jeudi 25 octobre 2007

Sudan/Chad - Mission report


Sudan/Chad : Opening of the peace negotiations for Darfur

 

« We want security, we want justice »

FIDH makes public the report of a fact-finding mission

 

http://www.fidh.org/IMG/pdf/td482en.pdf

Khartoum, N'djamena, Cairo, Paris, London, 25 October 2007 - «We want security, we want justice »: this was the leitmotiv of all the Sudanese refugees met by the FIDH delegation while visiting the camps in Eastern Chad, in June 2007. The report of the mission (1) which is released today makes this claim a prerequisite to the conflict settlement.

United Nations Security Council Resolutions 1769 (2007) and 1778 (2007) authorizing the deployment of international forces in Darfur, Eastern Chad and North-East of the Central African Republic, should ensure, in the near future, the protection of civilians in the region. In this regard, the international community should give the necessary means for the effective deployment of the forces and the concerned authorities have to ensure them unhindered access.

Meanwhile, in light of the upsurge of violence in the last months between Sudanese army and the rebels, and the attacks against civilian population, humanitarian workers and the staff of the African Union Mission in Sudan, FIDH calls on all warring parties to participate in the peace negotiations opening in Libya, October 27, 2007, and to secure a priori an effective cease fire.

As stated by the United Nations Secretary-General during a meeting with FIDH on October 10, « Peace and justice are indivisible ». Thus, the nomination of  Ahmad Harun as co-director of a newly created Committee on Human Rights Violations in Darfur and the release from detention of  Kushayb, for both of whom arrest warrants have been issued by the International Criminal Court, are true insults to victims in Sudan. Sudan must transfer the two suspects to the ICC and the negotiators should treat the effective cooperation of Sudanese authorities with the ICC as a matter of priority.

 
The report and the executive summary are available on FIDH Website :

Executive summary : http://www.fidh.org/spip.php?article4828
Press contact :
Gaël Grilhot/Karine Appy : + 33 1 43 55 25 18 / + 33 1 43 55 90 19 / + 33 1 43 55 14 12

(1) See the FIDH report n°482 « we want security, we want justice » published in cooperation with the Ligue tchadienne des droits de l'Homme, the Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l'homme, the Sudanese Organisation Against Torture, the Cairo Institute for Human Rights Studies, the Inter-African Union for Human Rights


 

mercredi 24 octobre 2007

PROJET DE CONCEPTION DE MANUEL D’INITIATION A LA STYLOGRAPHIE - © Papa Oumar FALL

Du 14 au 22 octobre s'est tenue à Toubab Dialaw (Dakar - Sénégal) la première Université d'été francophone organisée par l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) et l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD, Sénégal). Le thème de ce stage est:" Transmission des savoirs et diversité des expressions culturelles : les formations artistiques à l’université ".

Nous vous présentons ci-dessous le projet que notre ami Papa Oumar FALL a présenté à ce stage.

LA VULGARISATION DE LA TECHNIQUE DE DESSIN AU STYLO.


Après plus de 15 années d’expérience de pratique de la stylographie (sur papier et sur tissu) il fallait penser à la systématisation de notre technique picturale et aussi vulgariser les résultats des premières expériences menées de 2003 à 2007 pour transmettre cette technique d’expression. En 2003, nous avons expérimenté l’enseignement de la stylographie. Depuis cette date, nous animons bénévolement des ateliers d'initiation à la stylographie sur papier. De mai à juillet 2007, nous avons expérimenté un programme d'initiation à la stylographie avec comme cible la petite enfance. Nous comptons prochainement nous orienter vers les enfants handicapés et le public carcéral (aider les détenus à mieux supporter les conditions difficiles de la vie carcérale).



TITRE: Soppaliku (Métamorphoses et Aliénation)
DIMENSIONS: 1280 mm x 930 mm
DATE: 24 décembre 1996

© Papa Oumar FALL 1996

PROJET DE CONCEPTION DE MANUEL D’INITIATION A LA STYLOGRAPHIE .

