mercredi 30 avril 2008

Quatrième mandat d'arrêt de la CPI dans la situation en RDC - La FIDH et ses ligues congolaises déçues par la portée limitée des enquêtes de la Cour pénale internationale


Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH)
République démocratique du Congo (RDC)
Association africaine des droits de l'homme (ASADHO)
Ligue des électeurs
Groupe Lotus (LE)


Communiqué

RDC/CPI

Quatrième mandat d'arrêt de la CPI dans la situation en RDC

La FIDH et ses ligues congolaises déçues par la portée limitée des enquêtes de la

Cour pénale internationale

Kinshasa, Paris, La Haye – le 30 avril 2008 - La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme et ses organisations membres en République démocratique du Congo (RDC), l'Association africaine des droits de l'homme (ASADHO), la Ligue des électeurs et le Groupe Lotus, se félicitent que le mandat d'arrêt délivré en août 2006 à l'encontre de Bosco Ntaganda par la Cour pénale internationale (CPI) ait été rendu public hier1 et appellent tous les Etats parties à agir pour faciliter l'arrestation et la remise de Ntaganda à la CPI, dans les plus brefs délais.

Nos organisations demeurent cependant déçues que les seules charges de recrutement, conscription et utilisation d'enfants soldats aient été retenues contre Bosco Ntaganda alors que de nombreux autres crimes internationaux ont été commis, imputables aux Forces Patriotiques pour la Libération du Congo (FPLC), une milice qui était active en Ituri (Province orientale) et dont Bosco Ntaganda était le chef d'état-major général adjoint responsable des opérations militaires.

Les FPLC auraient agi conjointement avec l'Union de Patriotes Congolais (UPC), dont elles étaient la branche militaire. Contrairement à Thomas Lubanga, chef de l'UPC, remis à la CPI en mars 2006, Bosco Ntaganda est toujours en liberté.

D'après les informations révélées par la Cour, Ntaganda continuerait à être impliqué dans la commission de crimes en RDC, et plus particulièrement dans la province du Nord Kivu, au sein du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), un groupé armé agissant sous le commandement de Laurent Nkunda. Le CNDP serait responsable de « crimes graves commis dans les deux provinces du Kivu – y compris des crimes sexuels d'une cruauté indescriptible ».2

La FIDH et ses trois ligues membres en RDC espèrent que la levée des scellés sur ce mandat d'arrêt contribuera à la prévention des crimes perpétrés dans les Kivus. Elles appellent à son arrestation immédiate.

Néanmoins, la FIDH et ses ligues membres en RDC regrettent fortement que, comme Lubanga, Ntaganda soit poursuivi pour les seules charges de recrutement, conscription et utilisation d'enfants soldats. Nos organisations ont appelé à de nombreuses reprises le Procureur de la CPI à élargir le champ de ses enquêtes, afin de faire en sorte que les enquêtes et les poursuites de la CPI soient représentatives des crimes commis en Ituri.3

La FIDH et ses ligues membres rappellent qu'en juin 2006, le Procureur de la CPI expliquait sa décision de suspendre temporairement les enquêtes sur d'autres crimes commis par Thomas Lubanga, notamment par un manque de temps pour mener à bien les enquêtes supplémentaires nécessaires à la collecte de preuves, dans les délais imposés par la Cour.4 Nos organisations considèrent que ces arguments ne peuvent s'appliquer à l'affaire Ntaganda, puisque le suspect n'a toujours pas été remis à la CPI. Elles rappellent qu'il existe de nombreux éléments de preuve sur la commission d'autres crimes par l'UPC/FPLC.5

Aussi, la FIDH et ses ligues membres en RDC appellent le Bureau du Procureur de la CPI à reprendre les enquêtes afin d'élargir les charges à l'encontre de Bosco Ntaganda. Le choix des charges doit être conforme à l'entière réalité des crimes qui ont été perpétrés en Ituri. La portée limitée des enquêtes de la CPI risque d'entraîner la décrédibilisation des actions de la Cour sur le terrain et de contribuer au découragement des victimes.


1Communiqué de presse de la CPI, « Levée des scellés sur le mandat d'arrêt à l'encontre de Bosco NTAGANDA », 29 avril 2008, http://www.icc-cpi.int/press/pressreleases/362.html

2Communiqué de presse du Bureau du Procureur de la CPI, « RDC : levée des scellés sur le mandat d'arrêt délivré par la CPI à l'encontre de Bosco NTAGANDA », 29 avril 2008, http://www.icc-cpi.int/press/pressreleases/363.html&l=fr

3Communiqués de presse de la FIDH et de ses ligues en RDC : « Mathieu Ngudjolo Chui arrêté par la Cour pénale internationale (CPI) : le Procureur de la CPI doit élargir le champ de ses enquêtes », 7 février 2008, http://www.fidh.org/spip.php?article5188 ; « Une deuxième affaire devant la CPI dans le cadre de la situation en RDC : le transfert de Germain Katanga à la Haye ». 19 octobre 2007, http://www.fidh.org/spip.php?article4803 ; « Thomas Lubanga Dyilo est renvoyé en jugement : le premier procès de la CPI se prépare », 29 janvier 2007, http://www.fidh.org/spip.php?article3983 ; « Ouverture de l'audience de confirmation des charges contre Thomas Lubanga Dyilo : l'espoir d'un premier procès », 9 novembre 2006, http://www.fidh.org/spip.php?article3795

4Dans ce document, le Procureur de la CPI expliquait que : « Compte tenu de la date de l'audience de confirmation des charges et du calendrier de la Chambre préliminaire, la décision du Procureur se fonde sur le fait que les possibilités actuelles d'enquêter sur d'autres crimes sont limitées, ce qui rend impossible de compléter la collecte de preuves nécessaire pour amender les charges dans les délais imposés par le Statut » (Traduction non officielle), « Prosecutor's Information on Further Investigation » du 28 juin 2006, ICC-CPI-01-04/01-06- 170, http://www.icc-cpi.int/library/cases/ICC-01-04-01-06-170_English.pdf, § 8

5« Le Commandant Bosco Ntaganda est accusé par des témoins et des plaignants de graves violations des droits de l'Homme. Il existe plusieurs dossiers à charge contre lui concernant des cas d'exécutions sommaires de deux personnes à Bunia en mars 2003, d'enlèvements, de viols, d'exactions contre les populations civiles [...] », Communiqué de presse de l'ONU « R.D. du Congo : poursuites d'attaques de l'UPC sur la Mission de l'ONU mais arrivée des magistrats à Bunia », 23 janvier 2004, http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=7173&Cr=Congo&Cr1. Voir également : Lettre ouverte de plusieurs ONG à M. Luis Moreno Ocampo, Procureur de la Cour pénale internationale, 2 août 2006, http://www.fidh.org/spip.php?article3525

--  Gaël Grilhot  Responsable du service de presse  Press Office Director  FIDH 17 passage de la main d'or  75011 Paris  France tel : 00 33 1 43 55 90 19  fax : 00 33 1 43 55 18 80 mailto:ggrilhot@fidh.org  http://www.fidh.org 

lundi 28 avril 2008

"La conscience historique africaine", ouvrage collectif dirigé par Babacar Mbaye DIOP et Doudou DIENG vient de paraître aux éditions L'Harmattan et sera disponible en Librairie dès la première quizaine du mois de mai.

