jeudi 27 septembre 2007

FRANCE Immigration: la commission des Lois du Sénat supprime le test ADN.


La commission des Lois du Sénat a supprimé mercredi l'article du projet de loi Hortefeux sur la maîtrise de l'immigration qui instaurait la possibilité d'un test ADN pour les candidats au regroupement familial, a-t-on appris de source parlementaire.


Selon le groupe socialiste du Sénat, qui se "réjouit" de cette suppression, l'article sur le test ADN a été rejeté par 24 voix contre 13 lors de la réunion à huis clos des membres de la commission des Lois du Sénat.

Proposé par le député UMP et rapporteur Thierry Mariani, "l'amendement ADN" avait été voté à l'Assemblée nationale dans la nuit de mercredi à jeudi dernier par 91 voix contre 45. Devant le tollé provoqué par cette disposition et l'embarras d'une partie de sa majorité et des ministres d'"ouverture", le gouvernement l'avait encadrée en prévoyant une expérimentation jusque fin 2010.

Il avait également prévu que le test ADN serait remboursé si le lien de filiation était établi.
Concrètement, en cas de doute sur ses papiers, une personne voulant bénéficier du regroupement familial pouvait demander la comparaison de ses empreintes génétiques avec celles d'un de ses deux parents installé en France.

Lundi, l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, sénateur UMP de la Vienne, avait confié avoir le "sentiment" que l'amendement sur les tests ADN serait supprimé par le Sénat.

Cette décision "est conforme à la vision que (les sénateurs socialistes) se font de la France, de ses valeurs républicaines et de son image de pays des droits de l'Homme", salue Jean-Pierre Bel, président du groupe PS du Sénat, dans un communiqué.

Dénonçant des tests "à la logique discriminatoire et avilissante pour les étrangers", le groupe communiste du Sénat a également "pris acte de ce recul" en forme de "désaveu" pour le gouvernement et le député Mariani, mais il entend rester "vigilant".

La Haute assemblée doit examiner le projet de loi Hortefeux à partir du 2 octobre. Le vote de la commission des Lois devra alors être confirmé en séance publique. AP

FIDH/Organisations membres - Tchad/RCA/Force multidimensionnelle - Communiqué


Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme - FIDHLigue centrafricaine des droits de l'Homme - LCDH Organisation pour la compassion et le développement des familles en détresse - OCODEFADLigue tchadienne des droits de l'Homme - LTDHAssociation tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l'Homme - ATPDH


Communiqué

Le Conseil de sécurité autorise l'envoi d'une force multidimensionnelle au Tchad et en RCA

L'organe exécutif des Nations unies prend en compte la déstabilisation régionale liée au conflit au Darfour

Paris, N'djamena, Bangui, le 26 septembre 2007 – Nos organisations se félicitent de l'adoption hier par le Conseil de sécurité des Nations unies de la Résolution 1778 (2007) autorisant la mise en place d'une « force multidimensionnelle » à l'Est du Tchad et au Nord-Est de la République centrafricaine (RCA), chargée de protéger les réfugiés, les personnes déplacées et les populations civiles en danger, ainsi que d'établir un environnement propice à la protection des droits de l'homme et à l'Etat de droit.

Cette Résolution qui vient en écho de la Résolution 1769 (2007) du Conseil de sécurité adoptée le 12 juin 2007 autorisant le déploiement au Darfour de la force hybride Nations unies – Union africaine, répond aux multiples appels lancés par le FIDH et ses organisations membres en RCA et au Tchad pour la protection des populations civiles victimes de violations graves des droits de l'homme et du droit international humanitaire du fait de l'extension sous-régionale du conflit au Darfour.

Notamment, de retour d'une mission internationale d'enquête dans les camps de réfugiés soudanais au Tchad en juin 2007, la FIDH avait alerté la communauté internationale de la précarité de la situation sécuritaire de la population civile au Tchad victime d'attaques récurrentes de milices soudanaises janjawids; des heurts entre l'armée et les rebelles tchadiens basés au Darfour; et des tensions meurtrières entre ethnies «arabes » et « africaines » exacerbées par les violences inter-ethniques au Darfour voisin. Au Nord-Est de la République centrafricaine, la population civile est également victime des combats entre les militaires centrafricains et des éléments rebelles basés au Darfour. En conséquence du conflit au Darfour et de ses résonances régionales, plus de 250.000 soudanais sont réfugiés au Tchad et en RCA et près de 170.000 tchadiens ont été forcé de se déplacer, créant une véritable catastrophe humanitaire.

