mardi 22 mai 2007

ELECTION LEGISLATIVE SENEGAL 2007... le changement du statut du député

Ousseynou ''Mao'' Tall:

un nostalgique des moments de clandestinité

à la conquête de l'Assemblée

 

Louga, 22 mai (APS) - Ousseynou ''Mao'' Tall, un enseignant de 53 ans tombé amoureux de la politique depuis son passage au lycée Faidherbe dans les années 70 à travers le mythique ''Petit livre rouge'' du leader chinois Mao Tsé Toung, ambitionne de rejoindre l'Assemblée nationale au lendemain du 3 juin prochain et d'y être un député d'un genre nouveau.


Ayant embrassé la politique sous l'aile protectrice de Samba Diouldé Thiam, Sémou Pathé Guèye et d'Européens en service au lycée Faidherbe de Saint-Louis, Ousseynou Tall, célibataire divorcé et père d'une fille, a très tôt participé aux des récitals de poèmes où la politique était évoquée sur le ton de l'ironie.


La tête de liste départementale de la coalition ''And Defar Sénégal'' et secrétaire général de la section communale de AJ/PADS est né à Louga dans une famille de 11 membres. Il a commencé son cursus scolaire à l'école élémentaire ''Artillerie'' avant de monter à Saint-Louis où il prend vite contact avec les soixante-huitards de France et fréquente les milieux de gauche.


Membre fondateur du FALCF d'alors (foyer artistique, littéraire et culturel du fleuve) avec Baba Maal, Kalifa Sow, Cheikh Amidou Dieng, Ousseynou Touré, Katy Dieng, etc, Ousseynou Tall qui aimait citer Mao Tsé Toung, d'où son surnom, bénéficie ainsi d'une formation politique avec les partis clandestins de gauche à l'époque.


Ce professeur de SVT depuis 1981 qui a tâté du scoutisme et enseigné dans divers collèges et lycées à Dakar, Kaolack, Tambacounda, Bakel et Louga aime se souvenir avec nostalgie de l'époque où, durant les vacances scolaires, il animait des cercles politiques fermés. Il sensibilisait les mouvements de jeunes et apprenait certaines techniques de survie en campagne, l'approche et le contact en milieu rural dans les camps de rassemblement.


Mao Tall qui a été taxé de subversif en mai 1989 et muté à Bakel avec suspension de salaire pendant 23 mois n'en pas moins le grade de principal de classe exceptionnelle.


''J'ai assisté à l'éclatement du SUDES et avais initié avec Mountaga Diop le comité d'initiative pour la réunification de ce syndicat d'enseignants qui n'a malheureusement pas marché conduisant à la naissance de l'UDEN en 1987'', renseigne M. Tall soutenant aujourd'hui être indépendant vis-à-vis des organisations syndicale, même s'il n'est pas neutre sur les questions de l'école et des enseignants.


Ousseynou Tall qui a décliné une bourse pour la Roumanie et refusé de répondre aux sirènes de l'émigration n'est pas obnubilé par la puissance matérielle.


Retourné en 1992 implanter son parti à Louga sur insistance de son secrétaire général, Landing Savané, qualifié alors de ''candidat sans illusion'', Ousseynou Tall, allergique au lait et amateur de mets épicés, ne cesse de se poser des questions sur la situation actuelle de l'école. Est-ce que les 40 % du budget destinés à l'école sont effectivement investis dans le secteur? Est-ce que les résultats suivent ? Est-ce que les contenus de l'enseignement sont bons ? Autant d'interrogations posées par M. Tall qui reste convaincu que toutes les réponses sont contenues dans les conclusions des états généraux de l'éducation ''oubliées dans les bureaux du ministère'' de l'Education.


La bataille pour le changement attendu de l'école doit être menée par les autorités, les parents, les enseignants et les élèves, a estimé M. Tall se désolant que maintenant les parents se désintéressent du niveau et du comportement de leurs progénitures dans les établissements scolaires. ''C'est d'autant plus dommage que l'école à Louga est confrontée à une concurrence en ce sens que les jeunes ne rêvent que de voyager pour pouvoir après afficher l'opulence que leur font miroiter leurs frères ''modou modou'' venus en vacances'', se désole-t-il.


En outre, le taux de chômage très élevé chez les sortants des établissements classiques et autres structures de formation ainsi que le manque criard de matériels scolaires ne donnent pas aux enfants le courage de poursuivre leurs études, soutient ce cinéphile souvent habillé en pantalon jean.


Le candidat lougatois à la députation de la coalition des follistes entend, une fois entré à l'assemblée nationale, habiter sa ville et non Dakar pour être toujours en contact avec les masses sociales. ''Si je suis élu député, je ferai de sorte qu'il y ait plus de social, plus d'expertise dans la gestion des collectivités''.


''Louga qui manque de tout a pourtant d'énormes potentialités à valoriser pour être en phase avec le développement actuel'', soutient M. Tall non sans relever pour le déplorer que la capitale du Ndiambour est sale et mal éclairée.


Par ailleurs, le secrétaire général de section communale AJ/PADS de Louga, amateur de thé et de débats avec ses amis d'hier, est d'avis que le bon député doit avoir un background lui permettant d'être au diapason des grandes questions posées au niveau de la nation.


''Notre parti a de toutes façons beaucoup de choses à proposer parmi lesquelles le changement du statut du député qui ne doit plus être salarié et doté d'avantages multiples mais être rémunéré au jeton, au pointage. Seule un tel changement pourra aider à combattre le fort taux d'absentéisme des députés aux sessions parlementaires'', confie M. Tall plus que jamais optimiste quand à la capacité de sa coalition à sortir vainqueur à Louga des joutes du 3 juin.

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