Bonjour Afrique plurielle,
 
j'ai le plaisir de vous annoncer que "La conscience historique africaine", ouvrage collectif dirigé par Babacar Mbaye DIOP et Doudou DIENG vient de paraître aux éditions L'Harmattan et sera disponible en Librairie dès la première quizaine du mois de mai. Veuillez voir en fichier attaché  la maquette de la quatrième de couverture. Cet ouvrage fait suite aux actes du colloque qui a eu lieu à l'Université de Rouen du 05 au 06 avril  2055 et dont nous avions eu la chance de recevoir Théophile Obenga.
Les auteurs : Bwemba Bong, Momar Mbaye, Bernard Zongo, Cheikh Mbacké Diop, Babacar Mbaye Diop, Babacar Sall, Aboubacry Moussa Lam, Doudou Dieng, Jean Paul Mbélek, Cheikh Moctar Ba, Théophile Obenga.
Vous pouvez contacter les auteurs aux adresses suivantes : diop13@...  ;  doudoudien@...
 
 

mercredi 23 avril 2008

AIME CESAIRE: Lettre à Thorez

Aimé Césaire, Député de la Martinique,

à Maurice Thorez, Secrétaire Général du Parti Communiste Français.

Maurice Thorez,

Il me serait facile d’articuler tant à l’égard du Parti Communiste Français qu’à l’égard du Communisme International tel qu’il est patronné par l’Union Soviétique, une longue liste de griefs ou de désaccords.

La moisson a été particulièrement riche ces derniers temps et les révélations de Khrouchtchev sur Staline sont telles qu’elles ont plongé, ou du moins, je l’espère, tous ceux qui ont, à quelque degré que ce soit, participé à l’action communiste dans un abîme de stupeur, de douleur et de honte.

Oui, ces morts, ces torturés, ces suppliciés, ni les réhabilitations posthumes, ni les funérailles nationales, ni les discours officiels ne prévaudront contre eux. Ils ne sont pas de ceux dont on conjure le spectre par quelque phrase mécanique.

Désormais leur visage apparaît en filigrane dans la pâte même du système, comme l’obsession de notre échec et de notre humiliation.

Et bien entendu, ce n’est pas l’attitude du Parti Communiste Français, telle qu’elle a été définie en son XIVe Congrès, attitude qui semble avant tout avoir été dictée par le dérisoire souci des dirigeants de ne pas perdre la face, qui aura permis de dissiper le malaise et obtenu que cesse de s’ulcérer et de saigner au plus vif de nos consciences une blessure.

Les faits sont là, massifs.

Je cite pêle-mêle : les précisions données par Khrouchtchev sur les méthodes de Staline ; la vraie nature des rapports entre le pouvoir de l’Etat et la classe ouvrière dans trop de démocraties populaires, rapports qui nous font croire à l’existence dans ces pays d’un véritable capitalisme d’Etat exploitant la classe ouvrière de manière pas très différente de la manière dont on en use avec la classe ouvrière dans les pays capitalistes ; la conception généralement admise dans les partis communistes de type stalinien des relations entre états et partis frères, témoin le tombereau d’injures déversées pendant cinq ans sur la Yougoslavie coupable d’avoir affirmé sa volonté d’indépendance ; le manque de signes positifs indiquant la volonté du Parti Communiste Russe et de l’Etat soviétique d’accorder leur indépendance aux autres partis communistes et aux autres états socialistes ; ou alors le manque de hâte des partis non russes et singulièrement du Parti Communiste Français à s’emparer de cette offre et à affirmer leur indépendance à l’égard de la Russie ; tout cela nous autorise à dire que – exception faite pour la Yougoslavie – dans de nombreux pays d’Europe, et au nom du Socialisme, des bureaucraties coupées du peuple, des bureaucraties usurpatrices et dont il est maintenant prouvé qu’il n’y a rien à attendre, ont réussi la piteuse merveille de transformer en cauchemar ce que l’humanité a pendant longtemps caressé comme un rêve : le Socialisme.

Quant au Parti Communiste Français, on n’a pas pu ne pas être frappé par sa répugnance à s’engager dans les voies de la déstalinisation ; sa mauvaise volonté à condamner Staline et les méthodes qui l’ont conduit au crime ; son inaltérable satisfaction de soi ; son refus de renoncer pour sa part et en ce qui le concerne aux méthodes antidémocratiques chères à Staline ; bref par tout cela qui nous autorise à parler d’un stalinisme français qui a la vie plus dure que Staline lui,même et qui, on peut le conjecturer, aurait produit en France les mêmes catastrophiques effets qu’en Russie, si le hasard avait permis qu’en France il s’installât au pouvoir.

Ici comment taire notre déception ?

Il est très vrai de dire qu’au lendemain du rapport Khrouchtchev nous avons tressailli d’espérance.

On attendait du Parti Communiste Français une autocritique probe ; une désolidarisation d’avec le crime qui le disculpât ; pas un reniement, mais un nouveau et solennel départ ; quelque chose comme le Parti Communiste fondé une seconde fois... Au lieu qu’au Havre, nous n’avons vu qu’entêtement dans l’erreur ; persévérance dans le mensonge ; absurde prétention de ne s’être jamais trompé ; bref chez des pontifes plus que jamais pontifiant, une incapacité sénile à se déprendre de soi même pour se hausser au niveau de l’événement et toutes les ruses puériles d’un orgueil sacerdotal aux abois.

Quoi ! Tous les partis communistes bougent. Italie. Pologne. Hongrie. Chine. Et le parti français, au milieu du tourbillon général, se contemple lui, même et se dit satisfait. Jamais je n’ai eu autant conscience d’un tel retard historique affligeant un grand peuple...
Mais, quelque grave que soit ce grief – et à lui seul très suffisant car faillite d’un idéal et illustration pathétique de l’échec de toute une génération – je veux ajouter un certain nombre de considérations se rapportant à ma qualité d’homme de couleur.

Disons d’un mot : qu’à la lumière des événements (et réflexion faite sur les pratiques honteuses de l’antisémitisme qui ont eu cours et continuent encore semble-t-il à avoir cours dans des pays qui se réclament du socialisme), j’ai acquis la conviction que nos voies et celles du communisme tel qu’il est mis en pratique, ne se confondent pas purement et simplement ; qu’elles ne peuvent pas se confondre purement et simplement.

Un fait à mes yeux capital est celui-ci : que nous, hommes de couleur, en ce moment précis de l’évolution historique, avons, dans notre conscience, pris possession de tout le champ de notre singularité et que nous sommes prêts à assumer sur tous les plans et dans tous les domaines les responsabilités qui découlent de cette prise de conscience.

Singularité de notre « situation dans le monde » qui ne se confond avec nulle autre.

Singularité de nos problèmes qui ne se ramènent à nul autre problème.

Singularité de notre histoire coupée de terribles avatars qui n’appartiennent qu’à elle.

Singularité de notre culture que nous voulons vivre de manière de plus en plus réelle.

