mercredi 31 janvier 2007

Pour une politique de la France en Afrique responsable et transparente

Février 2007 : Survie organise
un "Moi(s) contre la Françafrique"


Les élections présidentielle et législatives de 2007, sont l’occasion de relancer le débat en France sur les liens que notre pays continue d’entretenir avec la plupart de ses anciennes colonies africaines : aide au développement dévoyée, interventions militaires, soutien à des dictatures, pillage des ressources, etc.

Peu transparente et de plus en plus critiquée (en Côte d’Ivoire, au Togo, au Tchad...), la politique de la France en Afrique doit faire l’objet d’une véritable réforme : instauration d’un contrôle parlementaire, fin de l’ingérence et respect des aspirations démocratiques des populations africaines.

Afin d’interpeller citoyens et candidats
aux élections, Survie et une vingtaine d’ONG françaises ont formulé des revendications "pour une politique de la France en Afrique responsable et transparente" dans le cadre de la campagne "2007 : état d’urgence planétaire, votons pour une France solidaire" du CRID (principale plateforme des ONG françaises
www.crid.asso.fr dont Survie est membre).


Afin de donner une audience plus large à ces revendications, Survie organise tout au long du mois de Février 2007 un mois de mobilisations partout en France : conférences-débats, projections, manifestations, concerts.


Un Sommet citoyen France-Afrique sera notamment organisé (en partenariat avec d’autres ONG) en contre-point du Sommet officiel des Chefs d’Etats Afrique-France, organisé par Jacques Chirac à Cannes les 15 et 16 fév.










Voici les principaux temps forts

de ce Moi(s) contre la Françafrique :




Une Conférence de presse de lancement le 1er février (réservée à la presse)

Un Sommet citoyen France-Afrique à Paris du 11 au 13 février comprenant 3 temps : Un Forum citoyen associatif le 11 février, ouvert au public Un Colloque alternatif citoyen les 12 et 13 février en partenariat avec plusieurs ONG Une Manifestation le 13 février à 18h30 (Chateau Rouge - République)

Présentation complète du Sommet
Lancement de la Compilation « Décolonisons ! » à Paris le 21 février (lieu à confirmer) avec : Une Conférence de presse Des prestations d’artistes de la compil’ Des concerts à Paris le 17 fév et à Lyon le 28 fév.
Ci-dessous, le programme des évènements partout en France classés par date et régulièrement mis à jour :



Jeudi 1 Février à Grenoble
THEME: conférence sur les résistances africaines dans l’Histoire



Vendredi 2 Février à Toulouse


THEME: projection débat sur l’affaire Borrel


Vendredi 2 Février à Strasbourg


THEME: conférence-débat "Le nouvel âge du mercenariat : les entreprises de mercenaires"


Samedi 3 Février à Grenoble


THEME: journée - atelier sur les résistances africaines ici et ailleurs


Samedi 3 Février à Paris


THEME: Journée Projections - débat - concert "Aux sources de l’exil" au Divan du Monde 14-22h


Lundi 5 Février à Grenoble


THEME: soirée - lecture sur les résistant-e-s africain-e-s


Mardi 6 Février à Grenoble


THEME: soirée sur le Cabinda et les résistances là-bas



Mardi 6 Février à Lyon


THEME: Projection-débat "Togo, Burkina Faso, cas d’école de la Françafrique ?"



Mercredi 7 Février à Rennes


THEME: Projection-débat "Bob Denard : profession mercenaire"


Mercredi 7 Février à Valence


THEME: Conférence sur le soutien de la France aux dictatures africaines : le cas du Togo


Mercredi 7 Février à Toulouse


THEME: projection débat "La Françafrique"


Mercredi 7 Février à Grenoble


THEME: Conférence sur les résistances africaines aujourd’hui


Jeudi 8 Février à Brest


THEME: Conférence "La privatisation de la guerre"


Jeudi 8 Février à Grenoble


THEME: Projection du film Life and debt


Jeudi 8 Février à Rennes


THEME: Projection-débat du spectacle "Elf, la pompe Afrique"


Jeudi 8 Février à Villeneuve d’Ascq


THEME: conférence débat « question de sens : solidarité internationale et citoyenneté active » sur le thème France-Afrique avec Fabrice Tarrit


Vendredi 9 Février à Rennes


THEME: Projection-débat du spectacle "Elf, la pompe Afrique"


Vendredi 9 Février à Grenoble


THEME: Concert de soutien avec les groupes Waka, Chartreusians et Systyle


Samedi 10 Février à Lyon


THEME: Manifestation


Samedi 10 Février à Toulouse


THEME: Rassemblement


Samedi 10 Février à Arles


THEME: Projection débat "L’Afrique vu par les cinéastes : Rôle des médias dans la propagation des clichés sur l’Afrique"


Samedi 10 Février à Perpignan


THEME: Projection débat "Daratt, saison sèche"


Du 11 au 13 Février à Paris


THEME: SOMMET CITOYEN FRANCE AFRIQUE


Lundi 12 Février à Lyon


THEME: conférence-débat "La Françafrique expliquée aux électeurs"


Mardi 13 Février à Strasbourg


THEME: table ronde sur "L’imaginaire de l’Afrique en France"


Mardi 13 Février à Paris


THEME: Manifestation


Mercredi 14 Février à Rennes


THEME: Projection de la vidéo "Françafrique"


Mardi 13 Février à Bordeaux


THEME: conférence "La Françafrique en 2007"


Jeudi 15 Février à Rennes


THEME: Projection de la vidéo "La Françafrique"


vendredi 16 Février à Paris


THEME: Projection débat "Mondialisation et néo colonialisme"


Samedi 17 Février à Paris


THEME: concert avec Lassy King Massassy et Keny Arkana


Jeudi 22 Février à Avignon


THEME: conférence sur la dette en Afrique


Jeudi 22 Février à Nanterre


THEME: Projection-débat autour du film Sometimes in April


Jeudi 22 Février à Paris


THEME: conférence sur la Côte d’Ivoire


Mardi 27 Février à Strasbourg


THEME: conférence "L’implication de la France dans le génocide des Tutsi rwandais"


Mardi 27 Février à Valence


THEME: Conférence "Les resistances africaines"


Mercredi 28 Février à Villeurbanne


THEME: concert avec le MAP et le collectif Massa Sound Band



Mercredi 28 Février à Grenoble


THEME: conférence sur la (re)election des dictateurs en Afrique



CONTACT SOURCE

http://www.survie-france.org/

lundi 29 janvier 2007

La Guinée et nous - Par Magatte DIOP

«Un Etat choisit son histoire mais subit sa géographie» disait Bismarck. En plus de la géographie, l’histoire et la culture nous lient à la Guinée. Le Sud-Est du Sénégal appartient à la même aire culturelle que la Guinée, avec les mêmes populations de part et d’autre d’une frontière qui ne l’est que de nom. Donc, quand la Guinée tousse, le Sénégal s’enrhume. Ce n’est pas pour rien que quand vous allez en Afrique de l’Est et qu’on parle des «West Africans», on se réfère généralement aux Sénégalais, Guinéens et Maliens. Le Président Senghor l’avait très bien compris en plaçant la Guinée dans le premier cercle concentrique autour du Sénégal. Quand une case du cercle est en feu, la sagesse recommande qu’on aide le voisin à l’éteindre, car la stabilité de la Guinée est celle du Sénégal.