La Résolution du Conseil de sécurité autorise la mise en place de la « MINURCAT », mission des Nations unies composée de 300 policiers, 50 militaires et de civils, chargée d'établir un environnement sécurisé pour les réfugiés soudanais au Tchad, les personnes déplacées et les populations civiles, en soutien à la force de police tchadienne pour la protection humanitaire. La mission aura également pour mandat de promouvoir et de protéger les droits de l'homme, en mettant notamment l'accent sur la lutte contre l'impunité. La résolution autorise également le déploiement d'une force de l'Union européenne, composée de militaires, chargée au Tchad et en RCA de veiller à la protection des populations civiles en danger, de faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire et de protéger le personnel des Nations unies.

Ainsi, nos organisations appellent

L'Union européenne

  • à immédiatement se doter d'un cadre opérationnel permettant le déploiement rapide de son opération; à

  • garantir la neutralité de son opération, considérant l'implication de l'armée française au Tchad et en RCA au nom de la coopération militaire;

    La communauté internationale

  • à fournir dans les plus brefs délais les ressources humaines et budgétaires nécessaires à la MINURCAT pour la mise en oeuvre de son mandat, notamment son volet droits de l'homme et Etat de droit, en coopération avec les organisations locales indépendantes de défense des droits de l'Homme;

  • à renforcer la coopération avec le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), en RCA, au Soudan et au Tchad, et soutenir en particulier l'arrestation des deux suspects soudanais sous mandat d'arrêt de la CPI;

    La future force multidimensionnelle

  • à soutenir le travail du Procureur de la CPI saisi des situations au Darfour et en République centrafricaine, aux fins de contribuer à la lutte contre l'impunité des auteurs des crimes les plus graves commis dans la sous-région;

    Les gouvernements centrafricain et tchadien

  • à faciliter le déploiement rapide de la force multidimensionnelle, à s'engager fermement dans la lutte contre l'impunité des auteurs des crimes les plus graves et à poursuivre leurs efforts tendant au règlement politique des conflits les opposant à des éléments rebelles;

    Le Conseil de sécurité

  • à se saisir également de la situation préoccupante au Nord-Ouest de la RCA où des violations graves des droits de l'Homme et du droit international humanitaire sont perpétrées à l'occasion d'un conflit entre l'armée centrafricaine et des éléments rebelles.

    Contact presse : Gaël Grilhot : +33-1 43 55 90 19

dimanche 16 septembre 2007

FRANCE entre PARANOÏA et XENOPHOBIE ... VIDEO ... Tests ADN sur les immigrés



"La France doit se ressaisir!!!
La France devient de moins en moins une destination prisée du fait de la montée de racisme et de nationalismes incongrus, de la xénophobie et j’en passe..."

samedi 15 septembre 2007

Discours sur le colonialisme




Controle adn pour l'immigration. A quand les greffes de puces biometriques pour les candidats a l'immigration un pas de plus dans l'horreur SARKOZYste

Les députés ont franchi un pas, mercredi 12 septembre, dans la gestion de l'immigration : la commission des lois de l'Assemblée nationale a adopté un amendement autorisant le recours aux tests ADN lors de la délivrance des visas de plus de trois mois. "En cas de doute sérieux sur l'authenticité de l'acte d'état civil", les agents diplomatiques ou consulaires pourront "proposer" au demandeur d'un visa "d'exercer, à ses frais, la faculté de solliciter la comparaison de ses empreintes génétiques aux fins de vérification d'une filiation biologique déclarée". Si cet amendement était retenu, la pratique des tests ADN pourrait devenir massive : les procédures de regroupement familial impliquant des enfants concernent 23 000 demandes par an.

Au nom de l'éthique, les tests génétiques de filiation sont strictement encadrés par la loi : en vertu de l'article 16 du code civil, "l'étude génétique des caractéristiques d'une personne ne peut être entreprise qu'à des fins médicales ou de recherche scientifique". Les procédures de regroupement familial ne répondent pas à ces critères prévus par la loi "relative au respect du corps humain". L'auteur de l'amendement contesté, le député (UMP) du Vaucluse Thierry Mariani, a prévu que les nouvelles dispositions sur l'immigration interviendraient "par dérogation" à l'article 16 du code civil. Pour le député, ces tests "sûrs et rapides" permettront de répondre à la "fraude documentaire". Pour s'efforcer de démontrer l'importance de cette fraude, M. Mariani s'est appuyé sur un rapport du sénateur (UMP) de la Haute-Loire, Adrien Gouteyron.

Dans une étude rendue au mois de juin, le sénateur (UMP) Adrien Gouteyron avait mis en doute l'authenticité des actes officiels d'état civil fournis par les familles sollicitant des demandes de regroupement familial. Selon M. Gouteyron, "dans certains pays, comme le Sénégal, la Côte d'Ivoire, les deux Congo, le Togo, Madagascar ou les Comores, de 30 % à 80 % des actes d'états civils sont frauduleux".