Qu’en résulte-t-il, sinon que nos voies vers l’avenir, je dis toutes nos voies, la voie politique comme la voie culturelle, ne sont pas toutes faites ; qu’elles sont à découvrir, et que les soins de cette découverte ne regardent que nous ? C’est assez dire que nous sommes convaincus que nos questions, ou si l’on veut la question coloniale, ne peut pas être traitée comme une partie d’un ensemble plus important, une partie sur laquelle d’autres pourront transiger ou passer tel compromis qu’il leur semblera juste de passer eu égard à une situation générale qu’ils auront seuls à apprécier.

Ici il est clair que je fais allusion au vote du Parti Communiste Français sur l’Algérie, vote par lequel le parti accordait au gouvernement Guy Mollet Lacoste les pleins pouvoirs pour sa politique en Afrique du Nord – éventualité dont nous n’avons aucune garantie qu’elle ne puisse se renouveler. En tout cas, il est constant que notre lutte, la lutte des peuples coloniaux contre le colonialisme, la lutte des peuples de couleur contre le racisme est beaucoup plus complexe – que dis-je, d’une tout autre nature que la lutte de l’ouvrier français contre le capitalisme français et ne saurait en aucune manière, être considérée comme une partie, un fragment de cette lutte.

Je me suis souvent posé la question de savoir si dans des sociétés comme les nôtres, rurales comme elles sont, les sociétés de paysannerie, où la classe ouvrière est infime et où par contre, les classes moyennes ont une importance politique sans rapport avec leur importance numérique réelle, les conditions politiques et sociales permettaient dans le contexte actuel, une action efficace d’organisations communistes agissant isolément (à plus forte raison d’organisations communistes fédérées ou inféodées au parti communiste de la métropole) et si, au lieu de rejeter à priori et au nom d’une idéologie exclusive, des hommes pourtant honnêtes et foncièrement anticolonialistes, il n’y avait pas plutôt lieu de rechercher une forme d’organisation aussi large et souple que possible, une forme d’organisation susceptible de donner élan au plus grand nombre, plutôt qu’à caporaliser un petit nombre. Une forme d’organisation où les marxistes seraient non pas noyés, mais où ils joueraient leur rôle de levain, d’inspirateur, d’orienteur et non celui qu’à présent ils jouent objectivement, de diviseurs des forces populaires.

L’impasse où nous sommes aujourd’hui aux Antilles, malgré nos succès électoraux, me paraît trancher la question : j’opte pour le plus large contre le plus étroit ; pour le mouvement qui nous met au coude à coude avec les autres et contre celui qui nous laisse entre nous ; pour celui qui rassemble les énergies contre celui qui les divise en chapelles, en sectes, en églises ; pour celui qui libère l’énergie créatrice des masses contre celui qui la canalise et finalement la stérilise.

En Europe, l’unité des forces de gauche est à l’ordre du jour ; les morceaux disjoints du mouvement progressiste tendent à se ressouder, et nul doute que ce mouvement d’unité deviendrait irrésistible si du côté des partis communistes staliniens, on se décidait à jeter par dessus bord tout l’impedimenta des préjugés, des habitudes et des méthodes hérités de Staline.

Nul doute que dans ce cas, toute raison, mieux, tout prétexte de bouder l’unité serait enlevé à ceux qui dans les autres partis de gauche ne veulent pas de l’unité, et que de ce fait les adversaires de l’unité se trouveraient isolés et réduits à l’impuissance.

Et alors, comment dans notre pays, où le plus souvent, la division est artificielle, venue du dehors, branchée qu’elle est sur les divisions européennes abusivement transplantées dans nos politiques locales, comment ne serions-nous pas décidés à sacrifier tout, je dis tout le secondaire, pour retrouver l’essentiel ; cette unité avec des frères, avec des camarades qui est le rempart de notre force et le gage de notre confiance en l’avenir.

D’ailleurs, ici, c’est la vie elle-même qui tranche. Voyez donc le grand souffle d’unité qui passe sur tous les pays noirs ! Voyez comme, çà et là, se remaille le tissu rompu ! C’est que l’expérience, une expérience durement acquise, nous a enseigné qu’il n’y a à notre disposition qu’une arme, une seule efficace, une seule non ébréchée : l’arme de l’unité, l’arme du rassemblement anticolonialiste de toutes les volontés, et que le temps de notre dispersion au gré du clivage des partis métropolitains est aussi le temps de notre faiblesse et de nos défaites.

Pour ma part, je crois que les peuples noirs sont riches d’énergie, de passion qu’il ne leur manque ni vigueur, ni imagination mais que ces forces ne peuvent que s’étioler dans des organisations qui ne leur sont pas propres, faites pour eux, faites par eux et adaptées à des fins qu’eux seuls peuvent déterminer.

Paternalisme et fraternalisme

Ce n’est pas volonté de se battre seul et dédain de toute alliance. C’est volonté de ne pas confondre alliance et subordination. Solidarité et démission. Or c’est là très exactement de quoi nous menacent quelques uns des défauts très apparents que nous constatons chez les membres du Parti Communiste Français : leur assimilationisme invétéré ; leur chauvinisme inconscient ; leur conviction passablement primaire – qu’ils partagent avec les bourgeois européens – de la supériorité omnilatérale de l’Occident ; leur croyance que l’évolution telle qu’elle s’est opérée en Europe est la seule possible ; la seule désirable ; qu’elle est celle par laquelle le monde entier devra passer ; pour tout dire, leur croyance rarement avouée, mais réelle, à la civilisation avec un grand C ; au progrès avec un grand P (témoin leur hostilité à ce qu’ils appellent avec dédain le « relativisme culturel », tous défauts qui bien entendu culminent dans la gent littéraire qui à propos de tout et de rien dogmatise au nom du parti).

Il faut dire en passant que les communistes français ont été à bonne école. Celle de Staline. Et Staline est bel et bien celui qui a ré introduit dans la pensée socialiste, la notion de peuples « avancés » et de peuples « attardés ». Et s’il parle du devoir du peuple avancé (en l’espèce les Grands Russes) d’aider les peuples arriérés à rattraper leur retard, je ne sache pas que le paternalisme colonialiste proclame une autre prétention.

Dans le cas de Staline et de ses sectateurs, ce n’est peut-être pas de paternalisme qu’il s’agit. Mais c’est à coup sûr de quelque chose qui lui ressemble à s’y méprendre.
Inventons le mot : c’est du « fraternalisme ».

Car il s’agit bel et bien d’un frère, d’un grand frère qui, imbu de sa supériorité et sûr de son expérience, vous prend la main (d’une main hélas ! parfois rude) pour vous conduire sur la route où il sait se trouver la Raison et le Progrès.

Or c’est très exactement ce dont nous ne voulons pas. Ce dont nous ne voulons plus.

Nous voulons que nos sociétés s’élèvent à un degré supérieur de développement, mais d’ elles-mêmes, par croissance interne, par nécessité intérieure, par progrès organique, sans que rien d’extérieur vienne gauchir cette croissance, ou l’altérer ou la compromettre.

Dans ces conditions on comprend que nous ne puissions donner à personne délégation pour penser pour nous ; délégation pour chercher pour nous ; que nous ne puissions désormais accepter que qui que ce soit, fût-ce le meilleur de nos amis, se porte fort pour nous. Si le but de toute politique progressiste est de rendre un jour leur liberté aux peuples colonisés, au moins faut-il que l’action quotidienne des partis progressistes n’entre pas en contradiction avec la fin recherchée et ne détruise pas tous les jours les bases mêmes, les bases organisationnelles comme les bases psychologiques de cette future liberté, lesquelles se ramènent à un seul postulat : le droit à l’initiative.

