mardi 11 avril 2006

INCENDIE des FOYERS en France: "Combien d'Africains" Par Gérard ANDRE


En cette période de deuil [1] la réception de ce texte nous glace le sang. Le « réalisme » de son témoignage nous plonge au cœur de l’horreur qui caractérise le quotidien des noirs dans les fameuses banlieues françaises. Je vous suggère chères lectrices/chers lecteurs de méditer ce texte de Gérard ANDRE et dans un élan de solidarité de partager la douleur de cet homme qui , de manière paradigmatique symbolise la douleur de l’HOMME NOIR … écrasé par le poids infernal du racisme institutionnalisé de cet Occident « capitaliste-vampire ». Face à la montée de la haine et du racisme en Europe … avons nous le droit de nous taire !


Note de l’AUTEUR

« Voici un texte sans prétention et certes, moins heureux, mais ce sont les évènements cruels de la vie des Africains à Paris qui m’ ont inspirés. C’ est dans toute l’ horreur des incendies que mon cœur a saigné de tristesse. »



Combien d’ Africains

Combien d’ Africains devront mourir demain
Afin que cesse le génocide des murs anciens ?


Combien d’ Africains brûleront dans ces tombes
Qu’ aujourd’hui certains osent nommer appartements ?


Combien d’ Africains, dans la terreur de la nuit
Se jetteront dans le vide afin d’ échapper aux flammes,
Pour mourir écrasés sur le trottoir de Paris ?


Combien d’ Africains au comble de la joie de vivre
Trouveront la mort dans ce gigantesque brasier,
Entassés dans ces immenses taudis ?


Pendant que les rats plantent leurs crocs
Dans la chair tendre des petits enfants Noirs,
Des monstres enregistrent un à un les loyers en Euros.


Doit-on mourir atrocement, lorsque l’ on est Noir et sans papier,
Alors même que les anciens d’ Afrique ont fait don de leur vie
Pour sauver de l’ ennemi menaçant, la Mère Patrie ?


Terre d’ accueil, Terre Promise, tu n’ as pas vu le danger mortel,
Quand les flammes, au comble de leur fureur
Ont dévoré, pendant ton sommeil, ton joli corps de jeune maman.


Plus d’ issue, plus d’ espoir, seul l’ escalier de la mort,
Au beau milieu de la nuit, n’ était plus qu’ un immense brasier,
Et l’ enfant dans ton ventre ne verra jamais le ciel de Paris.


Toi mon frère de cœur, c’ est sur la terre des Blancs
Que ton corps a brûlé dans l’ horreur des flammes.
Tu as perdu la vie, là, dans l’ indifférence générale,
Mais ton âme, pour l’ Afrique, à tout jamais est repartie.


Point de faux discours,
Point de faux-semblants !


Combien d’ Africains devront mourir demain
Pour être logés comme des êtres humains,
Pour avoir le droit de vivre dignement ?
Combien d’ Africains, combien d’ Africains…..


Gérard ANDRE

Melun, France.

Jeudi 1er Septembre 2005.



[1] Allusion au meurtre du jeune étudiant sénégalais abattu lâchement, la semaine dernière, par des néo-nazis, dans les rues de Saint Pettersbourg (Russie).

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