Lors des débats en commission, cet amendement au projet de loi sur l'immigration introduisant des tests ADN pour authentifier les filiations a été combattu jusque dans les rangs de la majorité. "En matière de filiation, rien ne repose, en droit français, sur la biologie, souligne le député (UMP) du Morbihan, François Goulard. On peut très bien reconnaître un enfant sans en être le père biologique. L'imposer à un étranger, parce que l'on met en doute son état civil, c'est contestable et déplacé." Les députés socialistes ont eux aussi contesté la légitimité de cette mesure. "Qui, dans les pays d'origine, va mettre en place ces tests, quels laboratoires ?, s'alarme Serge Blisko. Comment être sûrs que l'on ne se retrouvera pas avec des tests bidons ? Et que va-t-il se passer pour les enfants adoptés, voire illégitimes mais non révélés ?" Cet amendement pose en effet beaucoup de questions. En Europe, comme dans tous les pays du monde, les filiations juridiques ne correspondent pas toujours aux filiations biologiques : depuis une vingtaine d'années, les avancées de la génétique ont permis de démontrer que les enfants illégitimes sont beaucoup plus nombreux que l'on ne l'imaginait. Selon la revue scientifique The Lancet, au moins 2,7 % des déclarations de naissance seraient "fausses" au sens où elles ne correspondent pas aux parents biologiques. Les chercheurs qui étudient la transmission des maladies génétiques sur plusieurs générations disent écarter 5 % voire 10 % de leurs échantillons en raison des discordances de filiation.

Ces incertitudes sur les filiations sont si fortes qu'en France, la pratique ouverte des tests ADN est formellement interdite : le recours aux empreintes génétiques ne peut être ordonné que par un magistrat, dans le cadre d'une procédure touchant aux liens de filiation. En cas d'infraction, la loi bioéthique de 2004 prévoit une peine d'un an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende. Les Français qui souhaitent vérifier leur paternité sont donc obligés de s'adresser clandestinement, via Internet, à des laboratoires étrangers situés dans des pays où la loi est plus clémente, comme la Suisse, la Belgique ou l'Espagne.

Si les procédures de visa comprennent des tests génétiques, certains pays du Sud auront probablement du mal à assurer la disponibilité des tests. La plupart des laboratoires sont situés en Europe, aux Etats-Unis et au Canada et ils imposent des conditions de prélèvement complexes : les fragments corporels - cheveux, frottis buccaux - doivent être prélevés avec du matériel stérile avant d'être envoyés par La Poste. Les tarifs de ces laboratoires sont en outre très élevés : actuellement, ce type d'analyse coûte de 200 à 600 euros.

Dans son amendement, le député Thierry Mariani a pris garde de ne pas faire du test ADN une obligation : les autorités consulaires ou diplomatiques pourront simplement le proposer aux candidats. Mais les demandes de regroupement familial sont déjà si difficiles que les associations craignent qu'un refus de prélèvement entraîne un rejet de la demande. "On aperçoit clairement les risques de dérives, explique la juriste Danièle Lochak, ancienne présidente du Groupe d'information et de soutien des immigrés (GISTI). Il est évident que le demandeur qui le refusera aura toutes les chances de se voir refuser son visa. Et demain, des voix s'élèveront pour imposer ces tests aux étrangers qui se disent parents d'enfants français."

Source : Indymédia Paris

Immigration en France : Le regroupement familial soumis au test Adn pour contrer les fraudes


(Correspondant permanent à Paris) - Les quelque 23 mille demandes par an concernant le regroupement familial passeront par un test Adn en cas de doute sur leurs liens avec leurs parents établis en France. Ce sont les représentations diplomatiques françaises qui sont chargées de proposer au postulant au regroupement familial cette solution pour s’assurer de sa vraie filiation. C’est la proposition d’amendement de la loi sur l’immigration faite par le député de l’Ump, Thierry Mariani. L’auteur de l’amendement prévoit que ces nouvelles dispositions interviendront par dérogation à l’article 16 du code civil qui interdit l’étude génétique des caractéristiques d’une personne, sauf à des fins médicales. Et le coût des tests d’Adn sera à la charge du candidat au regroupement familial. Ce qui lui reviendrait, selon certaines estimations, entre 200 et 600 euros (131 119 et 393 574 francs Cfa). Mais Thierry Mariani soutient que c’est un moyen ‘sûr et rapide’.

Il estime que son amendement, qui vient d’être adopté en commission, vise à lutter contre les fraudes documentaires dans les pays africains. Il s’est appuyé sur une étude réalisée et rendue publique au mois de juin dernier, par le sénateur de l’Ump, Adrien Gouteyron. Une étude qui a mis en doute l'authenticité des actes officiels d'état civil fournis par les familles sollicitant des demandes de regroupement familial. A l’en croire, ‘dans certains pays, comme le Sénégal, la Côte d'Ivoire, les deux Congo, le Togo, Madagascar ou les Comores, 30 % à 80 % des actes d'états civils sont frauduleux’.

