samedi 18 novembre 2006

TENSION SOCIALE à l'Université Cheikh Anta DIOP de Dakar

Bataille rangée entre étudiants :
C'est la chasse à l'homme au campus

PHOTO: Walfadjri


Ce n'est pas encore l'armistice dans la gueguerre qui oppose les délégués de la faculté de Lettres à ceux des cinq autres facultés. Hier, matin, une véritable chasse à l'homme a été décrétée sur le campus. Objectif : débusquer les mal pensants de la Fac de Lettres considérés par leurs camarades des autres facultés comme les obstacles à une année universitaire normale.
Les deux camps opposés sur le campus, à savoir délégués de la Faculté des Lettres et sciences humaines (Flsh) d'une part et ceux des autres facultés et établissements, se sont livrés hier matin, à des actes de vandalisme dans l'enceinte du campus. Venus pour tenir une assemblée générale dite d'explication à la masse d'étudiants parqués à la devanture de la direction du Centre des œuvres universitaire de Dakar (Coud), les délégués des facultés autres que celle de Lettres ont traqué leurs camarades de la Flsh jusque dans leurs derniers retranchements. Avec comme mot d'ordre de ‘les bouter hors du campus’ ! Un mot d'ordre que la masse ne s'est pas fait répéter. En effet, des hordes d'étudiants investirent les différentes artères du campus social pour débusquer les délégués de la Flsh. Quelques-uns, trouvés dans les chambres, subiront la loi de leurs adversaires avant d'être admis au service médical du Coud. ‘Ce sont des agresseurs’, accuse l'une des victimes qui a été blessée à la machoire gauche. Elle laissera, toutefois, entendre que ‘nous allons nous venger’. Le président de l'amicale de la Flsh, Ndéné Mbodj et sa bande étaient, quant à eux, introuvables sur le campus. Les assaillants revigorés par cette ‘victoire’, retournent à la devanture de la direction du Coud pour poursuivre leur Ag d'explication. Sur place, il était quasiment impossible de s'approcher des orateurs. Des mesures ayant été prises de ne laisser passer aucun visage inconnu. ‘Ce sont les camarades de la faculté des Lettres qui veulent dicter leur loi dans ce campus social en ordonnant la ferméture du restaurant Argentin’, déclare un orateur. Pour qui, ‘l'attitude de (leurs) camarades est inadmissible’. Parce que, soutient-il, les techniciens de l'hygiène du Coud ont déjà donné des explications très fiables quant à la consommation de la viande de buffle. L'orateur ajoute que ‘cette viande n'est interdite par aucune religion. Par conséquent, étant le seul fonctionnel pour le moment, nous avons exigé la réouverture du restaurant Argentin pour l'alimentation des étudiants’.
Au sortir de cette assemblée générale d'explication, les délégués des cinq facultés se veulent formels. ‘Tant que les délégués de la faculté de Lettres se livreront à des actes de vandalisme, ils nous trouveront sur leur chemin. Parce que seule la violence peut règler le problème de la violence’, soutient Georges Maurice Diémé, étudiant en année de Licence au département d'Histoire.
Joint par téléphone, le président de l'amicale de la Flsh, Ndéné Mbodji, soutient que ces délégués sont de mauvais perdants qui digèrent difficilement leur défaite issue des renouvellements des amicales de l'université. ‘Nous leur disons non. Et sommes prêt à répondre à tout coup de force’, menace-t-il.

A la direction du Coud, le chef de la sécurité, M. Fané soutient que l'institution n'est nullement impliquée à ce problème.

Par Mamanding Nicolas SONKO
SOURCE: Walfadri

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