mercredi 15 novembre 2006

Université Cheikh Anta DIOP de Dakar: "Temple du savoir et... de la mauvaise bouffe?"

Soupçonnant avoir affaire à de la viande de buffle,
des étudiants saisissent le stock du restaurant ''Argentin''



Dakar, 14 nov (APS) - Les délégués de la faculté des lettres et sciences humaines de l'université Cheikh Anta Diop de Dakar ont, mardi, fait main basse sur le stock de nourriture du restaurant ''Argentin'' histoire d'aller vérifier si la viande qu'il y ont trouvée est bien celle de buffle comme ils le soupçonnent fortement, a constaté un reporter de l'APS.


Selon le président de la commission sociale de la faculté des lettres, Mame Biram Watt, le restaurant prépare les plats destinés aux étudiants avec de la viande de buffle. ''Ce matin, deux de nos délégués étaient partis en réunion. En revenant ils ont ramassé des coupures d'emballage de viande sur lesquelles étaient mentionnées +viande de buffle+. C'est ce qui nous a poussés à venir vérifier ce que nous mangeons'', a-t-il confié à l'APS.''Une fois sur les lieux, on s'est rendu compte qu'il s'agit effectivement de ça'', a poursuivi M. Watt qui tenait à la main un carton sur lequel il y avait les mentions : ''viande congelée de buffle, des produits de l'inde''.


Le président de la commission sociale de la faculté a précisé qu'ils ont fait sortir tous les produits qui étaient dans la chambre froide. Interrogé, le magasinier du restaurant ''Argentin'', Papa Niang, a déclaré que ''ce n'est pas de la viande de buffle qui est servie aux étudiants. Les étudiants ont inventé cette histoire car ils ont vu Buffalo et non buffle sur les cartons''. Il a indiqué, par ailleurs, qu'il dispose d'un cahier dans lequel des médecins et des contrôleurs du service d'hygiène ont émargé pour attester que la restaurant est ''bien en règle''. ''J'ai un cahier dans lequel tous ces gens ont signé pour montrer que tous les produits qui entrent ici sont de bonne qualité. Je n'ai pas peur qu'on amène cette viande au ministère de l'Elevage pour contrôler'', a-t-il ajouté.


L'incident n'a pas empêché certains étudiants de continuer à manger au restaurant ''Argentin''. C'est le cas de Bilali Diop, étudiant en deuxième année département de lettres modernes, qui a confié : ''ayant faim, je suis obligé de manger. Chaque année, le même phénomène se répète et rien de cela n'a changé. Mieux vaut se contenter de ce qu'on a''. Abondant dans le même sens que son camarade, Alioune Badara Sène, un étudiant en 3-ème année de sociologie a déclaré que ''les étudiants sont obligés de manger au restaurant, car ils n'ont pas les moyens d'aller dans les restaurants privés où le plat peut coûter jusqu'à 1000 francs CFA''.

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