Naturellement les associations de défense des Droits de l’homme et des étrangers ont fustigé cette nouvelle disposition de la loi. Pour la Fédération internationale des droits de l’homme (Fidh), ‘une famille, ce n’est pas le résultat de tests Adn’. Avant de souligner que ‘la volonté de pallier l’absence de documents d’état civil ou la fraude travestit la réalité quotidienne que les étrangers candidats au regroupement familial vivent’. Elle estime que, dans les faits, les consulats vérifient quotidiennement les documents qui leur sont produits, n’hésitent pas à les remettre en cause, à en demander d’autres supplémentaires voire à prendre prétexte d’une perte pour les solliciter à nouveau. Alors, ’imposer aux étrangers ayant le droit de s’établir en France pour tout simplement vivre une vie de famille normale, un test Adn, c’est non seulement renforcer l’arbitraire (et le coût déjà exorbitant des formalités) mais c’est admettre que les étrangers et leurs familles n’ont pas les mêmes droits fondamentaux que les Français’. La Fidh fait remarquer que ‘réduire la filiation au seul lien biologique, c’est non seulement appliquer un traitement discriminatoire aux étrangers mais c’est aussi nier qu’une famille, ce sont des liens d’une autre nature que ceux du sang. En décidant d’imposer un tel test aux étrangers, le législateur français nie l’histoire personnelle de chacun’. Pour elle, ‘c’est l’humanité d’hommes, de femmes et d’enfants qui est déniée en la réduisant à une chaîne de molécules’. Et de considérer : ‘Après les propos insultants tenus à Dakar par le président de la République française, nous ressentons cet amendement de la majorité des députés français comme une injure faite à notre identité humaine. Nous n’acceptons pas que la France institue ainsi une xénophobie d’Etat’.

Mais de son côté, sur la télévision française Lci, Jean-Marie Le Pen soutient que ‘tous les tests d’identification sont bons’ et juge que ‘ceux qui refuseront de se soumettre aux tests Adn prouveront qu’ils ne sont pas dans les limites de la loi’.

Avant l’adoption du test d’Adn pour s’assurer de la parenté entre le candidat au regroupement familial et sa famille établie en France, d’autres dispositions avaient été prises, complétant ainsi le dispositif. C’est ainsi que le regroupement familial va être conditionné au degré de connaissance de la langue française et des valeurs de la République. Les parents accueillants doivent, aussi, prouver des revenus adaptés en fonction de la taille de la famille du candidat. Si le besoin en est établi, le demandeur pourra bénéficier d’une formation adaptée, préalablement à son arrivée en France. Si la famille concernée a des enfants, les parents signeront avec l’État un contrat d’accueil et d’intégration. Et cet engagement peut ouvrir droit à une formation sur les droits et devoirs en France. Si le contrat n’est pas respecté, des mesures d’accompagnement seront prises, pouvant aller jusqu’à une décision du juge des enfants confiant la gestion des allocations familiales à un tiers, dans l’intérêt des enfants, dit-on.

Par Moustapha BARRY
Source : walfadjri

FIDH/LDH/Organisations membres - France/tests ADN - Communiqué

Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH)
Ligue des droits de l'Homme et du citoyen (LDH)

Avec les organisations membres de la FIDH signataires

(liste non exhaustive ci-dessous)


Communiqué

Une famille, ce n'est pas le résultat de tests ADN

Paris, le 14 septembre 2007 - Le Parlement français examine un nouveau projet de loi destinée à restreindre encore une fois le regroupement familial. Après l'obligation de l'apprentissage du français, voici que des députés prétendent « proposer » des tests ADN pour s'assurer de la filiation des enfants. Chacun sait qu'en fait, ces tests seront imposés.

La volonté de pallier l'absence de documents d'état civil ou la fraude travestit la réalité quotidienne que les étrangers candidats au regroupement familial vivent. Dans les faits, les consulats vérifient quotidiennement les documents qui leurs sont produits, n'hésitent pas à les remettre en cause, à en demander de supplémentaires voire à prendre prétexte d'une perte pour les solliciter à nouveau. C'est ainsi que certaines personnes attendent depuis des années des visas qu'ils sont en droit d'obtenir sous couvert d'un arbitraire de plus en plus systématique.

Imposer aux étrangers, ayant le droit de s'établir en France pour tout simplement vivre une vie de famille normale, un test ADN, c'est non seulement renforcer l'arbitraire (et le coût déjà exorbitant des formalités) mais c'est admettre que les étrangers et leurs familles n'ont pas les mêmes droits fondamentaux que les français.

La France interdit, en effet, hors décision de Justice ou besoins médicaux, de procéder à de tels tests tout simplement parce qu'elle considère, à juste titre, que la définition de la famille ne se borne pas au lien biologique.

