lundi 13 novembre 2006

Le Président du Jëf-Jël annonce sa candidature : Talla Sylla fustige la méthode Wade et égratigne Béthio Thioune

Hier, à l’occasion de sa rentrée politique à Thiès, quelque 24 heures seulement après le meeting du Pds, Talla Sylla, le leader de l’Alliance Jëf-Jël, après la confirmation de sa candidature à la présidentielle de 2007, a envoyé des bombes verbales sur Wade et ses promesses électorales. Il n’a pas manqué d’égratigner le marabout Cheikh Béthio Thioune, la vedette du meeting des libéraux, le samedi, à Thiès.



Hier, au cours de son meeting de rentrée politique, après avoir parcouru les régions du Sénégal, Talla Sylla, le leader du Jëf-Jël a tiré à boulets rouges sur le secrétaire général national du Pds. Et, sans que son nom soit cité, Cheikh Béthio Thioune en a eu pour son grade. Fidèle à une ligne de conduite qui semble lui être propre, dans ses rapports avec le spirituel, Talla Sylla fustige la méthode de l’allié de Wade et demande qu’on laisse le khalife général des mourides, Serigne Saliou Mbacké, en paix et en dehors des affaires politiques. «Celui qui fait cet amalgame sera sanctionné par Dieu», avertit-il. Pour lui, le khalife général a déjà fait savoir à tous que seul l’intéressent Dieu, le prophète et Serigne Touba.


Par ailleurs, pour ceux qui en doutaient une seule fois,Talla Sylla sera bel et bien sur la liste des candidats à l’élection présidentielle prochaine. C’est lui-même qui en a fait l’annonce officielle, hier, dans son fief du quartier Serigne Abdoulaye Yakhine à Thiès, accédant ainsi à la demande de plusieurs segments de son parti qui en avaient formulé le souhait. Le président du Jëf-Jël a profité de la fin de la campagne de signatures de la pétition organisée par son parti pendant quatre mois dans quinze départements du pays, et relative à la prolongation du mandat des députés, intervenue en juin dernier, pour faire l’annonce officielle de sa candidature. C’est en présence notamment des principaux responsables de son parti, comme son adjoint Moussa Tine, lui-même démissionnaire de l’Assemblée nationale, suite à la prolongation du mandat des députés. C’est d’ailleurs lui qui a été le premier à annoncer la candidature de son responsable de parti dans son adresse d’hier aux militants thiessois, insistant notamment sur le fait «qu’elle ne sera pas de la configuration, mais une candidature pour gagner».Très en verve comme à son habitude,le leader du Jëf-Jël annonce déjà la couleur et fait une large fenêtre sur ce que seront ses futurs thèmes de campagne avec le bombardement en règle de la politique du régime en place, et l’invite faite aux Sénégalais à se séparer de leur président «qui a échoué dans toutes ses initiatives». Talla Sylla y invite en particulier les hommes de tenue, les élèves, fils de paysans, ainsi que les étudiants dont il se considère comme le candidat à la course vers le palais de l’avenue Roume. Et pour cette compétition, le leader du Jëf-Jël dit qu’il n’aime pas «être le candidat d’un seul parti, mais de tous les Sénégalais dont certains ne se retrouvent pas dans une formation politique». En clair, il ne réfute pas certaines alliances, faites sur le principe du respect des autres et de leurs convictions. Même avec l’ex-Premier ministre Idrissa Seck dont Talla Sylla confirme les contacts annoncés entre son parti et le sien, cette alliance n’est pas exclue, mais à condition que le patron de Rewmi soit totalement blanchi des charges que le pouvoir fait peser sur lui. «S’il est prouvé qu’il est coupable de vol, nous arrêterons toute négociation avec lui, en souhaitant qu’il aille en prison, mais je suis totalement opposé à ce que l’on continue de l’accuser sans preuves, car un Etat qui se respecte doit savoir apporter les preuves des accusations formulées», défend Talla Sylla. Il invite alors l’Etat à sanctionner, dans la même veine, «tous les voleurs qui se trouvent aux côtés du Président».


Sur la situation politique actuelle marquée par l’invite au dialogue national du Président envers les autres leaders politiques, le futur candidat à la présidentielle reste sur ses gardes et avertit en prenant le peuple à témoin: «On va vers un gouvernement de complot national et non d’union nationale, formaté par des gens qui ne seront pas élus.»


Au cours de son intervention, Talla Sylla a donné raison à la presse, qui avait annoncé la parution prochaine d’un livre qui porte sa signature. Ce livre est prêt et porte le nom fort évocateur La Constitution, en référence à notre loi fondamentale votée après l’alternance, et à laquelle le jeune leader politique est farouchement opposé.




Par Birane GNING
Source : Le Quotidien

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