mercredi 27 juin 2007

Gouvernement fédéral africain

Le futur gouvernement fédéral africain doit être préservé de la tendance au mimétisme, selon un constitutionaliste
Dakar, 26 juin (APS) - Le constitutionaliste sénégalais Alioune Sall a relevé mardi à Dakar que le futur gouvernement fédéral africain gagnerait à ‘'se méfier de deux choses'' à savoir ‘'la tendance au mimétisme'' et ‘'le régime présidentialiste''.


‘'Il existe une certaine tendance au mimétisme, une tendance à reprendre ce qui se fait ailleurs'', a déclaré M. Sall qui prenait part à une consultation du Conseil de la République pour les affaires économiques et sociales (CRAES) par le ministère des Affaires étrangères portant sur le projet de gouvernement continental.
Dimanche et lundi prochains à Accra (Ghana) se tiendra le sommet de l'Union africaine (UA) pour l'adoption du gouvernemental fédéral.

‘'Je suis gêné de voir répéter dans les textes administratifs des organisations africaines les mots +commissions,
directives, règlements, avis, rectificatifs+ en référence à ce qui se fait en Europe'', a dit Sall, professeur de droit constitutionnel.

‘'On n'a pas besoin de pousser le mimétisme jusqu'à la terminologie. On aurait pu les appeler autrement d'autant plus qu'on a des juristes en Afrique qui sont capables'' de faire un travail de conceptualisation originale, a-t-il ajouté.

Il a en outre lancé un appel en faveur de l'éviction dans le futur exécutif africain de ‘'la tendance à exporter le modèle présidentialiste'', relevant que le présidentialisme ‘'s'énonce partout dans les organisations régionales et sous-régionales'' du continent dont l'Union africaine.

‘'L'Union africaine est calquée sur les modèles présidentialistes internes des pays'', a-t-il fait remarquer, expliquant que ‘'le respect dû aux chefs d'Etat peut être sauf sans qu'ils soient les chefs suprêmes des instances supranationales''.

Selon Alioune Sall, les Africains sont ‘'des experts de la copie de ce qui se fait ailleurs, ce qui n'est pas glorieux de notre part''.

Pour le directeur des affaires juridiques et consulaires du ministère des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Thiam, qui a présidé la rencontre, ‘'ce mimétisme est un facteur bloquant qui nous empêche de rechercher par nous-mêmes les solutions à nos problèmes''.

Relancé en 2000 et ratifié par la majorité des pays du continent, le projet d'un exécutif continental pourrait entrer dans sa phase effective lors du sommet de l'UA à Accra, sur le thème mobilisateur ‘'le grand débat de l'Union''.
Le projet de constitution d'un gouvernement continental, lancé en 1963 par le père de l'indépendance du Ghana, Kwame NKrumah, a été relancé par des chefs d'Etat du continent depuis le sommet de l'ex-Organisation de l'unité africaine (OUA) à Lomé (Togo) en 2000.

Le ministère des Affaires étrangères, suivant des instructions faites par l'UA, a récemment rencontré les représentants de la jeunesse, des femmes, les patrons des organes de presse, le secteur privé, parmi d'autres segments socioprofessionnels, qu'il a entretenus de ce sujet.

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