Réduire la filiation au seul lien biologique, c'est non seulement appliquer un traitement discriminatoire aux étrangers mais c'est aussi nier qu'une famille, ce sont des liens d'une autre nature que ceux du sang.

En décidant d'imposer un tel test aux étrangers, le législateur français nie l'histoire personnelle de chacun.

C'est l'humanité d'hommes, de femmes et d'enfants qui est déniée en la réduisant à une chaîne de molécules.

Nous voulons affirmer solennellement que, venant après de multiples mesures restrictives et vexatoires, après les propos insultants tenus à Dakar par le président de la République française, nous ressentons cet amendement de la majorité des députés français comme une injure faite à notre identité humaine.

Nous n'acceptons pas que la France institue ainsi une xénophobie d'Etat.

Organisations membres de la FIDH signataires

Organisation Marocaine des droits humains (OMDH)
Ligue Tunisienne des droits de l'Hommme (LTDH)
Association Nigérienne des droits de l'Homme (Niger)
Association Tchadienne pour la Promotion et la Défense des droits de l'Homme (Tchad)
Ligue Tchadienne des Droits de l'Homme (Tchad)
Association Malienne des Droits de l'Homme (Mali)
Union Interafricaine des Droits de l'Homme
Association Mauritanienne des Droits de l'Homme (mauritanie)
Mouvement Ivoirien des Droits de l'Homme (Côte d'ivoire)
Ligue Ivoirienne de défense des droits de l'Homme (Côte d'ivoire)
Organisation Guinéenne des Droits de l'Homme (Guinée)
Organisation Nationale des Droits de l'Homme (Sénégal)
Rassemblement Africain pour la dénfense des droits de l'Homme (Sénégal)
Ligue des Electeur (RDC)
Groupe Lotus (RDC)
ASADHO (RDC)
Maison des droits de l'Homme (Cameroun)

mardi 11 septembre 2007

FIDH/SOAT - Soudan/CPI - communiqué : "Un nouveau pas vers l'impunité"

Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH)
Sudan Organisation Against Torture (SOAT)



 
Un officiel soudanais présumé responsable de crimes contre l'humanité et crimes de guerre nommé par le gouvernement à la tête des enquêtes sur les violations des droits de l'Homme perpétrées au Darfour

Paris, Londres, Khartoum, 10 Septembre 2007 – La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) et son organisation membre Sudan Organisation Against Torture (SOAT), condamnent la récente nomination par le gouvernement soudanais de Ahmed Haroun au poste de co-président du comité national chargé d'enquêter sur les violations des droits de l'Homme perpétrées au Soudan, et en particulier au Darfour.

M. Haroun, ancien ministre de l'Intérieur et depuis 2006 ministre des Affaires humanitaires fait l'objet d'un mandat d'arrêt international délivré par la Cour pénale internationale (CPI) le 27 avril 2007 pour des crimes de guerre et crimes contre l'humanité  commis en 2003 et 2004. [1]

« Cette nomination est une insulte aux victimes du Darfour dans leur quête de vérité,  justice et réparation pour les graves crimes qu'elles ont subi, et démontre clairement le refus du gouvernement soudanais de traduire les responsables devant la justice, de mettre fin à l'impunité pour les crimes commis au Darfour et d'apporter une issue pacifique au conflit qui ravage la région » a déclaré la présidente de la FIDH, Souhayr Belhassen.

Cette désignation est intervenue au moment de la visite au Soudan du Secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki-moon, et des récents appels du Procureur de la CPI, M. Luis Moreno Ocampo, au gouvernement soudanais à une plus grande coopération pour l'arrestation des deux suspects soudanais.

La FIDH et SOAT

- demandent au gouvernement soudanais de suspendre immédiatement la nomination de Ahmed Haroun et de coopérer pleinement avec la Cour pénale internationale en vue de lui remettre les suspects ;

- appellent le Groupe d'Expert des Nations unies sur le Soudan à prendre en compte les récents événements dans leur rapport qui sera présenté à la 6ème session du Conseil des droits de l'Homme qui s'ouvre aujourd'hui à Genève.

Contacts Presse : Gaël Grilhot : +33-1 43 55 90 19

[1] Voir le communiqué de presse FIDH – SOAT du 4 mai 2007: «  Le Soudan doit remettre un ministre en exercice et un chef des milices Janjaouid à la Cour pénale internationale », http://www.fidh.org/article.php3?id_article=4267



 

vendredi 7 septembre 2007

DISCOURS NEO-COLONIALISTE DE NICOLAS SARKOZY A DAKAR ... LES INTELLECTUELS AFRICAINS S'INDIGNENT


"Un chasseur de prime

nommé Sarkozy"

Il est bien heureux que le président de la République de France ait eu l’opportunité de prononcer son discours fameux, ce jeudi 26 juillet 2007 à Dakar. Ce propos, quoi qu’on pourrait en dire, a eu le mérite de replacer un certain nombre de réalités dans leurs contextes historique, sociologique et psychologique.