Si le conflit perdure et s’aggrave, le Sénégal risque de recevoir des flux massifs de réfugiés. L’exemple du problème des réfugiés mauritaniens issus du conflit de 1989 devrait nous pousser à anticiper en aidant la Guinée à trouver une solution. Certes, tout cela se passe durant une période pré-électorale délicate, mais de tous les pays de la sous-région, le Sénégal est mieux placé pour le faire. La Côte d’Ivoire a déjà suffisamment de problèmes avec sa rébellion, le Liberia, la Guinée-Bissau et la Sierra Leone, les autres voisins de la Guinée, qui viennent de sortir de la guerre, n’ont pas encore les reins politiques suffisamment solides pour tendre la main à la Guinée. Le Sénégal a l’avantage d’être une vielle démocratie et la Guinée est en pleine transition démocratique, à l’instar d’autres pays de la sous-région. C’est à cela qu’il faut travailler pour convaincre le Président Conté de faciliter le processus, s’effacer et partir en beauté et par la grande porte pendant qu’il est encore possible de le faire. Il y a déjà trop de morts pour que le peuple guinéen accepte de revenir à la position antérieure, comme si de rien n’était. Le monde a changé et la Guinée devra elle aussi changer, et se démocratiser à travers une transition pacifique concertée et acceptable par ses fils.

C’est probablement pour toutes ces raisons que la Cedeao a choisi Wade pour aller en Guinée. Le Président Wade a une double légitimité pour bien réussir sa mission. Sa légitimité et ses galons de première opposition légale en Afrique de l’Ouest, lui confèrent un supplément de légitimité pour parler à l’opposition guinéenne qui lui voue respect et admiration. Son statut de Président de la République lui permet de parler directement à Conté. Donc, le médiateur Wade est un maillon sécant, un pont entre les deux parties. Certes, à ce stade de la grève générale, il sera un peu difficile de convaincre les syndicats et les autres secteurs du peuple guinéen de s’asseoir à la table des négociations, d’où l’importance des concessions et garanties que le Président Conté devra donner. N’est il pas temps, après 23 ans de règne sans partage, d’accepter une transition pacifique pour préparer la Guinée de demain ?

Au-delà de cette crise, le Sénégal devrait s’intéresser davantage à la Guinée. Le problème le plus crucial du Sénégal, la question énergétique a sa solution en Guinée, le véritable château d’eau de l’Afrique de l’Ouest. Le Sénégal devrait s’intéresser à la perspective de l’après-Conté et donc, aux anciens Premiers ministres de Guinée qui seront incontournables. François Fall et Sidiya Touré devraient jouer un rôle important durant cette période, aux côtés d’autres responsables de l’opposition tels que Alpha Condé et Jean Marie Doré. De tous les acteurs politiques, Sidiya Touré présente le plus d’avantages. La Guinée n’a jamais été aussi bien tenue et gérée que quand il était Premier Ministre. Il y a eu des avancées significatives et visibles dans tous les secteurs de l’économie.

Il constitue un équilibre entre les trois blocs ethno-culturels de la Guinée (les Peuls, les Soussous et les Malinkés) et dispose d’une expérience et d’une expertise internationales dont la Guinée a grandement besoin pour faire face à ses problèmes. Il a fait ses preuves partout où il est passé et jouit d’une réputation sans faille dans la sous-région, sans compter ses excellentes relations avec les dirigeants actuels de la Cedeao. Il est aussi bien apprécié à Paris qu’à Washington, tant au niveau des institutions financières comme la Banque mondiale, le Fonds monétaire, les Clubs de Paris ou de Londres, qu’au niveau régional, avec la Bceao et l’Uemoa. Je peux témoigner personnellement que, déjà en 1987, Sidiya Touré, sous la supervision du Président Houphouet Boigny et du Ministre d’Etat Seri Gnoleba, chargé de la restructuration de la dette ivoirienne, dirigeait la délégation ivoirienne venue négocier le traitement de la dette de ce pays. A l’époque je représentais la Citybank dans le club de Londres à ces négociations qu’il a menées de main de maître. Quid de la restructuration de l’économie ivoirienne entre 1990 et 1993, sous la supervision de Alassane Dramane Ouattara, et l’excellente préparation et le sens de l’anticipation, de leur équipe, qui comprenait l’actuel Ministre des Finances du Bénin, pour faire face à la dévaluation du Franc Cfa en février 1994 ? Les exemples sont légion pour cet Inspecteur du trésor qui aurait pu se contenter d’une planque dans les institutions internationales ou sous-régionales, mais qui a préféré se mettre au service du développement de son pays, avec une seule ambition : relever son économie, offrir du travail et de la croissance à des milliers de jeunes guinéens.

Ils sont nombreux, les cadres guinéens, membres de partis politiques, de la société civile ou de la Diaspora qui, comme Sidiya Touré, sont prêts à aider leur pays à sortir de l’état de sous développement économique qui sévit en Guinée depuis plus de 30 ans. C’est possible et le Sénégal doit et peut y jouer un rôle déterminant. Nous qui aimons la Guinée, prions qu’il en soit ainsi et que la paix revienne rapidement dans ce beau pays. Please let’s save Guinée Conakry.



Par Magatte DIOP - New York
Consultant International Président de Ilico-Sagef
Ancien directeur de City Bank Abidjan

samedi 27 janvier 2007

HALTE AUX DERIVES AUTORITAIRES AU SENEGAL

Marche de l'opposition sénégalaise
CONFRONTATION DIRECTE
avec la POLICE!!!
3 jeunes policiers bien armés
pour neutraliser
une personne âgée déterminée !!!
POLICE !!!!!!!!!!!!!!
ABUS DANGEREUX POUR LA BONNE SANTE
DE LA DEMOCRATIE SENEGALAISE

Les leaders de l’opposition sénégalaise

maltraités et arrêtés
par la POLICE de Abdoulaye WADE !!!!!

Ceci n'est pas acceptable!!!!
Nous exigeons un minimum de

R E S P E C T
POUR LE PEUPLE SENEGALAIS !!!
***

SEMEtt***

Pour des ELECTIONS

LIBRES ET TRANSPARENTES

AU SENEGAL EN 2007





Source PHOTOS:

mercredi 24 janvier 2007

LEADERSHIP FEMININ AU SENEGAL

"Mariétou Diongue Diop,
première directrice de
la Bibliothèque universitaire de Dakar"





Photo: APS




Dakar, 22 jan (APS) - Mariétou Diongue Diop occupe depuis vendredi le poste de directeur de la Bibliothèque centrale de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar et devient ainsi la première femme admise à cette fonction, en remplacement de Henri Sène.