Je crois en avoir assez dit pour faire comprendre que ce n’est ni le marxisme ni le communisme que je renie, que c’est l’usage que certains ont fait du marxisme et du communisme que je réprouve. Que ce que je veux, c’est que marxisme et communisme soient mis au service des peuples noirs, et non les peuples noirs au service du marxisme et du communisme. Que la doctrine et le mouvement soient faits pour les hommes, non les hommes pour la doctrine ou pour le mouvement. Et bien entendu cela n’est pas valable pour les seuls communistes. Et si j’étais chrétien ou musulman, je dirais la même chose. Qu’aucune doctrine ne vaut que repensée par nous, que repensée pour nous, que convertie à nous. Cela a l’air d’aller de soi. Et pourtant dans les faits cela ne va pas de soi.

Et c’est ici une véritable révolution copernicienne qu’il faut imposer, tant est enracinée en Europe, et dans tous les partis, et dans tous les domaines, de l’extrême droite à l’extrême gauche, l’habitude de faire pour nous, l’habitude de disposer pour nous, l’habitude de penser pour nous, bref l’habitude de nous contester ce droit à l’initiative dont je parlais tout à l’heure et qui est, en définitive, le droit à la personnalité.

C’est sans doute là l’essentiel de l’affaire.

Il existe un communisme chinois. Sans très bien le connaître, j’ai à son égard un préjugé des plus favorables. Et j’attends de lui qu’il ne verse pas dans les monstrueuses erreurs qui ont défiguré le communisme européen. Mais il m’intéresserait aussi et plus encore, de voir éclore et s’épanouir la variété africaine du communisme. Il nous proposerait sans doute des variantes utiles, précieuses, originales et nos vieilles sagesses nuanceraient, j’en suis sûr, ou compléteraient bien des points de la doctrine.

Mais je dis qu’il n’y aura jamais de variante africaine, ou malgache, ou antillaise du communisme, parce que le communisme français trouve plus commode de nous imposer la sienne. Qu’il n’y aura jamais de communisme africain, malgache ou antillais, parce que le Parti Communiste Français pense ses devoirs envers les peuples coloniaux en termes de magistère à exercer, et que l’anticolonialisme même des communistes français porte encore les stigmates de ce colonialisme qu’il combat. Ou encore, ce qui revient au même, qu’il n’y aura pas de communisme propre à chacun des pays coloniaux qui dépendent de la France, tant que les bureaux de la rue Saint- Georges, les bureaux de la section coloniale du Parti Communiste Français, ce parfait pendant du Ministère de la rue Oudinot, persisteront à penser à nos pays comme à terres de missions ou pays sous mandat. Pour revenir à notre propos, l’époque que nous vivons est sous le signe d’un double échec : l’un évident, depuis longtemps, celui du capitalisme. Mais aussi l’autre, celui, effroyable, de ce que pendant trop longtemps nous avons pris pour du socialisme ce qui n’était que du stalinisme. Le résultat est qu’à l’heure actuelle le monde est dans l’impasse.

Cela ne peut signifier qu’une chose : non pas qu’il n’y a pas de route pour en sortir, mais que l’heure est venue d’abandonner toutes les vieilles routes. Celles qui ont mené à l’imposture, à la tyrannie, au crime.

C’est assez dire que pour notre part, nous ne voulons plus nous contenter d’assister à la politique des autres. Au piétinement des autres. Aux combinaisons des autres. Aux rafistolages de consciences ou a la casuistique des autres.

L’heure de nous mêmes a sonné.

Et ce que je viens de dire des nègres n’est pas valable que pour les nègres. Oui tout peut encore être sauvé, tout, même le pseudo socialisme installé çà et là en Europe par Staline, à condition que l’initiative soit rendue aux peuples qui jusqu’id n’ont fait que la subir ; à condition que le pouvoir descende et s’enracine dans le peuple, et je ne cache pas que la fermentation qui se produit à l’heure actuelle en Pologne, par exemple, me remplit de joie et d’espoir.

Ici que l’on me permette de penser plus particulièrement à mon malheureux pays : la Martinique.

J’y pense pour constater que le Parti Communiste Français est dans l’incapacité absolue de lui offrir une quelconque perspective qui soit autre chose qu’utopique ; que le Parti Communiste Français ne s’est jamais soucié de lui en offrir ; qu’il n’a jamais pensé à nous qu’en fonction d’une stratégie mondiale au demeurant déroutante.

J’y pense pour constater que le communisme a achevé de lui passer autour du cou le noeud coulant de l’assimilation ; que le communisme a achevé de l’isoler dans le bassin caraïbe ; qu’il a achevé de le plonger dans une manière de ghetto insulaire ; qu’il a achevé de le couper des autres pays antillais dont l’expérience pourrait lui être à la fois instructive et fructueuse (car ils ont les mêmes problèmes que nous et leur évolution démocratique est impétueuse) : que le communisme enfin, a achevé de nous couper de l’Afrique Noire dont l’évolution se dessine désormais à contre-sens de la nôtre. Et pourtant cette Afrique Noire, la mère de notre culture et de notre civilisation antillaise, c’est d’elle que j’attends la régénération des Antilles, pas de l’Europe qui ne peut que parfaire notre aliénation, mais de l’Afrique qui seule peut revitaliser, repersonnaliser les Antilles.

Je sais bien. On nous offre en échange la solidarité avec le peuple français ; avec le prolétariat français, et à travers le communisme, avec les prolétariats mondiaux. Je ne nie pas ces réalités. Mais je ne veux pas ériger ces solidarités en métaphysique. Il n’y a pas d’alliés de droit divin. Il y a des alliés que nous impose le lieu, le moment et la nature des choses. Et si l’alliance avec le prolétariat français est exclusive, si elle tend à nous faire oublier ou contrarier d’autres alliances nécessaires et naturelles, légitimes et fécondantes, si le communisme saccage nos amitiés les plus vivifiantes, celle qui nous unit à l’Afrique, alors je dis que le communisme nous a rendu un bien mauvais service en nous faisant troquer la Fraternité vivante contre ce qui risque d’apparaître comme la plus froide des abstractions. Je préviens une objection. Provincialisme ? Non pas. Je ne m’enterre pas dans un particularisme étroit. Mais je ne veux pas non plus me perdre dans un universalisme décharné.

Il y a deux manières de se perde : par ségrégation murée dans le particulier ou par dilution dans l’ « universel ».

Ma conception de l’universel est celle d’un universel riche de tout le particulier, riche de tous les particuliers, approfondissement et coexistence de tous les particuliers. Alors ? Alors il nous faudra avoir la patience de reprendre l’ouvrage, la force de refaire ce qui a été défait ; la force d’inventer au lieu de suivre ; la force « d’inventer » notre route et de la débarrasser des formes toutes faites, des formes pétrifiées qui l’obstruent. En bref, nous considérons désormais comme notre devoir de conjuguer nos efforts à ceux de tous les hommes épris de justice et de vérité pour bâtir des organisations susceptibles d’aider de manière probe et efficace les peuples noirs dans leur lutte pour aujourd’hui et pour demain : lutte pour la justice ; lutte pour la culture ; lutte pour la dignité et la liberté ; des organisations capables en un mot de les préparer dans tous les domaines à assumer de manière autonome les lourdes responsabilités que l’histoire en ce moment même fait peser si lourdement sur leurs épaules.