Pour étayer ces différents programmes d’enseignement, nous avons conçu ce projet de manuel d’initiation à la stylographie. L’approche méthodologique que nous avons adoptée lors de nos ateliers repose sur les concepts de compétence et performance tels que développés par le linguiste américain Noam Chomsky dans les années 1960. La distinction entre « compétence et performance (connaissance que le locuteur-auditeur a de sa langue versus l’emploi effectif de la langue dans des situations concrètes) » est centrale dans notre démarche de vulgarisation de la technique de dessin au stylo. Les hypothèses avancées par Chomsky (telles grammaire mentale, grammaire universelle) nous ont beaucoup aidés à affiner notre propre méthodologie : l’accent étant mis sur « la faculté de langage et surtout la capacité (innée) de représentation et d’expression » graphique. « Tout locuteur natif possède une connaissance innée des mécanismes du langage ». Ceci pousse, par analogie à croire en l’existence d’une faculté inhérente à l’Homme qui lui permette de s’auto-représenter, de se situer dans le monde qui l’entoure (sorte de perception-représentation ), de transformer virtuellement ce monde en réalité symbolique. Bref l’imaginaire (« images mentales ») au service de l’expression !


L’objectif visé, en procédant de la sorte, est de pousser la recherche dans la perspective d’une articulation entre Expression artistique et Nouvelle tendance générativiste en Linguistique (avec notamment l’approche plurilinéaire). En plus de l'initiation aux techniques graphiques, notre ambition est de transmettre les vertus formatrices et pédagogiques inhérentes à la pratique de cette technique de dessin au stylo (sens de la rigueur, de la patience, de l'attention, de l'endurance ... et surtout la capacité à se remettre en question).


TITRE: Xalaat (Méditation)
DIMENSIONS: 760 mm x 730 mm
DATE: 24 décembre 1994

© Papa Oumar FALL 1994

Ce manuel comportera :

  • une partie théorique où nous présenterons les résultats des expériences menées sur le terrain et l’état de la réflexion, autrement dit la présentation des hypothèses de recherche.
  • une partie pratique où sera présentée, avec des illustrations à l’appui, la démarche adoptée pour l’initiation à la stylographie sur papier (sorte de programme d’enseignement).

Pour participer au projet

contacter Papa Oumar FALL

(+221) 77 651 48 65

jeudi 11 octobre 2007

L'ADN des polygames - Par Serge BILIE


 

 

A l'heure où la France cherche à réduire ses dépenses publiques, il est surprenant que ses députés et sénateurs gaspillent l'argent des contribuables dans un interminable débat sur le regroupement familial, dont on connaissait, par avance, l'issue.

Car, que révèleront les tests ADN, qu'on ne sache déjà ? D'abord que « l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire », d'où son retard ; ensuite qu'il reste, même loin de sa base, un indécrottable «  polygame », d'où les émeutes en banlieues ; enfin que la violence est « culturelle » chez les Noirs, d'où leur incapacité à s'intégrer ; sans oublier qu'il y a « trop de Blacks chez les Bleus », d'où leur défaite à la dernière coupe du monde de football !

S'ils s'étaient dispensés de ce débat, ces parlementaires auraient pu, avec les économies réalisées, enrichir la bibliothèque de l'assemblée nationale et du sénat, voire celle de la présidence de la république, de quelques ouvrages essentiels, pour les aider à combler leurs lacunes sur l'Afrique, dans la perspective des futures lois sur l'immigration qu'ils ne manqueront pas de voter à nouveau.

Ils auraient pu, ainsi, acquérir le récent livre de l'historien anglais Hugh Thomas, La Traite des Noirs, qui rappelle, opportunément, qu'au, Moyen-âge, donc bien avant l'esclavage et la colonisation qui l'ont affaiblie , « l'Afrique de l'ouest travaillait le fer et l'acier comme l'Europe au 13ème siècle avant l'utilisation de la force hydraulique », et que « la plupart des foyers africains avaient des couteaux, des épées, des haches et des houes de ce métal  ». L'évidence même !

Ils auraient pu se procurer, également, les fameuses Descriptions de l'Afrique, du voyageur andalou Léon l'Africain, qui visita Tombouctou, en 1526, et s'enthousiasma pour cette cité florissante et moderne, traversée « par des canaux », servant à recevoir l'eau du fleuve Niger en cas de crue. Un tiers des 70 à 80.000 habitants de la ville était des étudiants « pleins d'ardeur pour la science et pour la vertu ».