Elue à la majorité des voix par le Conseil d'administration de l'UCAD, Mariétou Diongue Diop, conservateur des bibliothèques de classe exceptionnelle, était jusqu'à son élection, enseignante à l'Ecole des bibliothécaires, documentaliste et archiviste (EBAD) de l'UCAD.


Mariétou Diongue Diop a déjà occupé différents postes de responsabilité à la Bibliothèque centrale de l'Université de Dakar, de 1975 à 1998, avant d'être nommée chef du projet de bibliothèque nationale du Sénégal, puis directrice du livre et de la lecture et responsable du Réseau des centres de lecture et d'animation culturelle (CLAC) au ministère de la Culture de 2002 à 2003.




Diplômée de l'Ecole nationale supérieure des bibliothécaires (ENSB) de Lyon, Mme Diop compte 31 ans d'expérience professionnelle, comme ancienne présidente de l'Association sénégalaise des bibliothécaires, archivistes et documentalistes (ASBAD).

La nouvelle directrice est également bien introduite au plan international, notamment à la Fédération internationale des associations de bibliothécaires et des bibliothèques (IFLA) dont elle est membre du comité permanent de la section promotion de la lecture. Elle est aussi la représentante pour l'Afrique du jury international de l'IFLA pour le marketing des bibliothèques depuis 2003.

Toujours au plan international, elle a été consultante à l'UNESCO pour l'élaboration d'un projet de loi sur le livre en vue de son adoption au Sénégal et pour servir de modèle aux autres pays de la sous région.

Sur le plan national, Mme Diop a déjà présidé le comité d'organisation de la Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar en 2002 et 2003. Elle fut durant la même période membre du jury du prix Alioune Diop pour l'édition africaine.

Auteur de plusieurs publications, Mariétou Diongue Diop a, par ailleurs collaboré à la rédaction d'ouvrages sur le professeur Cheikh Anta Diop. Elle compte, à son a actif, une exposition sur la vie et l'œuvre du savant, présentée pour la première fois à l'Université de Dakar en 1986 puis à la conférence panafricaine de Dakar en 1987 et au siège de l'UNESCO à Paris en mars 1989 à Paris.

Distinguée au grade de l'Officier de l'ordre national des arts et des lettres du Sénégal, Mme Diop est aussi chevalier de l'Ordre des palmes académiques françaises.






SIGGI***TAXAW

SEMEtt***

ak

Mariétou Diongue Diop



mardi 23 janvier 2007

COMMUNIQUE DE PRESSE MEDECINS DU MONDE : Décès de l’Abbé Pierre

Médecins du Monde rend hommage à l'abbé Pierre et salue l'engagement de sa vie en faveur des plus exclus.

MdM salue l'engagement sans faille du fondateur du mouvement Emmaüs pour améliorer le sort des personnes sans-abri, dénoncer l'expulsion des Rroms ou réclamer des droits pour les étrangers.

A l'heure où la question de l'accueil réservé par notre société aux sans domicile est au cœur de l'actualité politique, nous rappelons que l'abbé Pierre a été l'architecte du droit au logement pour tous. Parmi les premiers, il a su donner de l'écho à ses prises de position et conjuguer actions de terrain en faveur des plus pauvres et interpellation politique. Homme de conviction, il a dédié sa vie à ces combats, n'hésitant pas à mettre en danger sa propre santé pour faire entendre ses revendications.

Médecins du Monde souhaite témoigner à ses proches et à Emmaüs son profond respect pour l'abbé Pierre, s'associera aux manifestations en son hommage et s'engage à contribuer à poursuivre son combat.

Contact Presse :
Florence Priolet / Annabelle Quénet
Tél : 01 44 92 14 31 / 14.32 – portable 06 09 17 35 59
infomdm@medecinsdumonde.net
www.medecinsdumonde.org
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SIGGI

TAXAW

SEMEtt ***

ak

Abbé Pierre

Pour un Monde meilleur


samedi 20 janvier 2007

Répression sanglante en Guinée: 17 tués, appels au départ du président Conté



CONAKRY (AFP)-Dix-sept manifestants ont été tués lundi par les forces de l'ordre en Guinée, dont treize dans la banlieue de Conakry, dans les affrontements les plus meurtriers depuis le début, le 10 janvier, d'un mouvement de contestation appelant au départ du président Lansana Conté.


Et lundi soir, plusieurs leaders syndicaux, dont les chefs des deux centrales à l'origine du mouvement, ont été arrêtés par des membres de la garde présidentielle à Conakry.

Dans le même temps, la violence de la répression suscitait de nombreuses inquiétudes au sein de la communauté internationale, le secrétaire-général de l'ONU Ban Ki-moon déplorant notamment l'usage "excessif" de la force.

Vingt-sept personnes sont mortes en 13 jours dans les violences qui accompagnent une grève illimitée, organisée par les syndicats et les partis d'opposition.

Le mouvement entendait, à l'origine, dénoncer la corruption et l'ingérence dans les affaires judiciaires du président Conté, 72 ans et affaibli par la maladie, mais s'est progressivement radicalisé devant l'intransigeance du pouvoir.

Treize personnes ont été tuées et au moins 30 blessées par balles dans différents quartiers de la banlieue de la capitale Conakry, selon un responsable de l'hôpital Donka, un des deux plus grands hôpitaux de la capitale.

A Kankan (est), deux manifestants ont été tués et 11 blessés par les forces de l'ordre et à Siguiri, près de Kankan, deux manifestants ont été tués et huit blessés, a indiqué à l'AFP M. Mamadi Condé, secrétaire-général de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG) dans la région de Kankan.

Des manifestations ont également rassemblé des milliers de personnes à Pita (centre), Dabola (centre) et Telemele (nord).

A Conakry, un journaliste de l'AFP a vu des militaires et des policiers anti-émeutes tirer à balles réelles sur les manifestants, principalement de jeunes hommes de moins de 30 ans, qui exigent dorénavant la démission du chef de l'Etat, au pouvoir depuis 23 ans.

"A bas la dictature!", "Nous sommes prêts à mourir pour le changement!", scandaient les manifestants dans la banlieue de la capitale, où toute activité avait cessé comme dans l'ensemble du pays.

En début de soirée, le calme régnait à Conakry, où de nombreux policiers et militaires en armes continuaient à patrouiller, ainsi qu'à l'intérieur du pays.

Après la répression policière de la journée, le pouvoir a arrêté dans la soirée les principaux leaders syndicaux.

"Plusieurs chefs syndicaux, dont Rabioule Sérah Diallo, secrétaire-général de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG) et Ibrahima Fofana, secrétaire-général de l'USTG, ont été arrêtés ce (lundi) soir à la Bourse du travail", a déclaré à l'AFP Ousmane Diallo, de l'USTG.

"Ils ont été interpellés par les +bérêts rouges+ de la garde présidentielle et ont été conduits vers une destination inconnue", a indiqué M. Diallo, qui a assisté à l'interpellation du groupe mais qui n'a pas été en mesure de préciser le nombre de syndicalistes arrêtés.