Dans ces conditions, je vous prie de recevoir ma démission de membre du Parti Communiste Français.

Aimé Césaire, Paris, le 24 octobre 1956

AIME CESAIRE et ... les CONmunistes

Chères lectrices
Chers lecteurs
Nous avons la douleur de vous présenter aujourd'hui ... en ce moment de deuil ...
un texte très sombre sur l'auteur de

'' Discours sur le colonialisme ''




 
 
 
"Aimé Césaire : la fin d'un ethno-différentialiste"
 
 

Aimé Césaire est mort. Tous les représentants de l'Etat français saluent le... "combattant anticolonialiste", qui a droit aux "obsèques nationales".

Une chose tout à fait logique : Aimé Césaire a été l'un des grands théoriciens ethno-différentialistes, expliquant que les "hommes de couleur" étaient différents et devaient se chercher eux-mêmes, et non le communisme.

Et il a par conséquent été l'un des principaux artisans de la mise en place d'une bourgeoisie bureaucratique en Martinique et de la soumission de celle-ci à la France.

Il a été un des fondateurs du "Parti progressiste martiniquais", un mouvement anticommuniste dont au congrès constitutif en 1958 Césaire explique : "Le Parti Progressiste Martiniquais pourrait proposer la transformation des départements d'outre-mer en régions fédérales. Si nous faisons cela nous aurons réussi à allier notre double souci de rester liés à la France et d'être de bons martiniquais".

Voilà tout Aimé Césaire : être un "bon martiniquais" tout en restant dans le giron de l'impérialisme français, être le chantre de la "négritude" en faisant des poèmes dans la langue coloniale.

Aimé Césaire est un cadre de l'Etat français : il a fait l'École normale supérieure, il a été maire de Fort-de-France durant 56 ans, Député de la Martinique de 1945 à 1993, Président du Conseil Régional de la Martinique de 1983 à 1986, conseiller général de Fort-de-France et 1945 à 1949 et 1955 à 1970.

Il est donc fort logique que Jean-Marie Le Pen salue la mémoire d'Aimé Césaire, affirmant : "On peut être en désaccord avec les idées politiques défendues par Aimé Césaire, ou du moins certaines d'entre elles, et admirer l'écrivain et le poète, figure emblématique d'un homme de la plus grande France au service de sa cité pendant plus d'un demi-siècle." (communiqué du jeudi 17 avril 2008).

Aimé Césaire, c'est l'expression même de la capitulation, c'est l'idée comme quoi toute lutte pour la Martinique est perdue d'avance de par la force de la France et à cause de l'émigration en France (organisée d'ailleurs à grande échelle par l'Etat français, notamment dans le secteur hospitalier).

C'est l'idée comme quoi la bataille est simplement "culturelle" et pas du tout politique, c'est la mise en avant de l'idéologie bourgeoise des Lumières cachée sous un discours "anti-colonial" de pacotille comme le prouve la réalité d'aujourd'hui.

Son "Discours sur le colonialisme" de 1950, loin d'être un appel à un mouvement de libération nationale telle que la Chine en a connu et que les communistes organisaient de par le monde, est une critique typiquement social-démocrate, au point de pouvoir être mis comme texte au programme du baccalauréat français en 1998.

Césaire a été l'un des artisans de l'anticommunisme, se lançant dans une grande diatribe contre-révolutionnaire dans les années 1950 contre le "communisme international", notamment avec sa "Lettre à Maurice Thorez" qui reprend toute les calomnies et toute l'idéologie de la bourgeoisie.

Césaire, qui a naturellement soutenu Ségolène Royal à la présidentielle, y rejette la révolution mondiale pour prôner l'ethnisme, après avoir été brièvement dans les rangs communistes à la suite de la seconde guerre mondiale impérialiste.

Il dit ainsi dans cette lettre : "Il m'intéresserait aussi et plus encore, de voir éclore et s'épanouir la variété africaine du communisme. Il nous proposerait sans doute des variantes utiles, précieuses, originales et nos vieilles sagesses nuanceraient, j'en suis sûr, ou compléteraient bien des points de la doctrine."

La révolution n'est ainsi plus une affaire de classes, mais de "races" : Césaire met en avant la "singularité", le relativisme culturel.

Pour Césaire, le protagoniste n'est plus le prolétariat mondial, mais "l'homme de couleur" : "Un fait à mes yeux capital est celui-ci : que nous, hommes de couleur, en ce moment précis de l'évolution historique, avons, dans notre conscience, pris possession de tout le champ de notre singularité et que nous sommes prêts à assumer sur tous les plans et dans tous les domaines les responsabilités qui découlent de cette prise de conscience."

Si Césaire a développé une critique du chauvinisme du Parti "Communiste" Français de Thorez, sa critique est de droite ; elle est l'inverse même de la critique des communistes de Chine.

Voilà pourquoi Césaire développe dans la lettre l'anti-communisme bourgeois le plus vil : "La moisson a été particulièrement riche ces derniers temps et les révélations de Khrouchtchev sur Staline sont telles qu'elles ont plongé, ou du moins, je l'espère, tous ceux qui ont, à quelque degré que ce soit, participé à l'action communiste dans un abîme de stupeur, de douleur et de honte. Oui, ces morts, ces torturés, ces suppliciés, ni les réhabilitations posthumes, ni les funérailles nationales, ni les discours officiels ne prévaudront contre eux."

Aimé Césaire n'est pas sans rappeler une figure de la soumission comme Léopold Sédar Senghor, premier président du Sénégal de 1960 à 1980, que Césaire a connu au lycée Louis le grand à Paris (le meilleur lycée de France historiquement).

Tous deux ont joué un grand rôle dans la naissance de bourgeoisies compradores - bureaucratiques au service de l'impérialisme français, de la transformation des anciennes colonies en pays semi-coloniaux semi-féodaux, ou en "département" comme la Martinique.

La bourgeoisie compradore, c'est une bourgeoisie locale, dont l'existence est celle d'une administration pour les capitalistes de l'impérialisme, un intermédiaire au service de la domination de la nation opprimée.

Césaire a été en 1946 le rapporteur de la loi faisant des colonies de Guadeloupe, Guyane Française, Martinique et la Réunion, des Départements Français.

C'est à la lumière de ce fait que le prolétariat mondial le juge, quels que soient ses contributions artistiques à la francophonie et au délire petit-bourgeois qu'a été le "surréalisme".

Césaire, c'est l'acceptation de De Gaulle arrivant à Fort-de-France en 1946 et s'écriant "Mon dieu... Mon dieu... que vous êtes français !"

Césaire c'est la négation du mouvement de libération national martiniquais, et l'une des causes de la lenteur de l'affirmation du créole, langue méprisée, et également de son intégration parcimonieuse et institutionenlle dans le colonialisme français (1973 : inscription du créole dans le programme officiel des études de premier cycle à l'Université des Antilles et de la Guyane, 1975 : création du Comité International des Etudes Créoles, 1976 : création du Groupe d'Études et de Recherches en Espace Créolophone, 2001 : création du CAPES Créole).

