mardi 16 janvier 2007

ELECTION 2007 SENEGAL ... Fichier électoral incertain



Lettre ouverte
au ministre de l’Intérieur
[de la République du Sénégal]





M. le ministre de l’Intérieur,

Je vous adresse cette lettre en tant qu’organisateur des élections pour vous faire part de mon mécontentement. En effet, je viens d’avoir l’information de la part des responsables chargés des élections dans votre ministère que mon nom ne figure pas sur les listes électorales et que, par conséquent, ils sont au regret de m’annoncer que plus rien ne peut être fait pour moi, le délai de recours étant dépassé.


Une telle situation ne m’est nullement imputable. J’ai accompli mon devoir de citoyen. Je fais partie des premières personnes à s’inscrire sur les listes électorales. J’ai toujours été inscrite sur les anciennes listes électorales. J’ai toujours voté en tant que citoyenne. C’est avec la plus grande désolation que j’ai appris que je ne pourrai pas voter cette fois-ci.

Je suis une citoyenne comme vous, à ce titre, M. le ministre, je ne pourrais pas accepter de ne pas participer à un évènement aussi important dans la vie de mon pays.

Soyez assuré, Monsieur le ministre, que si je n’ai pas été inscrite sur les listes électorales, ce n’est pas de ma faute. Le plus cocasse, c’est qu’au moment où l’on parle de délai de recours, je ne savais même pas si j’étais définitivement condamnée à ne pas voter. D’abord j’ai fait plusieurs va-et-vient auprès de mon bureau d’inscription sur les listes électorales. A ce niveau la réponse était toujours la même : «Mme, repassez dans 15 jours, votre carte ne nous est pas encore parvenue ; Madame laissez votre numéro de téléphone, on vous appellera dès qu’il y aura du nouveau…» Et paf, un beau jour, on me fait savoir que je n’étais pas sur la liste qu’ils avaient. Je consulte Internet, toujours rien. Je me rapproche des parents et amis que j’avais au ministère de l’Intérieur qui m’ont fait miroiter des listes complémentaires pour ensuite, au bout de 72 heures m’informer de ma situation de citoyenne amputée de son droit de vote. Hélas !

M. le ministre, à travers cette lettre ouverte, je voudrais exprimer ma détermination à ne pas me laisser priver de mon droit de citoyenne.

Je ne considère pas les élections comme un fait anodin dans la vie de mon pays. Le président de la République nous avait appris, alors qu’on était étudiant, de ne jamais accepter qu’on bafoue nos droits de citoyen en tout temps et en tout lieu. C’est ce qui fait de nous «Génération 88» des citoyens d’une autre dimension. Il a fallu des années de combat pour qu’on obtienne tous ces acquis parmi lesquels le droit de choisir son Président et ses députés en toute transparence par l’utilisation d’une simple carte d’électeur.

Je voudrais, demain, sentir que j’ai fait mon devoir de citoyenne et donc revendiquer mes droits et me sentir concernée dans la gestion des affaires de mon pays. Par conséquent, je suis prête à me battre jusqu’à la dernière énergie pour obtenir mon droit de dire mon mot aux échéances électorales de demain Inch’Allah.






Par Mme Minata DIA
N° 2266 Usine Bène Tally - Dakar

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