"Il faut libérer les syndicalistes, sinon la Guinée, debout, risque de tomber sur (le président) Conté", a estimé Jean-Marie Doré, responsable de l'Union pour le Progrès de la Guinée (UPG), un des principaux partis d'opposition.

Le secrétaire-général de l'ONU s'est pour sa part déclaré "gravement préoccupé par l'usage excessif de la force qui a résulté en des pertes en vies humaines".

La Commission européenne a condamné "les violentes interventions des forces de l'ordre" a laissé entendre que ces violences pourraient entraîner un gel de fonds européens. Le Maroc a également lancé un appel au calme.

GUINEE-CONAKRY: La répression meurtrière contre les grévistes doit cesser immédiatement - FIDH

La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et l’Organisation guinéenne des droits de l’Homme (OGDH), son organisation membre en Guinée-Conakry condamnent vigoureusement la répression du mouvement de grève générale déclenché le 10 janvier 2007.

Le bilan de la répression est déjà de 4 morts par balles, de nombreux blessés et plus de 62 arrestations.

Ainsi, au cours des trois derniers jours, une femme a été abattue à bout portant dans la capitale et son enfant grièvement blessé a été transporté au CHU- Ignace Deen. Le 17 janvier 2007, une autre femme, Mme Katiatou CAMARA, a été tué par des agents armés de la police nationale lors de la manifestation de l’après-midi dans la commune de Kaloum, le centre administratif de Conakry. M. Bachir DIALLO, un jeune homme de 17 ans a été tué par la police dans la localité de Labé à 450 Km de Conakry. Enfin, dans la soirée, un jeune homme a aussi été tué par balles par les forces de sécurité dans le quartier de Simdaya de la commune de Ratona. Nos organisations craignent que ce bilan ne s’alourdissent de jour en jour.

Le 16 janvier 2007 M. Mansaré, le directeur national adjoint de la police annonçait le chiffre de 62 jeunes interpellés, la plupart sont accusés d’avoir ’’caillassé’’ des véhicules qui bravaient l’ordre de grève ou d’avoir commis des actes de vandalisme.

La FIDH et l’OGDH dénoncent les nombreuses arrestations et gardes à vue abusives, comme celles de MM. Ousman BALDÉ, Abbas CAMARA et Mamadou Bobo BARRY, étudiants qui ont été arrêtés les 15 et 16 janvier et sont encore retenus par les forces de police. D’autre part, le 17 janvier 2007, deux dirigeants syndicaux, le Dr. Ibrahima Fofana (Secrétaire général de l’Union syndicale des travailleurs de Guinee - USTG) et Mme. Hadja Rabiatou Diallo (Secrétaire générale de la Confédération nationale des travailleurs guinéens - CNTG) [1], ont brièvement été arrêtés par la police.

Les forces de police ont, par ailleurs, mené de nombreuses perquisitions, notamment dans la haute banlieue de Conakry, au cours desquelles elles se sont livrées à des actes d’extorsion et au vol des habitants de ces quartiers.

La FIDH et l’OGDH condamnent ces violations flagrantes de la Constitution guinéenne et de nombreuses conventions régionales et internationales de droits de l’Homme auxquelles la Guinée est partie : le Pacte international sur les droits civils et politiques garantissant notamment le droit à la vie, le droit à la défense et le droit d’opinion et de manifestation ; la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples garantissant notamment les libertés d’expression, d’opinion et de manifestation et les conventions n°87 et 98 de l’Organisation internationale du travail (OIT) portant sur les libertés syndicales et les négociations collectives ;etc.

La FIDH et l’OGDH rappellent que la manifestation des étudiants du 12 juin 2006 s’était soldée par plus d’une vingtaine de morts, en majorité des étudiants, et que de telles situations de répression et de violations des droits de l’Homme en Guinée sont récurrentes depuis la prise de pouvoir par la force du président Lansana Conté en 1984. De même, les atteintes et les restrictions aux libertés d’expression, d’opinion et de manifestation demeurent fréquentes.

Face à cette situation, la FIDH et l’OGDH appellent les autorités guinéennes à :
- Mettre fin immédiatement à la répression disproportionnée des manifestations pacifiques dans le pays et garantir l’intégrité physique et moral des manifestants ;
- Juger de façon libre, impartiale et équitable les personnes arrêtées dans le cadre des manifestations de janvier 2007 si des preuves tangibles sont retenues contre elles et dans le cas contraire les relâcher immédiatement ;
- Se conformer en toute situations aux normes internationales de protection et de défense des droits de l’Homme ratifiés par la Guinée et cités ci-dessus ;
- Mettre en place une commission d’enquête indépendante pour faire la lumière sur les exactions commises depuis le début de la grêve générale le 10 janvier 2007, ainsi que sur les victimes de la répression de la manifestation d’élèves et d’étudiants le 12 juin 2006 ;
- Traduire en justice les auteurs de ces crimes et indemniser les familles des victimes ;
- Ouvrir des négociations avec les organisations de la société civile et les syndicats en vue d’un règlement pacifique et négocié des revendications ;


[1] La CNTG est la première centrale syndicale du pays.



18/01/2007Guinée
Communiqué FIDH
Contact presse :
Karine Appy
+ 33 1 43 55 14 12

vendredi 19 janvier 2007

NOTES de lecture SEMEtt***: ELECTIONS et VIOLENCE au SENEGAL

"Espace électoral et violence au Sénégal (1983-1993):
L’Ordre publicotage des urnes"

Par : DIOP, Alioune Badara
In: Afrique et Développement, Vol. XXVI,
N° 1 et 2 Publication: 2001


RESUME



[…]
La police, instrumentalisée, et l'armée politisée, ne sont en Afrique ces institutions fortes qui, dans les démocraties occidentales, garantissent l'intégrité et la stabilité de l'État. Davantage que le soutien populaire, le pouvoir politique africain recherche d'abord celui de l'armée et l'obéissance aveugle des forces de police car il y va de sa survie.



C'est pourquoi la violence, la sécurité et l'ordre public constituent un triptyque de paramètres qui, articulés à l'objectivation institutionnelle du pouvoir, se chevauchent, se complètent, se contredisent et s'excluent mutuellement. Fondamentalement, la violence est action - ou expression symbolique - déstabilisante pouvant être gratuite ou constitutive des règles du jeu, la sécurité un état souhaitable, et l'ordre public le résultat d'un prescriptif légal nécessaire au déploiement de l'autorité de l'État et à l'exercice monopolistique de sa puissance.

[…]


On est alors pris dans un cercle vicieux, pire encore, un dialogue de sourds. A la question du militant furieux, déterminé, s'il le faut, à jouer les Cassandre de l'ordre public: «Roi, qui t'a fait roi?» (Emeri 1985:315), le prince usurpateur et sa soldatesque s'arc-boutent à l'inconscient du réflexe sécuritaire des masses passives pour agiter le spectre du chaos alternatif: «c'est moi ou le chaos!», «Maay seen baay», lâchait malencontreusement Abdou Diouf dans un accès de colère et de pédagogie constitutionnelle retransmis en direct à la nation sénégalaise, tandis que Dakar était livrée aux émeutes et la légitimité du pouvoir contestée.