Et ce n'est pas étonnant qu'en connaissance de tout cela, le "Mouvement des Indigènes de la République" saluent la mémoire de Césaire : il s'agit du même délire "différentialiste".

A l'opposé, nous communistes, saluons les peuples du monde, qui vivent leurs cultures dans l'échange et l'unité, ne formant qu'une seule humanité, guidée par le prolétariat mondial !

"Lutte de classes - certaines classes sont victorieuses, d'autres sont éliminées. Cela, c'est l'histoire, l'histoire des civilisations depuis des millénaires.

Interpréter l'histoire d'après ce point de vue, c'est ce qui s'appelle matérialisme historique ; se placer à l'opposé de ce point de vue, c'est de l'idéalisme historique." (Mao Zedong, Rejetez vos illusions et préparez-vous à la lutte).

Pour le PCMLM, avril 2008. http://www.lescommunistes.net/~infos/

mardi 22 avril 2008

Avec Dominique BOUCHER ...la STYLOGRAPHIE fait un bond qualitatif.

Chères lectrices !
chers lecteurs !
C'est avec un plaisir indescriptible que je vous propose aujourd'hui, de visIter le site web ( http://www.stylographie.fr/ ) de notre ami Dominique BOUCHER, peintre français qui, depuis quelques decénnies déjà, a abandonné le pinceau "traditionnel" pour le stylo à bille ...
eh oui le stylo à bille comme instrument de peinture.

Chères lectrices !
chers lecteurs !
Mon plaisir est d'autant plus grand qu'un 30 décembre 2002, notre ami et collègue, après m'avoir aidé à la conception et à la réalisation de mon premier site web STYLOCULTURE http://membres.lycos.fr/styloculture/ me dit quand je lui adressais mes remerciements ...
Je n'ai fait pour toi que ce que d'autre ont fait pour moi. La meilleure manière de me remercier ... c'est de participer positivement dans le projet de ton prochain...
Chères lectrices !
chers lecteurs !
Veuillez déguster sans tarder les fruits mûrs de la
S T Y L O G R A P H I E
EDITORIAL
"Stylographie montre un nouveau visage?"

Bien sûr en poussant la porte de Stylographie, vous n'aurez autour de vous aucun mur blanc, aucune cimaise ni chevalet devant lesquels s'attarder, aucun projecteur braquant les œuvres et dirigeant votre regard, ni l'opportunité de trinquer avec le peintre puisque pas de vernissage, et encore moins, dans votre visite, l'accompagnement et les avis avisés de quelque galeriste.

J'ai toujours pensé qu'une certaine hardiesse était à l'origine de ce pas qui nous fait pénétrer dans une galerie d'art, une vraie. D'abord parce que l'on vient à la rencontre d'un univers potentiellement inconnu, en conséquence intimidant, quelquefois embarrassant. Aussi parce que de cet endroit se dégage quelque chose consciemment ou non d'un lieu faisant resurgir les poncifs, étrangement antithétiques : le microcosme artistique n'est pas un monde où j'ai ma place, je préfère me réserver pour les grandes expositions

Autant d'appréhension ou de dédain, sinon davantage lorsqu'il s'agit d'une galerie virtuelle. Pléthore sur le Net, il faut bien l'avouer. Mais quand même, si vous êtes là, à lire ces quelques lignes, découvertes au hasard de la balade virtuelle ou suite à une recherche plus ou moins approfondie, il y aurait comme le témoignage de votre intérêt pour les arts en général et de la peinture en particulier, le réconfort de savoir que vous ne dédaignez guère de découvrir un nouvel univers pictural.

Aussi quel enjeu pour le peintre, cette galerie virtuelle ? Et plutôt que galerie, je me permets de proposer « atelier ». Quelle que soit la qualité, ou l'imperfection, de la reproduction des images qui sont exposées, un écran ne peut rendre compte comme de visu, réellement, du travail du peintre. L'odeur, la matière, l'espace et les dimensions, l'absence du contact direct avec l'œuvre fera de toute façon défaut. De même que la possibilité de l'échange avec le peintre.

Alors oui, atelier, dans lequel avoir un aperçu de ma peinture écrite et de mon écriture peinte, qui se veulent, et sans forfanterie, une porte entrouverte sur mon univers personnel. Une manière d'engager, d'entretenir une relation visuelle, qui pourrait ouvrir sur ou se prolonger, tôt ou tard, dans l'atelier bien réel, celui-ci, du peintre.

Puisqu'il s'agit vraiment de cela : ne pas simplement montrer et voir, mais bel et bien argumenter, visuellement parlant, autour de mon travail, de celui de quelques autres. Comme une intention, certainement pleine d'une ambition mesurée mais sans orgueil, de faire entrer dans votre esprit, dans votre cœur, sous votre toit, un peu de l'envers et du complément à cette vie matérialiste qui fait de chacun d'entre nous davantage un être humain qu'un être pourvu d'anima ou d'animus.

Dominique Boucher

Fwd: Soweto arrive au Casino de Paris

si vous ne pouvez pas lire cliquez ici
SOWETO AU CASINO DE PARIS : 25-26-27 Avril
Soweto triomphe en Guadeloupe... et bientôt à Paris.

Après la Martinique, Soweto triomphe en Guadeloupe. Spectacles à guichet fermé et standing ovation.
Prochains rendez-vous les 25, 26 et 27 avril au Casino de Paris.
En attendant, découvrez les premières vidéos…

cliquez ici
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Cette semaine
SOWETO EST AU CASINO DE PARIS

Soweto dans les médias nationaux
à partir du 21 avril : Matinales de France Inter/ Matinales de Canal+/ Le Parisien/ Télé 7jours…

dimanche 20 avril 2008

OBSEQUES DE notre bien-AIME CESAIRE

 

La France rend un hommage exceptionnel au

Photo : www.lepoint.fr

samedi 19 avril 2008

Fwd: Hommage à Aimé Césaire

L'émouvant pèlerinage des Africains chez Aimé Césaire

L'ancien maire de Fort-de-France fête ses 94 ans le 26 juin 2007. Une forte délégation sénégalaise composée d'une cinquantaine d'officiels et d'artistes débarque pour l'occasion en Martinique pour rendre hommage à celui qui fut le compagnon de route de Léopold Sedar-Senghor. Chaque année de nombreux Africains viennent ainsi voir Aimé Césaire. Plus qu'une visite, c'est un pèlerinage qui fait écho à celui que les Antillais accomplissent à Gorée.

Lire l'article

Voir le clip d'Eric Virgal, chanson hommage à Césaire

Serge Bilé

vendredi 18 avril 2008

HOMMAGE A notre bien-AIME CESAIRE

Les larmes maternelles,
Sur le tumulus de l'enfant "Semett" ,
Epluchent les ultimes fruits d'un engagement intellectuel.
 

Engagement humaniste, dés lors chancelant,
Sur la pente calcaire du destin historique.

Muraille abrupte ravivant les frissons,
Jadis engendrés par le poids du Devoir.

