vendredi 19 janvier 2007

NOTES de lecture SEMEtt***: ELECTIONS et VIOLENCE au SENEGAL

"Espace électoral et violence au Sénégal (1983-1993):
L’Ordre publicotage des urnes"

Par : DIOP, Alioune Badara
In: Afrique et Développement, Vol. XXVI,
N° 1 et 2 Publication: 2001


RESUME



[…]
La police, instrumentalisée, et l'armée politisée, ne sont en Afrique ces institutions fortes qui, dans les démocraties occidentales, garantissent l'intégrité et la stabilité de l'État. Davantage que le soutien populaire, le pouvoir politique africain recherche d'abord celui de l'armée et l'obéissance aveugle des forces de police car il y va de sa survie.



C'est pourquoi la violence, la sécurité et l'ordre public constituent un triptyque de paramètres qui, articulés à l'objectivation institutionnelle du pouvoir, se chevauchent, se complètent, se contredisent et s'excluent mutuellement. Fondamentalement, la violence est action - ou expression symbolique - déstabilisante pouvant être gratuite ou constitutive des règles du jeu, la sécurité un état souhaitable, et l'ordre public le résultat d'un prescriptif légal nécessaire au déploiement de l'autorité de l'État et à l'exercice monopolistique de sa puissance.

[…]


On est alors pris dans un cercle vicieux, pire encore, un dialogue de sourds. A la question du militant furieux, déterminé, s'il le faut, à jouer les Cassandre de l'ordre public: «Roi, qui t'a fait roi?» (Emeri 1985:315), le prince usurpateur et sa soldatesque s'arc-boutent à l'inconscient du réflexe sécuritaire des masses passives pour agiter le spectre du chaos alternatif: «c'est moi ou le chaos!», «Maay seen baay», lâchait malencontreusement Abdou Diouf dans un accès de colère et de pédagogie constitutionnelle retransmis en direct à la nation sénégalaise, tandis que Dakar était livrée aux émeutes et la légitimité du pouvoir contestée.



Le désordre qui menace le Sénégal, si l'on excepte l'instabilité que font peser au Sud les séparatistes du MFDC, est aux antipodes des affrontements entre milices congolaises (Bazenguissa-Ganga 1996; Quantin 1997), du processus de «déterritorialisation sanglante dont certains États font l'objet de la part de seigneurs de guerre sans foi ni loi, pour tout dire, du potentiel disruptif des conflits religieux, ethniques et raciaux qui placent plus d'un pays africain dans une poudrière (Reno 1998). Si la trajectoire sociale et politique du Sénégal relativement pacifique et consensuelle. Cruise O'brien (1978:187) évoque « l'histoire d'une réussite à bien des égards remarquable» - semble expliquer qu'il
ait contourné le piège des conflits identitaires inhérents à la précarité et à l'absence de linéarité caractéristiques de la plupart des dynamiques de formation de l'Etat sur le continent noir, ce pays n'est pas, pour autant, à l'abri d'une implosion politique.

[…]




Mais quand vous interrogez les militants du PDS et surtout les militants et intellectuels de la «gauche traditionnelle» (And Jëf /PADS (parti africain pour le développement et le socialisme, LD/MPT (Ligue démocratique/Mouvement pour le parti du travail), PIT (parti de l'indépendance et du travail)) plus enclins à s'impliquer dans l'activisme et la contestation virulente du régime socialiste, ils invoquent Marx, Lénine, Mao et se disent révoltés par « l'injustice et l'arbitraire d'un régime bourgeois fossilisé», en dénonçant «un complot politico-militaro-religieux» d'élites hétéroclites, sorte de «bloc historique», qui feraient main basse sur l'État (Kassé 1992). Ces militants sont prêts à descendre dans la rue, à crier leur colère d'électeurs et de citoyens floués par un système de connivences où l'État - rendu par le vocable de royauté dans la plupart des langues nationales «

[…]


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Pour des élections
calmes et transparentes
au Sénégal en 2007


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