assiégées!!!

La France doit se ressaisir!

Après 12 jours de guérilla urbaine l'Etat ... d’URGENCE ou du moins dans la précipitation décrète le couvre FEU!!! La LIBERTE, l'EGALITE et la FRATERNITE menacées.

lundi 7 novembre 2005

NOTES de LECTURE:Tolérance et indifférence***Tolérance et indulgence

Paris est pris dans un cercle vicieux. C’est la chasse aux sorcières. Dans ce contexte de haine, je vous présente ce soir ces quelques réflexions sur la TOLERANCE.
Tolérance et indifférence

«L'indifférence, c'est un état sans douleur ni plaisir, sans crainte ni désir vis-à-vis de tous ou vis-à-vis d'une ou de plusieurs choses en particulier. L'indifférence, si elle n'est pas une pose, une affectation, n'a évidemment rien à voir avec la tolérance. Dans la mesure où la tolérance, c'est l'acceptation de la différence, celui qui affiche l'indifférence n'a aucunement besoin de pratiquer la tolérance envers qui que ce soit ou quoi que ce soit. Si tant est que l'indifférence soit un trait de la vieillesse, Maurois pouvait écrire: «Le vrai mal de la vieillesse n'est pas l'affaiblissement du corps c'est l'indifférence de l'âme.»

Tolérance et indulgence

"L'indulgence est une disposition à la bonté, à la clémence; une facilité à pardonner. L'indulgence va plus loin que la tolérance, mais il est clair que les deux font un bout de chemin ensemble. L'indulgence est un trait de la vieillesse quand celle-ci est un mûrissement et non un durcissement ou un pourrissement."
Source: Jean-Paul Desbiens, De la tolérance, L'Agora, Vol 3 No 2

dimanche 6 novembre 2005

RACAILLE! CANAILLE! PAGAILLE! ARABAILLE!

Quand dans la DEMOCRATIE à la française les élus passent leur temps à insulter leur PEUPLE... c'est la REPUBLIQUE qui trinque!


Quand l'islamISME (modéré !) de France fait son cirque au chevet de la REPUBLIQUE française... c'est le monde des bouffons qui est à l'envers.


Quand la LAICITE à la française s'essouffle et porte le voile (tricolore !) musulman… c’est la MARSEILLAISE qui devient maussade.

« AUX ARMES les moussaillons… » Paris est pris !





jeudi 3 novembre 2005

EMEUTES URBAINES à PARIS: la paix sociale menacée

Sur le Blog du NAUTILUS 20, nous avons lancé le mardi 27 septembre 2005 ce cri de détresse :

"La France doit se ressaisir!!!
La France devient de moins en moins une destination prisée du fait de la montée de racisme et de nationalismes incongrus, de la xénophobie et j’en passe...

Aussi les échos qui nous parviennent faisant état de mauvais traitements de la communauté africaine et des minorités défavorisées de manière générale (incendie de leur "foyer", expulsions...), constituent, de notre point de vue, des atteintes notoires aux droits de l'HOMME.

Ceci nous pousse à analyser le "coup d'Etat" du Front national français, lors de la dernière élection présidentielle en France, comme le symptôme de l’explosion sociale qui guette la France."



Depuis 7 jours le DIALOGUE social surréaliste (pour ne pas dire la lutte communautaire et/ou la crise institutionnelle) a finalement débouché sur la désobéissance civile. Dans ce contexte de parodie de dialogue social, la banlieue parisienne (véritable CAMP de concentration à ciel ouvert !) s’enflamme. C’est le désordre total !

BILAN provisoire des « confrontations » : 2 ADOS électrifiés, 1 école maternelle incendiée, + de 315 véhicules brûlés, 1 poste de police saccagé … 4 coups de feu tirés (balles réelles). C’est vraiment lamentable!

Face à cette sorte de REVOLUTION à la française (pourtant prévisible !), les pouvoirs politiques français dépassés par le cours des évènements (dans un désordre institutionnel indescriptible !) promettent un rétablissement « de l’ordre public … dans la fermeté et la justice ». A chacun son exutoire !


La France doit se ressaisir et instaurer une vraie paix sociale, car comme le dit si bien Aimé CESAIRE :

" Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente.
Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes cruciaux est une civilsation atteinte.

Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde."






Par Papa Oumar FALL