L'éternel questionnement existentiel
Comme une couronne macabre
Embellit la fuite des cendres cervicales.

Photo Editions du Seuil


Extase !
Vertige !
Transe !

Insoutenables collusions des pensées androgynes.
S'agripper, haletant sur les derniers remparts de la conscience du Messager.
Toiles fleuries sur les rebords glissants du Destin de l'Afrique.

Héritier! Ouvre le coffret mythique du Pharaon.
Seule, la senteur sauvage des herbes endémiques,
Sur les cimes éblouissantes de la re-Naissance,
Électrocute son Ame.

Le vent du renouveau panafricaniste aiguise la plume.
Et les ailes du pschent de l'Apôtre se redéploient.
 

Mali :Les anciens grévistes de la Mine d'or de Morila demandent justice,les dérives de l'industrie aurifère au Mali


Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH)
Association malienne des droits de l'Homme (AMDH)


Communiqué

Mali :

Les anciens grévistes de la Mine d'or de Morila demandent justice,
les dérives de l'industrie aurifère au Mali

Paris, Bamako, 18 avril 2008 – La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) et son organisation membre au Mali, l'Association malienne des droits de l'Homme (AMDH) demandent que justice soit rendue dans l'affaire des salariés abusivement licenciés de la Somadex (Société malienne d'exploitation, filiale du groupe français Bouygues-BTP).

Lundi 21 avril aura lieu au Tribunal du travail de Bamako la première audience consécutive à une requête en justice aux fins d'indemnisation déposée le 24 Janvier 2008. Dans cette procédure, 218 anciens travailleurs de la mine d'or de Morila, soutenus par la FIDH et l'AMDH en collaboration avec Avocats sans frontières-Mali (ASF), demandent leurs droits.

En 2005, ces salariés de la Somadex, chargée de l'extraction de l'or sur le site de Morila, avaient été licenciés à la suite d'une grève, au cours de laquelle ils revendiquaient principalement le versement de la prime de rendement, prévue par l'article 265 de la Convention collective de 1985 en cas de dépassement des objectifs d'exploitation. Or à Morila, au lieu des 33 tonnes initialement prévues, ce sont 83 tonnes d'or qui ont été extraites en trois ans, donnant droit aux salariés, selon les textes, à 17 milliards de Francs CFA (près de 26 millions d'euros). Après plusieurs procédures judiciaires, qui toutes ont donné raison aux salariés, la direction de la Somadex n'a accepté de verser que 500 millions de Francs CFA (environ 760 000 euros).

Par ailleurs, 9 grévistes ont été détenus pendant plus d'un an, tandis que 23 autres ont passé plus d'un mois en prison, à la suite de l'incendie de deux bus stationnés dans la cour de la gendarmerie, en violation des dispositions du Pacte international sur les droits civils et politiques, ratifié par le Mali, relatives à l'égalité de traitement devant la justice et aux droits de la défense.1 Parmi eux : essentiellement des leaders du mouvement syndical. A ce jour, ils sont toujours en liberté provisoire, dans l'attente d'un jugement.

Selon Yaya Kondé, doyen des grévistes, « les conditions de travail extrêmement difficiles, occasionnent d'importants problèmes de santé, et de nombreux accidents ».
« 
Le dernier rapport de mission de la FIDH sur ce sujet l'a bien montré,2 l'or malien, est le moins cher et le plus rentable d'Afrique, en raison notamment des exonérations fiscales, d'un code minier avantageux, de l'extraction à ciel ouvert et de salaires peu élevés. Il est inadmissible que des entreprises profitent de leur poids économique pour bafouer la législation » a déclaré Maître Brahima Koné, président de l'AMDH.

La FIDH et l'AMDH demandent à l'État malien d'assumer pleinement son rôle de puissance publique, en faisant respecter sa réglementation, et ce malgré son statut d'actionnaire minoritaire dans l'industrie extractive, afin que les travailleurs licenciés puissent rentrer dans leurs droits.

Contacts Presse : Gaël Grilhot : +33 (0)1 43 55 25 18


1 - Voir le communiqué de la FIDH et de l'AMDH du 020/08/2006 : « La FIDH et l'AMDH dénoncent l'inégalité de traitement devant la justice des détenus de Morila », http://www.fidh.org/spip.php?article3524.

2 - Rapport de mission internationale d'enquête, Septembre 2007, « Mali, L'exploitation minière et les droits humains », http://www.fidh.org/spip.php?article4709.

--  Gaël Grilhot  Responsable du service de presse  Press Office Director  FIDH 17 passage de la main d'or  75011 Paris  France tel : 00 33 1 43 55 20 78 fax : 00 33 1 43 55 18 80 mailto:ggrilhot@fidh.org  http://www.fidh.org 

Notre bien-AIME CESAIRE a rejoint cHEIKH aNTA diop ET SENghor

... Au bout de ce petit matin ... je me réveille patraque ... j'apprends que AIME CESAIRE nous a quitté ...

INVITATION vernissage / festival


L'association Les yeux dans le monde et le collectif "GD" (artistes birmans) ont le plaisir de vous inviter au :

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FESTIVAL
BIRMANIE
, rêves sous surveillance

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Expos, installations, performances, films et rencontres


Les 7 et 8 mai aux Voûtes

19, rue des Frigos (Paris 13)
M° : BNF (ligne 14 ou RER C)

Jardin, plusieurs salles d'expo
Bar et restauration sur place
Entrée libre






Festival artistique inédit en présence d'artistes performeurs birmans. Vernissage de l'exposition photographique « Birmanie, rêves sous surveillance » (2003-2007) par Manon Ott & Grégory Cohen à l'occasion de la sortie du livre aux éditions Autrement.
Invités d'honneur : Collectif "GD" (artistes birmans). Htein Lin, artiste birman de renommée internationale et ancien prisonnier politique réfugié à Londres.

Des artistes-performeurs, des photographes et des cinéastes… Chacun raconte sa propre expérience de ce pays, qu'il s'agisse de son pays d'origine ou d'un pays longuement étudié et visité. Leurs réalisations peignent un tableau de la Birmanie contemporaine, de ses tensions et ses contradictions.

Plus d'infos sur
http://www.projet-birmanie.com/



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PROGRAMME

Mercredi 7 mai (18-23H)

18h Vernissage / cocktail
Birmanie, rêves sous surveillance
Expo photo par M.Ott & G. Cohen

Lifescapes
Installation par GD (collectif d'artistes birmans)

The fly
Performance par Htein Lin

20h Morosité des temps (poésie, danse, vidéo et musique)
Performance par GD

21h Yes or No
Performance par Htein Lin


Jeudi 8 mai (14-23H)

14h - 19h Expos / Installations / Performances

19h Yu
film documentaire de M.Ott 20 min + débat

19h30 Petits aménagements avec l'Occident
film documentaire de G.Cohen 20 min + débat

20h30 Free Burma
Performance par Htein Lin

21h30
Répétitions (poésie, danse, vidéo et musique)
Performance par GD



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EDITO




Alors que l'actualité birmane est marquée par un regain de répression depuis les évènements de septembre 2007, que la junte militaire prépare en ce moment-même un « référendum » biaisé d'avance, que la Prix Nobel de la Paix - Aung San Suu Kyi - va bientôt fêter un nouvel anniversaire emprisonnée dans sa résidence de Rangoon et que le mois d'août 2008 marquera l'anniversaire du soulèvement populaire de 1988 en Birmanie, ces artistes et auteurs tentent de nous livrer un regard plus en profondeur sur ce pays méconnu.  Ils cherchent ainsi à ouvrir des débats, à donner à voir et à comprendre le quotidien sous cette dictature.