Il est de prime abord assez significatif que le président français n’ait pas eu le courage intellectuel de dire le nom de l’endroit où il a été si bien accueilli pour s’adresser "à la jeunesse africaine". Il a bien affirmé qu’il était à "l’Université de Dakar ". Mais le nom du lieu est précisément : "l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar " ! Ce n’est pas du tout la même chose. Surtout quand l’on connaît les circonstances du "re-baptême" de ce célèbre cadre du savoir en Afrique.

Le professeur Cheikh Anta Diop, Docteur d’Etat depuis 1960, scientifique multi disciplinaire émérite, avait été confiné depuis son retour au Sénégal, à L’Institut Fondamental d’Afrique Noire (IFAN) de l’Université de Dakar, avec interdiction d’enseigner. On peut penser que le président de la République sénégalaise d’alors, Léopold Sédar Senghor, n’avait pas pris tout seul cette décision gravissime d’empêcher le célèbre professeur d’exercer ses talents aussi bien scientifiques que littéraires. Il avait dû être conseillé pour ne pas dire qu’on lui avait suggéré cette conduite. Et pourquoi ?

Parce que tout simplement Cheikh Anta avait déjà publié son fameux livre : " Nations nègres et culture " où il remettait scientifiquement en cause les fondements bancals de l’idéologie coloniale, les falsifications éhontées de l’Occident sur l’Egypte des pharaons, les affabulations grossières sur le nègre sauvage devant l’Eternel... La France n’avait nullement l’intention de mettre devant des étudiants noirs, un homme de cette dimension. Il était jugé trop dangereux. Pendant donc 22 ans, Cheikh Anta subit l’ostracisme.

Senghor, parti de la présidence pour se consacrer à ses poèmes dans sa deuxième patrie, la France, le président Abdou Diouf permit enfin à Cheikh Anta Diop de faire ce qu’il avait toujours voulu : livrer son savoir aux générations montantes ! Il tint seulement quatre petites années. A sa mort, survenue en février 1986, les étudiants exigèrent et obtinrent que l’université de Dakar portât désormais son nom. On comprend donc pourquoi Nicolas Sarkozy ne pouvait point prononcer ces mots mortels pour lui, son pays, son continent : " Université Cheikh Anta Diop de Dakar " !

Et cela confirme particulièrement l’affirmation de Cheikh Anta, à savoir la conspiration du silence contre son œuvre, conspiration ourdie par le pouvoir politique français. Sarkozy pouvait-il transgresser une telle " omerta " ? Il ne l’a pas osé ! Et cette omission du président français éclaire le reste de son discours. L’ami autoproclamé des Africains ne demeure que lui-même : un "politicien confirmé ", un loup qui souhaite se glisser dans la bergerie à la faveur de la pénombre, pour mieux étouffer ces proies. On comprendra alors que son propos prétendument adressé à des amis soit de fait un tissu d’ignorance, de mauvaise foi et de contradictions.





L’ignorance

Nicolas Sarkozy ne sait pas que le conflit des générations qui est un invariant de la société occidentale ne prend pas les mêmes contours sur le continent noir. Sa décision de s’adresser aux fils sans passer par les pères est donc le comportement type du gros gaou*, qui n’a même pas l’intelligence de demander son chemin dans une zone inconnue. Le président français parle dans son discours de valeurs dont l’Afrique aurait besoin : " (Le défi de l’Afrique) C’est de s’approprier les droits de l’Homme, la démocratie, la liberté, l’égalité, la justice comme l’héritage commun de toutes les civilisations et de tous les hommes ". Il en parle comme de grandes valeurs que l’Europe, qui pour lui se confond facilement avec le monde, apporterait à l’Afrique.

Au-delà de la beauté de la rhétorique, Nicolas Sarkozy confond ici les serviettes et les torchons et culmine dans l’abîme de l’ignorance. Il ne sait pas que l’égalité n’a existé nulle part au monde, et qu’aucune société intelligente ne perd son temps à la réclamer. C’est en effet un mythe. Ce qu’il faut aux peuples, c’est l’équité, la justice auxquelles tous les hommes ont droit. Sarkozy ignore que les fameux "droits de l’homme" existent en Afrique au bas mot, au moins au temps de Soundjata Kéita, c’est-à-dire aux alentours du XIII è siècle, alors que les siens datent de 1948, après la deuxième guerre mondiale.