Le désordre qui menace le Sénégal, si l'on excepte l'instabilité que font peser au Sud les séparatistes du MFDC, est aux antipodes des affrontements entre milices congolaises (Bazenguissa-Ganga 1996; Quantin 1997), du processus de «déterritorialisation sanglante dont certains États font l'objet de la part de seigneurs de guerre sans foi ni loi, pour tout dire, du potentiel disruptif des conflits religieux, ethniques et raciaux qui placent plus d'un pays africain dans une poudrière (Reno 1998). Si la trajectoire sociale et politique du Sénégal relativement pacifique et consensuelle. Cruise O'brien (1978:187) évoque « l'histoire d'une réussite à bien des égards remarquable» - semble expliquer qu'il
ait contourné le piège des conflits identitaires inhérents à la précarité et à l'absence de linéarité caractéristiques de la plupart des dynamiques de formation de l'Etat sur le continent noir, ce pays n'est pas, pour autant, à l'abri d'une implosion politique.

[…]




Mais quand vous interrogez les militants du PDS et surtout les militants et intellectuels de la «gauche traditionnelle» (And Jëf /PADS (parti africain pour le développement et le socialisme, LD/MPT (Ligue démocratique/Mouvement pour le parti du travail), PIT (parti de l'indépendance et du travail)) plus enclins à s'impliquer dans l'activisme et la contestation virulente du régime socialiste, ils invoquent Marx, Lénine, Mao et se disent révoltés par « l'injustice et l'arbitraire d'un régime bourgeois fossilisé», en dénonçant «un complot politico-militaro-religieux» d'élites hétéroclites, sorte de «bloc historique», qui feraient main basse sur l'État (Kassé 1992). Ces militants sont prêts à descendre dans la rue, à crier leur colère d'électeurs et de citoyens floués par un système de connivences où l'État - rendu par le vocable de royauté dans la plupart des langues nationales «

[…]


CONTACT SOURCE
Afrique et Développement
CODESRIA BP 3304,
Dakar – Senegal
Tel.: (221) 825 98 22/825 98 23
Fax : (221) 824 12 89
E-mail:
publication@codesria.sn




Pour des élections
calmes et transparentes
au Sénégal en 2007


mardi 16 janvier 2007

ELECTION 2007 SENEGAL ... Fichier électoral incertain



Lettre ouverte
au ministre de l’Intérieur
[de la République du Sénégal]





M. le ministre de l’Intérieur,

Je vous adresse cette lettre en tant qu’organisateur des élections pour vous faire part de mon mécontentement. En effet, je viens d’avoir l’information de la part des responsables chargés des élections dans votre ministère que mon nom ne figure pas sur les listes électorales et que, par conséquent, ils sont au regret de m’annoncer que plus rien ne peut être fait pour moi, le délai de recours étant dépassé.


Une telle situation ne m’est nullement imputable. J’ai accompli mon devoir de citoyen. Je fais partie des premières personnes à s’inscrire sur les listes électorales. J’ai toujours été inscrite sur les anciennes listes électorales. J’ai toujours voté en tant que citoyenne. C’est avec la plus grande désolation que j’ai appris que je ne pourrai pas voter cette fois-ci.

Je suis une citoyenne comme vous, à ce titre, M. le ministre, je ne pourrais pas accepter de ne pas participer à un évènement aussi important dans la vie de mon pays.

Soyez assuré, Monsieur le ministre, que si je n’ai pas été inscrite sur les listes électorales, ce n’est pas de ma faute. Le plus cocasse, c’est qu’au moment où l’on parle de délai de recours, je ne savais même pas si j’étais définitivement condamnée à ne pas voter. D’abord j’ai fait plusieurs va-et-vient auprès de mon bureau d’inscription sur les listes électorales. A ce niveau la réponse était toujours la même : «Mme, repassez dans 15 jours, votre carte ne nous est pas encore parvenue ; Madame laissez votre numéro de téléphone, on vous appellera dès qu’il y aura du nouveau…» Et paf, un beau jour, on me fait savoir que je n’étais pas sur la liste qu’ils avaient. Je consulte Internet, toujours rien. Je me rapproche des parents et amis que j’avais au ministère de l’Intérieur qui m’ont fait miroiter des listes complémentaires pour ensuite, au bout de 72 heures m’informer de ma situation de citoyenne amputée de son droit de vote. Hélas !

M. le ministre, à travers cette lettre ouverte, je voudrais exprimer ma détermination à ne pas me laisser priver de mon droit de citoyenne.

Je ne considère pas les élections comme un fait anodin dans la vie de mon pays. Le président de la République nous avait appris, alors qu’on était étudiant, de ne jamais accepter qu’on bafoue nos droits de citoyen en tout temps et en tout lieu. C’est ce qui fait de nous «Génération 88» des citoyens d’une autre dimension. Il a fallu des années de combat pour qu’on obtienne tous ces acquis parmi lesquels le droit de choisir son Président et ses députés en toute transparence par l’utilisation d’une simple carte d’électeur.

Je voudrais, demain, sentir que j’ai fait mon devoir de citoyenne et donc revendiquer mes droits et me sentir concernée dans la gestion des affaires de mon pays. Par conséquent, je suis prête à me battre jusqu’à la dernière énergie pour obtenir mon droit de dire mon mot aux échéances électorales de demain Inch’Allah.






Par Mme Minata DIA
N° 2266 Usine Bène Tally - Dakar

vendredi 12 janvier 2007

Attractivité de la destination Sénégal dans les téléservices : pour une meilleure implication des pouvoirs publics - Par Souleymane MBAYE

En faisant de la grappe Tic-Téléservices ( ) un des cinq secteurs de la stratégie de croissance accélérée (SCA), reposant sur la promotion des exportations, les pouvoirs publics ont perçu le potentiel qu’ils recèlent. L’étroitesse du marché domestique et les possibilités offertes par les NTIC font que le développement de ce secteur passe forcément par l’accès aux marchés extérieurs, accès rendu possible avec les délocalisations de certains services (relation client, saisie de données, programmation informatique, etc.) via, dans certains cas, les investissements directs étrangers (IDE), comme avec les exemples de l’Inde, des Philippines, du Maroc, de la Tunisie, etc. Mais ces capitaux ne se dirigent que vers les destinations les plus attractives, celles qui se montrent capables de créer les conditions favorables aux investissements privés. D’où l’intérêt de cerner les forces et les faiblesses du Sénégal dans le secteur particulier des téléservices. Mais à la lumière du concept d’attractivité, lui-même relatif, ces forces et faiblesses n’ont pas un caractère absolu, elles sont fonctions de l’offre des destinations concurrentes, notamment du Maghreb.


En conséquence, nous inscrirons notre analyse dans une démarche comparative qui nous permettra alors d’esquisser quelques pistes de réflexion en faveur d’une action publique et d’orientations stratégiques pouvant permettre au pays de tirer judicieusement le maximum de profit de l’internationalisation croissante des services.