Ils fréquentaient l'université de Sankoré, dont le niveau des enseignements n'avait rien à envier aux facultés de Cordoue, Damas, Grenade, ou du Caire, comme en témoigne la surprise d'un lettré arabe, arrivé de la Mecque pour occuper une chaire de droit. «  Il se fixa à Tombouctou et trouva cette ville remplie d'une foule de jurisconsultes soudanais. Aussitôt qu'il s'aperçut que ceux-ci en savaient plus que lui en matière de droit, il partit pour Fez, s'y adonna à l'étude du droit, puis il revint se fixer de nouveau à Tombouctou  ».

Faut-il, par ailleurs, rappeler, que L'Afrique noire connaissait, à cette époque, pas moins de… sept systèmes d'écritures qui, pour des raisons historiques, n'ont pas eu le développement de ceux des peuples asiatiques et européens : les écritures arako et nsibidi du Nigéria, giscandi du Kenya, ou encore mende de Sierra-Leone, pour ne citer qu'elles.

Faut-il, également, souligner, que c'est au Congo, que l'archéologue belge, Jean de Heinzelin de Braucourt, a découvert, en 1950, la plus ancienne calculette préhistorique, connue, aujourd'hui, sous le nom de bâton d' Ishango ? Il s'agit d'un petit os, datant de 20.000 ans av J.C., sur lequel figure une série de nombres, et qui prouve que les Africains maitrisaient les mathématiques bien avant tout le monde.

S'ils s'étaient dispensés de ce débat, ces parlementaires auraient pu, aussi, acheter et lire Voyages dans l'intérieur de l'Afrique de Mungo Park, cet aventurier écossais, qui sillonna le continent noir au xviiie siècle. Il a fourni de précieuses indications sur les connaissances médicales des « Nègres » qu'il rencontra, et qui se révélèrent « meilleurs chirurgiens que médecins », tant ils excellaient « dans le traitement des fractures et des dislocations », savaient guérir les fièvres, par des bains de vapeur, et soigner la cataracte.


La lecture de ces livres, et de quelques autres, montre bien que la période précoloniale fut, pour le continent noir, une période faste, marquée par un bouillonnement culturel, un développement économique et une stabilité politique, incarnés, notamment en Afrique de l'ouest, par trois grands empires, celui de Ghana, de Mali, et du Songhaï, qui égalaient, en puissance, leurs lointains voisins arabes et européens, avec lesquels ils entretenaient des relations suivies. Leurs monarques étaient, d'ailleurs, sur bien des plans, en avance sur leur temps :

Soundiata Kéita fit adopter, au 13ème siècle, une charte des droits de l'homme et du citoyen, la fameuse charte de Kouroukan Fouga, dont l'article 16 stipulait, déjà, que «  les femmes, en plus de leurs occupations quotidiennes, doivent être associées à tous nos gouvernements ». 

Aboubekr II entreprit de traverser l'Atlantique et de rallier l'Amérique, bien avant Christophe Colomb, comme le rapporte l'auteur égyptien du 13ème siècle Al-Omary.
Mohamed Aboubakr créa, dès le 16ème siècle, une armée de métier et un ministère de… l'intégration pour les étrangers, arabes et européens, qui venaient dans le pays.


Il y eut, justement, parmi ces étrangers, un voyageur français, du nom de René Caillié. En route pour Tombouctou, il fit une halte à Djenné, le 11 mars 1828, et découvrit, en même temps que l'hospitalité du lieu, l'histoire de cette île, dont le fondateur, le sultan Konboro, s'était converti à l'islam, au douzième siècle. Il avait, à cette occasion, demandé, expressément, aux oulémas, les docteurs de la loi, de prier Dieu d'accorder au moins deux choses à sa ville.