S’il avait eu connaissance de la Charte de Kurukan Fuga ou de la Charte des Chasseurs, il ne se serait pas autant égaré ! Il ne sait pas non plus que la démocratie, qui semble être la panacée occidentale à toute gestion sociale, n’est qu’une pâle copie de valeurs africaines, qui datent du temps de Solon. Celui-ci en effet était venu s’inspirer du Code du pharaon Bocchoris, pour essayer de policer quelque peu une société grecque, dont la brutalité n’avait d’égale que la sauvagerie. " L’habeas corpus " qui résulta des Reformes de Solon est la véritable mère génitrice de la démocratie occidentale dont Nicolas Sarkozy se vante aujourd’hui.

Le président français ne sait-il vraiment pas que le dernier grand génocide que l’humanité a connu, celui du Rwanda, est la résultante des actes occidentaux, notamment ceux des Belges ? Ces Belges n’ont-ils pas en effet, dès leur entrée dans cette contrée africaine, injecté peu à peu l’idée de race inférieure et de race supérieure dans une société qui n’en avait pas ? Et d’ailleurs, tout le monde espère que l’ami des Africains éclairera bientôt la lanterne du monde entier sur les agissements et la responsabilité précise de l’armée de son pays, la France, dans la phase de mise à feu des violences au Rwanda.

Sarkozy parle d’écoles et de routes que les colons auraient construites en Afrique. Pour qui les ont-ils bâties ? Etait-ce pour développer l’Afrique ? Il ne faut point prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages. De toutes les manières, si ces constructions étaient pour servir au développement de l’Afrique, il doit savoir qu’il y a comme un hiatus dans son raisonnement : comment en effet, ce continent aurait-il pu créer : " tant de civilisations brillantes " qu’il évoque dans son discours ? Ces civilisations ont-elles été créées par générations spontanées, et les Africains de ces temps marchaient-ils dans la brousse ?

Et d’ailleurs, nous sommes pris d’un doute soudain : quelles sont-elles les civilisations africaines dont parle le président français ? Quant aux hôpitaux que les colons auraient aussi construits, s’ils étaient si incontournables, pourquoi ont-ils mis autant d’énergie à combattre les thérapies africaines, comme du reste aussi nos religions ? A ce niveau, il est étonnant que monsieur Sarkozy ait omis de parler du vrai Dieu que les colons auraient aussi apporté en Afrique ! Son raisonnement aurait été plus complet...

Que connaît vraiment Nicolas Sarkozy de l’Afrique, pour se permettre des allégations du genre : " Je veux m’adresser à tous les Africains qui sont si différents les uns des autres, qui n’ont pas la même langue maternelle, pas la même religion, pas les mêmes coutumes, pas la même culture, pas la même histoire... " ? Voilà le discours type des ennemis de l’Afrique, ceux qui souhaitent intérieurement que jamais les Africains ne s’unissent sur quoi que ce soit.

Puisque rien ne les rassemble. Les cinquante Afriques dont se délectent les vautours de tous les horizons ! Cela est particulièrement symptomatique qu’un président de République, de surcroît d’une ex-colonie, tienne un tel langage. C’est la preuve formelle qu’il ne souhaite aucunement que l’Afrique trouve la moindre aspérité à laquelle s’accrocher, pour sortir de l’ornière. Il est particulièrement contradictoire qu’un tel personnage dise qu’il souhaite l’unité de l’Afrique !




La mauvaise foi

Le président français affirme sereinement : " Je suis venu te dire (à la jeunesse africaine) que ta déchirure et ta souffrance sont miennes". Ignore-t-il vraiment que ces jeunes à qui il s’adresse savent parfaitement ce qu’il pose comme actes depuis qu’il est devenu un homme public, ou prend-il les jeunes Africains pour des gens qui boivent l’eau par les narines ? Comment peut-il être le plus grand scalpeur d’immigrés et le répressif invétéré qu’on connaît contre les immigrés négro-africains, et venir dire qu’il partage la souffrance de ses propres victimes ?


Peut-on être plus cynique ? Même dans les basses manœuvres politiciennes, il devrait y avoir des limites... Il a insinué que pour lui : "les Africains ne sont pas de grands enfants" ; mais il a dit tellement de monstruosités, sans la moindre menace, la moindre incartade, la plus petite incivilité de la part de ses hôtes, qu’il doit s’être dit : "Je les ai bien eus" ! Sait-il que seuls les peuples de grande civilisation sont à même de réaliser de telles prouesses de contenance, de savoir-vivre ? La sagesse africaine a, en tout cas, bon dos d’assurer que : " La femme de mauvaise vie ne sait pas ce que dignité veut dire " !

Nicolas Sarkozy est certain que : " Nul ne peut demander aux générations d’aujourd’hui d’expier ce crime (la Traite négrière) perpétré par les générations passées. Nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères. " Donc les choses sont terminées. Il n’y a plus rien à faire ! Si le droit dont il se réclame permet cela, le nôtre ne le permet point ! Parce que sinon, la faute s’éteint avec la disparition du fautif, même si les enfants de celui-ci jouissent aujourd’hui, des fruits de l’oeuvre maléfique du père, et paisiblement ! Cela n’est point du droit, c’est de la force. Du reste, comment expliquer dans cette logique, les poursuites d’après guerres ? N’est-ce pas que lorsqu’un pays est vaincu, il peut être réduit à payer un tribut qui peut traverser les générations ? Cela existe-t-il ou pas ?