I - Compétitivité et attractivité du Sénégal dans les téléservices : analyse de l’offre de téléservices


La notion d’attractivité (capacité à attirer une fraction significative de l’investissement mobile) est une notion multidimensionnelle qui nécessite une triple approche : globale d’abord, visant l’environnement des affaires, sectorielle ensuite et comparative enfin, compte tenu de son caractère relatif. Nous n’aborderons ici que les deux derniers aspects. Aujourd’hui il ne fait aucun doute que le Sénégal présente plus d’avantages comparatifs dans les services que dans l’industrie. Cette compétitivité, le pays le doit surtout à la qualité des ses communications et dans une moindre mesure, ses coûts salariaux.

1) L’offre de télécommunications : des infrastructures et un service de qualité L’offre de téléservices constitue une sorte de package dont l’un des aspects concerne les télécommunications.



A ce sujet, la compétitivité concerne aussi bien la qualité des infrastructures, donc du service offert, que son coût. Qu’en est-il du Sénégal ? La particularité de ce pays c’est d’avoir misé très tôt sur les infrastructures de télécommunication liées à l’international avec d’importants investissements en termes de capacité et de modernisation. Le dynamisme de la Société nationale des télécommunications (SONATEL) a fait le reste. Aujourd’hui, elle est l’une des meilleures sociétés opératrices des télécoms en Afrique de l’Ouest. Après l’Afrique du Sud, elle peut se targuer de gérer l’un des réseaux du continent les mieux ouverts sur l’international grâce aux liaisons
téléphoniques directes utilisant la transmission par câbles sous-marin à fibre optique comme la transatlantique, et aux transmissions par satellites. C’est notamment la qualité de son réseau qui a permis l’installation de nombre de centres d’appels à Dakar. En particulier, les liaisons en fibre optique avec la France ont sans doute facilité le développement des activités offshore depuis Dakar, notamment les centres d’appels. La fibre optique présente plusieurs avantages par rapport aux conducteurs métalliques, parmi lesquels : la faible atténuation et une bande passante plus élevée, la possibilité d’acheminer plusieurs signaux différents sur la même fibre et dans les deux sens. Le réseau satellite aussi permet des transmissions d’excellente qualité avec des coûts qui sont indépendants de la distance et de la localisation. La SONATEL offre actuellement une bande passante de 465 mbps. Elle a fait d’énormes efforts de baisse des tarifs internationaux. Dès l’année 2000, ceux-ci ont diminué de 42%, à telle enseigne que ses tarifs sont aujourd’hui parmi les moins chers d’Afrique. Sur le plan donc de la qualité, de la fiabilité, du niveau technique des télécommunications comme de leur coût, mais aussi de la qualité des ressources humaines, tous les témoignages convergent pour reconnaître que le Sénégal dispose d’un réel avantage comparatif à ce niveau.

(2) Coûts salariaux et ressources humaines : un avantage comparatif qui ne suffit pas cependant Les téléservices sont par nature très consommateurs en main d’œuvre.

En particulier, on estime que les coûts de main d’œuvre représentent 70% des charges pour un centre d’appels. On comprend dès lors l’attrait des pays qui proposent de bas salaires pour les candidats qui veulent externaliser à l’étranger la gestion de leur relation client ou leur secrétariat, leur comptabilité ou pour les sous-traitants du Nord qui souhaitent délocaliser toute leur activité ou inclure une option offshore dans leur plan de développement. La notion de téléservice englobant un grand nombre d’activités, les niveaux de rémunérations sont extrêmement variables. Entre un téléconseiller, qui est chargé d’informer le client et l’analyste financier spécialisé sur un produit, voire un programmeur qui travaille pour une société de services informatiques, les compétences requises ne sont pas les mêmes. Du coup les salaires diffèrent. Dans les centres d’appel français et ceux implantés en Afrique, on trouve les métiers classiques liés au télémarketing (prise de RDV, vente au téléphone, services après- vente), les activités d’assistance, d’enquête au téléphone, etc. En France, les rémunérations peuvent varier selon que l’on est en réception d’appels (téléconseiller ou chargé de clientèle) ou en émission d’appels (télévendeur, téléenquêteur). Mais le salaire de base d’un téléopérateur débutant tourne autour du SMIC [1217,87 € brut - 975 € net (639 558 F CFA) - pour 35 heures hebdomadaire et 1370,93 € -1120 € net (734 672 F CFA) - pour 39 heures par semaine] auquel il faut ajouter souvent les primes( ). Mais une fois que l’on traverse la méditerranée pour le Maghreb ou que l’on atterrisse au sud du Sahara, le salaire est divisé par trois, quatre, voire plus. L’analyse comparative que nous avons effectuée donne un salaire net de 150 à 300 € (98 394 à 196 787 F CFA) pour un téléopérateur au Sénégal contre 300 à 450 € (196 787 à 295 181 F CFA) pour le Maroc et 250 à 400 € (163 989 à 262 383 F CFA) pour la Tunisie. De ce point de vue, il apparaît donc que le Sénégal offre des avantages non négligeables avec des niveaux de rémunération à peu près cinq fois moins chers qu’en France. Pays réputé francophile, sa main d’œuvre jouit en général d’une bonne réputation pour sa qualité et sa relative bonne connaissance de la culture française. Financièrement, les donneurs d’ordre français y réalisent des gains d’exploitation qui peuvent aller jusqu’à 30% (Jeune Afrique l’Intelligent, n°2309, 10/04/05). Le secteur a certes connu une nette progression depuis 2001 avec près d’une demi-douzaine de centres d’appels qui ont vu le jour, un centre de saisie de données, etc., mais on est loin de la ferveur qu’il y a au Maroc et en Tunisie autour des activités de gestion de la relation client. En 2001, il y avait trois centres d’appels au Maroc, aujourd’hui le pays en compte près d’une cinquantaine surtout sur l’axe Casablanca/Fès. En Tunisie, le premier centre d’appels a été inauguré en 2000 et il y en a aussi une cinquantaine aujourd’hui dont les deux tiers sont à capitaux étrangers ou mixtes. Avec le succès qu’elle a connu en peu de temps, Téléperformance Tunisie, filiale dont le siège est en France, a entraîné dans son sillage plusieurs opérateurs internationaux comme le numéro deux français du secteur (B2S). Les coûts globaux y sont estimés 35% moins élevés qu’en France (JAI, n°2309, 10/04/05). Malgré ses coûts de main d’œuvre relativement plus bas, le Sénégal est visiblement moins attractif que ses deux concurrents en Afrique. De ce point de vue donc, le problème doit être abordé pas seulement en termes de coûts d’exploitation mais en tenant compte de tous les paramètres de l’offre.

3) Une fiscalité moins avantageuse, surtout au démarrage de l’activité Si les coûts salariaux constituent une bonne partie des charges d’exploitation, d’autres facteurs peuvent concourir à la rentabilité d’une implantation : l’objectif pour l’investisseur est avant tout de gagner de l’argent.