La première : « Que, celui qui, chassé de son pays par l'indigence et la misère, viendrait habiter cette ville, y trouvât en échange, grâce à Dieu, abondance et richesse, de façon qu'il oubliât son ancienne  ». Et la seconde, encore plus étonnante : « Que la ville fut peuplée d'un nombre d'étrangers supérieur à celui de ses nationaux ».
Ce n'est pas aujourd'hui qu'on entendrait ça !!!


Par Serge BILIE

 
 
 

lundi 8 octobre 2007

Le test ADN de la loi sur l'immigration dénoncé en Afrique - Par Nick Tattersall

DAKAR (Reuters) - Le projet de loi français sur l'immigration, qui autorise le recours aux tests ADN dans le cadre du regroupement familial, ne contribue pas à faire remonter la cote de Nicolas Sarkozy en Afrique de l'Ouest, d'où provient une grande partie des immigrés de l'Hexagone.

Nombreux sont les Africains qui voient dans cette initiative une nouvelle preuve d'un racisme qui serait solidement enraciné dans les mentalités de l'ancienne puissance coloniale.

Ils soulignent que le texte, voté vendredi matin par le Sénat français dans une version édulcorée, prend en compte une notion bien étriquée de la famille, peu conforme à la tradition africaine où la cellule familiale comporte aussi bien les oncles, les tantes que les cousins éloignés.

"Cette loi s'inscrit dans la surenchère législative de la droite et particulièrement du nouveau président qui fait, depuis quelques années, de la stigmatisation des immigrés un axe principal de sa politique. On veut nous faire croire que ce sont les étrangers qui sont la base de tous les problèmes des Français", estime Géraud Ahouandjinou, un Béninois qui vit dans la banlieue parisienne.

"Je suis scandalisé que l'éthique prescrite pour les Français ne soit pas de rigueur pour les étrangers. En outre, (puisque) ce n'est pas l'ADN qui définit le champ familial en France, pourquoi cette définition strictement génétique devrait-elle s'appliquer à des populations dont la culture impose une conception très large de la famille?", ajoute-t-il.

Lorsque Nicolas Sarkozy a été élu à l'Elysée en mai dernier, les dirigeants africains n'ont pas attendu pour le féliciter, heureux notamment des promesses du nouveau président sur une plus grande transparence dans les relations entre la France et ses anciennes colonies.

"CLIMAT DE SUSPICION"

Mais l'homme de la rue s'est montré plus réservé, voire sceptique, gardant notamment à l'esprit les "charters" d'immigrés clandestins renvoyés de force dans leur pays alors que Sarkozy était ministre de l'Intérieur.

Un discours prononcé en juillet dernier au Sénégal, dans lequel le nouveau président dénonçait le colonialisme mais disait que l'Afrique avait aussi "sa part de responsabilité dans son malheur", est également resté dans les esprits.

"L'inflation des lois sur l'immigration favorise un climat de suspicion totalement délétère, accentué par les actes et manifestations vexatoires et stigmatisantes qui concourent de plus en plus à considérer les Africains comme indésirables en France et en Europe", déclare Alioune Tine, qui dirige à Dakar le groupe de défense des droits de l'homme RADDHO.

Pour le président sénégalais Abdoulaye Wade, "s'il est vrai que chaque pays est libre d'adopter les mesures qu'il veut imposer à l'entrée des étrangers sur son territoire, la pratique de l'ADN est une violation de la liberté individuelle, une atteinte à l'intégrité physique, sans que l'on soit sûr qu'elle n'est pas exempte d'erreur".

"Il vaut mieux demander purement et simplement à quelqu'un de ne pas entrer dans le territoire national que de le soumettre à des opérations qui portent atteinte à cette liberté", a-t-il dit cette semaine lors d'une conférence de presse.

Le projet de loi, qui doit maintenant passer à l'Assemblée nationale puis en commission mixte paritaire Assemblée-Sénat, suscite également de vives critiques en France.

Le Parti socialiste a annoncé qu'il demanderait le retrait de l'article sur les tests ADN devant la commission mixte paritaire et qu'il l'attaquerait devant le Conseil constitutionnel s'il était définitivement voté.

Selon un sondage CSA publié vendredi dans Le Parisien, les Français sont partagés sur les tests ADN - 47% jugent qu'il s'agit d'une bonne chose, 45% sont d'un avis contraire.