Sinon, il faudrait que l’Europe arrête de poursuivre nos pays, pour des dettes imposées au temps de nos pères et qui bloquent actuellement le développement de l’Afrique. N’est-ce pas qu’il faille garder le parallélisme des formes ?

Monsieur Sarkozy prétend que tous les peuples ont connu les mêmes étapes dans la marche des sociétés humaines : "Car chaque peuple a connu ce temps de l’éternel présent". Autrement dit : " Vous êtes en retard. Ne vous en faites pas, nous aussi sommes passés par la même étape. Continuez, vous êtes sur la bonne route ! ".

C’est vrai que des " scientifiques " occidentaux soutiennent cela. Bachoffen et Engels l’ont fait sur la notion de patriarcat/matriarcat. Karl Marx a confirmé en maintenant que toutes les sociétés humaines ont traversé les mêmes étapes, et qu’elles marchent toutes, vers l’ultime : le communisme. Mais le développement de la sociologie moderne ne confirme pas ces positions d’une autre époque ! Au-delà donc de la suffisance, le président français n’a fait sur ce point précis, que de la mauvaise foi au mieux. Au pire il aurait encore réussi à faire étalage de son ignorance, comme cela s’est du reste confirmé tout au long de son discours, qu’il souhaitait historique.

N’est-il pas contradictoire de prétendre être l’ami de l’Afrique, d’être venu lui parler franchement, et ne dire un traître mot du rôle funeste des dirigeants africains, ses amis et frères ? Cela ne confirme-t-il pas particulièrement que c’est bien Sarkozy et ses semblables qui tirent les ficelles de ces marionnettes singulièrement prédatrices pour le continent noir ?

La contradiction



Il était à prévoir qu’avec sa fumeuse démarche politicienne, l’assurance, sinon la suffisance qui l’animait, Nicolas Sarkozy prenait le risque de se contredire. Et la chose ne manqua point. Il assure en effet ceci : " Je suis venu te dire que tu n’as pas à avoir honte des valeurs de la civilisation africaine, qu’elles ne te tirent pas vers le bas mais vers le haut ". Et quelques lignes plus loin, il ajoute : " L’Afrique qui a connu sur son sol tant de civilisations brillantes ".



Le "SARKASTIQUE" SARKOZY



Mais malheureusement, entre ces deux idées, il avait affirmé sereinement : " Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès. Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais il reste immobile au milieu d’un ordre immuable ou tout est écrit d’avance.

Jamais il ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin. Le problème de l’Afrique est là. " ! Le premier de tous les Français peut-il nous dire, comment on peut, dans un même mouvement, avoir des valeurs de civilisation qui tirent vers le haut et rester cependant immobile ? Comment peut-on ne pas être entré dans l’histoire d’un côté, mais avoir créé des civilisations brillantes de l’autre ?

C’est vrai que Nicolas Sarkozy est la résultante et le résultat de la contradiction. Fils d’immigré, n’est-il pas en effet devenu le plus grand chasseur de prime d’immigrés devant l’Eternel ? Les Africains ont un adage qui assure que : " Si vous guérissez le paralytique en le remettant sur pied, il court plus vite que tout le monde " !

Il nous vient à l’esprit ce petit texte que nous avons lu, lorsque nous étions en classe de CP2. Quelque désuet qu’il puisse paraître (il date de quelques dizaines d’années), ce texte que l’on trouve dans "Les premières lectures de Mamadou et Bineta" (Librairie Istra, 1951, page 137) est assez instructif. Il s’intitule "Le moustique et le baobab". En voici la substance "Makari est vaniteux comme le Mamadou de la chanson. "Ma maison est la plus grande de toutes les maisons, dit-il ; mon père est l’homme le plus riche du village ; ma mère a les plus jolis pagnes ; mon frère est le plus fort de tous les garçons.

Et moi, regardez-moi ; écoutez-moi : je suis beau, je suis savant, mon maître n’a jamais eu un aussi bon élève. Quand je serai grand et que je quitterai l’école, l’école sera une pauvre école : elle aura perdu son meilleur écolier ". Le vieux Moctar, qui l’a entendu, se met à rire. " Makari, je vais te raconter une histoire. Un moustique était posé sur une feuille d’un très gros baobab. Au moment de partir, il dit à l’arbre : attention ! Tiens-toi bien, je vais m’envoler ! Toi, Makari, tu parles comme ce moustique."


* Ignorant, grossier

Par Dénis Bétéo Nébié

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