Dans un contexte où les nations rivalisent pour attirer le maximum de capitaux, des codes (ou chartes) des investissements plus ou moins favorables ont été élaborés dans chaque pays. Les ambitions en termes de leadership, aussi bien au Maroc qu’en Tunisie, sont à peine voilées. Au Sénégal, l’agrément des centres d’appels au statut d’entreprise franche d’exportation (accordé si au moins 80% de l’activité est réalisée à l’export) témoigne notamment des espoirs placés en ce secteur. Mais là où ce pays offre un taux réduit à 15% pour l’impôt sur le bénéfice, ses concurrents directs que sont le Maroc et la Tunisie proposent respectivement une exonération pour les 5 premières années (-50% au- delà) et une exonération sur les 10 premières années (- 50% à partir de la 11ème). Les primes d’investissement (possible jusqu’à hauteur de 10% du montant global de l’investissement au Maroc et entre 15% à 25% si implantation dans les régions pour la Tunisie) ne font visiblement pas partie de la panoplie des mesures visant à favoriser l’implantation des centres d’appels au Sénégal. On retrouve quelquefois les mêmes types de mesures dans les différents codes des investissements, comme par exemple l’exonération des droits d’enregistrement et de timbre liés à la création d’une entreprise. Mais d’une manière générale, il apparaît qu’en matière d’incitation financière, le Maroc et la Tunisie soutiennent davantage les projets d’implantation durant la période charnière de la vie d’une entreprise qu’est le démarrage. C’est important car pour un centre d’appels par exemple, l’essentiel des coûts est payé en effet dès le démarrage. L’exiguïté des marchés intérieurs fait qu’il s’agit souvent d’« outsourcers » avec donc une clientèle étrangère face à la quelle il faut faire ses preuves. Le démarrage est en général plus lent, plus difficile. Par la suite, les rendements sont plutôt croissants, les coûts évoluant peu en fonction du nombre d’appels. Ainsi c’est notamment au niveau des incitations fiscales où la destination Sénégal offre moins d’avantages aux « outsourcers » à leur début. Les autorités ont consenti un effort qui a consisté à baisser le taux d’imposition pour les entreprises franches d’exportation de 33 à 15%. Mais en face, là concurrence propose des exonérations totales pendant les premières années. Une bouffée d’oxygène qui est sans doute pas négligeable.

4) Quid des autres facteurs de localisation ? Outre les problèmes liés au prix et à la qualité de l’électricité fournie, plusieurs facteurs concourent pour expliquer cette moindre attractivité.

Particulièrement à Dakar, la disponibilité et le coût des terrains ou des locaux d’implantation constituent un goulot d’étranglement, obligeant notamment les centres d’appels à s’installer dans des villas par définition non fonctionnelles pour ce type d’activité. En effet, les coûts de la construction sont élevés et la spéculation foncière dans la capitale, où il y a de moins en moins de terrains constructibles, a aggravé la situation. Du coup, les locations de bureaux sont aussi très élevées. En revanche, au niveau de la concurrence les prix des locaux sont modérés et des facilités existent avec des bâtiments câblés comme par exemple au « Casa technopole » au Maroc, au technopole de l’Ariane en Tunisie, en plus de la future « Cité technologique des communications » de Tunis où l’on trouve des bâtiments dédiés aux centres d’appels. Par ailleurs, dans ces deux pays, la législation sociale est beaucoup plus souple, le travail de nuit et de week-end n’engendrant pas un surcoût salarial important. En termes de financement, des possibilités sont offertes pour lever plus facilement le capital avec notamment la « Criée des Start-ups » au Maroc ou avec Tuninvest. Sur-liquides, les banques dans l’UMOA sont très frileuses lorsqu’il s’agit de prendre des risques en finançant l’investissement privé. Autre aspect souvent occulté, le phénomène d’agglutination. La présence de sociétés étrangères sur un marché rassure et joue comme une sorte d’aimant pour les autres. Le tissu industriel, déjà plus dense dans ces deux pays, a sans doute une influence sur l’image de territoire d’accueil des implantations étrangères. Qui plus est, le Maroc bénéficie d’un atout supplémentaire : la moitié Nord du pays est hispanophone. Relativement à ses concurrents maghrébins, le Sénégal souffre visiblement aussi d’un déficit d’image lié à la perception que les investisseurs ont de l’Afrique subsaharienne en général hormis l’Afrique du Sud. Ces facteurs nous semblent plus déterminants sur les choix de localisation offshore des téléservices que la proximité géographique qui est évoquée par certains entrepreneurs français. En intégrant le secteur des téléservices parmi les cinq « grappes à haut potentiel de croissance », les autorités sénégalaises ont certes montré l’importance qu’elles accordent à ce secteur de l’économie du pays. Cependant, pour ne pas freiner son développement et lui ouvrir d’autres horizons au-delà de la simple gestion de la relation client, une meilleure implication des pouvoirs publics s’avère nécessaire, et cela à plusieurs niveaux. Mais nous nous limiterons ici à des aspects fondamentaux : l’amélioration de la qualité et le positionnement stratégique de l’offre.




II- Le défis de la qualité : Pour une politique de formation spécifique afin de différencier l’offre


Même dans les économies les plus libérales, l’intervention publique a un rôle à jouer, de manière permanente et en amont, pour faciliter les investissements privés. Les pays qui reçoivent le plus d’IDE ne se soucient pas moins d’améliorer leur attractivité. Ils sont dans une sorte de veille permanente de façon à traquer les obstacles de toutes sortes, à faire toujours mieux pour offrir le meilleur cadre possible. De ce point de vue, il existe tout un champ d’actions pour les pouvoirs publics dans le sens d’un renforcement des efforts déjà accomplis pour améliorer la position du Sénégal en tant que destination offshore de référence (fiscalité, disponibilité et coût de l’immobilier, etc.).

En fait les avantages de localisation ne sont pas une donnée immuable. Au contraire, bien que reposant sur un potentiel, ils doivent être construits, consolidés et améliorés, notamment par des orientations stratégiques de la part des décideurs publics. Ainsi en est-il des ressources humaines, l’un des facteurs les plus importants dans l’échelle des critères d’implantation selon l’enquête menée par la CNUCED ( ).

Une confusion est trop souvent faite entre l’existence d’un bassin de main d’œuvre et l’employabilité des personnes concernées. En dépit des plus de 50 000 étudiants que compte l’UCAD et de ses 5000 « maîtrisards » environ par an, un centre d’appels international comme PCCI, qui ambitionne d’atteindre 3500 employés en 2007 (contre 1400 aujourd’hui), commence déjà à éprouver des difficultés pour recruter le personnel adéquat (seul 1 candidat sur 10 remplit les critères) et le salaire d’un téléopérateur y est passé à 400 € par mois (JAI du 10/04/05).

Cette difficulté à trouver le candidat adéquat peut évidemment freiner la croissance de ce secteur qui, par nature, est très exigent quant au profil des téléopérateurs en langue française par exemple : parler un français irréprochable et sans accent, avoir une excellente élocution, être capable de se projeter dans un autre univers dont il faut connaître le mode de vie, la culture, cela en plus des compétences techniques. Autrement dit, à l’international, il ne suffit pas d’avoir un profil commercial ou marketing pour faire l’affaire.

Des dispositions naturelles (mais aussi qu’une formation bien ciblée peut permettre d’acquérir) comme la qualité relationnelle, l’aisance orale au téléphone, l’écoute, la patience sont des prérequis de plus en plus exigés par les centres d’appels français. Les études tout comme l’expérience ont montré que la formation est un facteur important surtout dans la gestion de la relation client. En Tunisie, une société comme Pro2c n’a pas hésité à utiliser des techniques de recrutement professionnelles comme la simulation basée sur des critères tels que la qualité d’écoute, la capacité de réaction.

Pour améliorer son attractivité et permettre à ce marché des téléservices de tirer le maximum de son potentiel de croissance, l’un des défis pour toute destination offshore est de pouvoir mettre à la disposition des opérateurs nationaux et internationaux un large panel de main d’œuvre avec un profil adéquat. Cela suppose souvent une implication des autorités de tutelle avec notamment comme objectif d’améliorer le nombre et le niveau technique des candidats capables de travailler pour l’international. Autrement, le développement de ce secteur prometteur risque d’être bloqué. Ailleurs, des initiatives dans ce sens ne manquent pas comme au Maroc où les autorités ont mis en place un centre de formation dédié spécialement aux métiers des téléservices (3 à 4 mois pour les téléconseillers) et prennent partiellement en charge les frais de formation à concurrence de 90%, sous certaines conditions. Il existe également en Tunisie des possibilités de financement sur fonds publics à travers le FIAP (Fonds d’Insertion et d’Adaptation Professionnelle). Dans ce pays, l’Etat prend également en charge les frais de formation pour les spécialités qui n’y sont pas enseignées. En outre, elles ont favorisé la création de centres de formation privés travaillant dans ce sens.

En Inde, l’« International Tech park », assure en permanence la formation de 16 000 personnes aux métiers de téléopérateur (accent, prononciation, élocution, culture anglaise ou américaine) pour une durée variable de 1 à 3 mois en fonction des aptitudes de chaque candidat. Au Sénégal, l’action publique devrait non seulement s’inspirer de ces expériences mais aller au-delà. Cette impulsion de l’Etat pourrait consister dans un premier temps à créer une synergie entre différents acteurs, directs ou indirects (ANEJ, écoles de commerce, d’enseignement aux métiers de l’informatique, facultés ou instituts de langues étrangères, opérateurs des téléservices, ministère de l’enseignement professionnel, responsables du futur parc technologique de l’université de Dakar - UCAD, etc.)

L’objectif à terme sera de mettre en place un observatoire du secteur des téléservices. Mieux imprégné des problèmes de la filière et des enjeux futurs, il aura une fonction de veille et de conseil pour la politique sectorielle. A cet égard, il est hautement stratégique, dans un contexte concurrentiel, de différencier l’offre en se positionner dans des créneaux spécifiques appelés à connaître un développement important eu égard à la nécessaire remontée de l’offshore dans la chaîne de la valeur ajoutée.

Cela suppose évidemment qu’une démarche prospective soit adoptée en amont afin qu’en définitive, cet observatoire puisse faire des propositions concrètes, voire impulser des actions pour entre autres :
anticiper sur les besoins en main d’œuvre avec des profils biens définis, élaborer des programmes de formation spécifique notamment dans les techniques de télétraduction (compte tenu du vivier que constitue le département des langues de l’UCAD), de télégestion (télécomptabilité), créneaux sur lesquels le Sénégal pourrait davantage se positionner et différencier ainsi son offre, professionnaliser et faciliter davantage le recrutement, définir un cahier de charges conforme à la norme ISO 9000 en direction des opérateurs. Bref il s’agit de mettre en place une véritable politique spécifique permettant de répondre en quantité et en qualité aux besoins actuels et futurs d’un secteur qui a des exigences propres.










Par Souleymane MBAYE
Economiste (I.D.E) Intervenant en
“Techniques du commerce international”

jeudi 11 janvier 2007

ELECTIONS 2007 SENEGAL: Les femmes catholiques mobilisent les candidats autour de la paix

Dakar, 11 jan (APS) - La Coordination des unions diocésaines des associations féminines catholiques du Sénégal (CUDAFCS) a lancé un appel à la paix aux différents candidats pour des élections libres et responsables le 25 février.

‘'Nous sommes des Sénégalaises à part entière et la situation du pays nous préoccupe en tant que citoyennes, mères de familles, etc.'', a estimé, dans un entretien avec l'APS, Marie Clémentine Diop, présidente de la CUDAFCS.
Réunies samedi dernier, sous la présidence du Chef de l'Etat à l'occasion de la troisième journée de la femme catholique axée sur ‘'Femmes sénégalaises artisanes de paix, avec tous les citoyens, mobilisons nous pour des élections libres et responsables'', les femmes catholiques ont tenu a s'impliquer dans la vie politique de la nation.
La rencontre avec les hommes politiques est une occasion pour que ces derniers au lieu de faire des discours, écoutent les préoccupations des femmes afin de les prennent en compte dans leurs ambitions'', a-t-elle expliqué.
‘'Nous avons profité de cette année électorale coïncidant avec nos activités pour appeler à la paix seul gage pour des élections libres, calmes et transparentes'', a-t-elle ajouté.
Selon Mme Diop les hommes politiques ont des ambitions pour le pays mais celles-ci ne peuvent pas aller à l'encontre des aspirations des populations.
‘'Les populations doivent être au cœur de leurs ambitions'', a-t-elle dit.En l'absence d'engagement clair de la part des responsables politiques pour un climat apaisé, Marie Clémentine Diop souligne qu'il est nécessaire de ‘'maintenir la dynamique d'incitation à la paix en impliquant d'autres organisations de la société civile pour agir ensemble''.‘'Le suivi de tout cela est très important car seule l'union fait la force'', a-t-elle dit.

mercredi 10 janvier 2007

AFFAIRE Madiambal Diagne (Administrateur Général du Groupe Avenir Communication) et M. Thierno Lô (Ministre de l’Environnement du Sénégal)

"SCANDALE - Escroquerie, abus de confiance, trafic d’influence et tentative de corruption au Palais de la République : Thierno Lô empoche 200 millions au nom du Quotidien "

L’ancien directeur de Publication du journal Le Quotidien, Madiambal Diagne, aujourd’hui Administrateur Général du Groupe Avenir Communication, a été reçu, hier en début d’après-midi, par le président de la République pour lever une équivoque. Il était accompagné de la Coordonnatrice de la Rédaction. Une discussion à propos d’une affaire assez délicate, car depuis des mois, M. Diagne cherchait à éclaircir un comportement peu orthodoxe qui avait suscité des doutes en lui. Des libéralités consenties par le Président, en son nom pour faire du Quotidien un journal de propagande au service du pouvoir libéral. Chronique d’une arnaque tombée à Lô.
SOURCE: La Rédaction
du journal LEQUOTIDIEN

mardi 9 janvier 2007

VU sur AFRICAMAAT: Pharaons d’Egypte, Idéologie et Pouvoir - Par Théophile Obenga