Ils s'intéressent à ceux qui résistent, à ceux qui cherchent à exploiter les marges d'expression disponibles ou à en créer. Dans un contexte de propagande, de surveillance et de censure omniprésente, l'imagination est parfois l'un des derniers échappatoires possibles ; la création, par l'utilisation des métaphores et des figures de style qu'elle permet, est une des formes les plus à même de porter des messages de résistance à l'image des spectacles des Frères Moustache (humoristes birmans) ou des textes de Ludu Sein Win (célèbre journaliste de Rangoon) dont les témoignages sont présentés au sein de l'exposition « rêves sous surveillance ». À l'image des performances du collectif GD et de Htein Lin présents lors du festival.



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Les performances, expos, installations et projections


Les performances de Htein Lin donnent à voir et à ressentir sa perception et ses sentiments quant à la situation de son pays, sa manière d'appréhender le référendum à venir mais aussi son expérience en prison avant qu'il ne soit réfugié politique en Angleterre. Certaines des performances qu'il présentera ont été conçues pendant ses années d'emprisonnement et présentées plus tard dans des galeries privées en Birmanie.  http://www.hteinlin.com/






Celles du collectif GD travaillent la « morosité des temps », ce temps qui échappe aux Birmans pris dans la répétition d'années de dictature. À partir des « maux » et des mots glanés auprès de la population en Birmanie, GD propose une série de photographies troublantes intitulée « Blessé, langage du corps ». Cette exposition cherche à refléter la fragilité de l'existence humaine tandis que l'installation Lifescapes dépeint, à l'aide de mots placardés, sur les parois, le sol et les plafonds de l'espace d'exposition, un paysage imaginaire : celui d'un état de pensée recueilli par l'artiste auprès des Birmans, des chuchotements tristes et pessimistes, parfois ironiques qui se sont glissés à son oreille.






À l'occasion de la sortie du livre « Birmanie, rêves sous surveillance », l'exposition de photographies noir et blanc de Manon Ott & Grégory Cohen présente un reportage sur la situation politique et sociale birmane qu'ils ont mené au cours de six séjours en Birmanie entre 2003 et 2007. Leurs photographies s'alternent avec des portraits accompagnés de témoignages d'opposants, d'écrivains et d'artistes birmans qui racontent comment la résistance des esprits est devenue en Birmanie une culture à la fois intime et nationale.







Enfin, les films documentaires projetés, au travers de deux portraits de réfugiés birmans vivant en France, interrogent les raisons de leur exil mais aussi leurs conditions de vie ici. Le film « Yu » (Manon Ott), sur l'histoire d'une jeune demandeuse d'asile birmane, a été sélectionné dans plusieurs festivals internationaux (Cinéma du réel 2008, FIPA 2008…). Le film « Petits aménagements avec l'Occident » (Grégory Cohen), au travers du portrait d'un moine bouddhiste birman vivant à Paris questionne la rencontre entre deux  « mondes », entre deux cultures parfois aux antipodes l'une de l'autre. Les projections seront suivies d'un débat avec les réalisateurs.








Association Les yeux dans le monde
www.lesyeuxdanslemonde.org <http://www.lesyeuxdanslemonde.org>
Projet Birmanie, rêves sous surveillance (Festival, expo et livre)
http://www.projet-birmanie.com/


Togo : L'ouverture du processus de consultations doit aboutir à la création d'une commission vérité, justice et réconciliation indépendante

Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH)
Ligue togolaise des droits de l'Homme (LTDH)

Togo : L'ouverture du processus de consultations doit aboutir à la création d'une commission vérité, justice et réconciliation indépendante

Paris, Lomé, 17 avril 2008 - La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) et son organisation membre au Togo, la Ligue togolaise des droits de l'Homme (LTDH) se félicitent de l'ouverture, le 15 avril 2008 à Lomé, du processus de consultations nationales de deux mois devant déboucher sur la mise en place d'une « Commission vérité, justice et réconciliation » et appellent les autorités togolaises à poursuivre jusqu'à son terme ce processus.

Les consultations nationales doivent permettre de recueillir les préconisations des acteurs de la société togolaise sur le mandat, les fonctions, l'organisation et la composition de la future Commission, dont la mise en place est prévue dans l'Accord politique global signé le 20 août 2006 à Lomé. Dans cette perspective et au regard des enseignements tirés du travail des autres mécanismes de justice transitionnelle en Afrique et en Amérique Latine, la FIDH et la LTDH réitèrent leur souhait de voir ce premier processus de consultation se dérouler en toute transparence et sécurité pour les personnes consultées et aboutir à une Commission vérité, justice et réconciliation avec un mandat clair et précis lui permettant de mener ses travaux sans entraves.

La FIDH et la LTDH appellent la communauté internationale à apporter son soutien à ce processus que nos organisations continueront à suivre de près, tout comme les suites qui seront données à leurs recommandations.

--  Gaël Grilhot  Responsable du service de presse  Press Office Director  FIDH 17 passage de la main d'or  75011 Paris  France tel : 00 33 1 43 55 90 19  fax : 00 33 1 43 55 18 80 mailto:ggrilhot@fidh.org  http://www.fidh.org 

mardi 15 avril 2008

Comment se porte l'université sénégalaise ...

"L'université du désordre"

Plusieurs décennies durant, elle a été perçue comme l'une des plus prestigieuses de toute l'Afrique. Elle a longtemps fait la fierté de toute une nation, tout un continent, tout un peuple. Elle a produit d'éminents cadres, ingénieurs, professeurs et chercheurs qui rivalisent de compétence dans les plus hauts centres de décision au Sénégal et partout dans le monde. Elle porte le nom de l'un des plus illustres savants que l'Afrique a vu naître. Elle, c'est l'université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Aujourd'hui, plus que jamais, cette institution est véritablement «malade». Un mal qui nécessite des remèdes de cheval. Chacune de ses facultés croupit sous la pesanteur d'une myriade de problèmes. Et l'un des plus saillants est assurément les interminables mouvements de grèves qui déteignent sérieusement sur la qualité de l'enseignement. Les cours dorment dans les tiroirs de l'oubli une bonne partie de l'année. Un semestre y dure à peine 10 semaines au lieu de 25 en temps normal. Les programmes n'y sont traités qu'à moitié. Le niveau des étudiants dégringole au fil des ans. Une chute vertigineuse aggravée par des conditions d'études d'une précarité révoltante.

A la Faculté des Sciences et Techniques, le constat est alarmant. Les laboratoires se confondent à des ateliers de forgerons. Des matériels datant de l'âge de la pierre taillée cohabitent dans des locaux d'une vétusté énervante. Les travaux dirigés et pratiques sont bâclés du fait du manque criard d'enseignants dans certains domaines. Sans oublier l'épineuse question de l'effectif qui ne cesse de croître de façon exponentielle. Un problème qui est de loin plus effarant dans les autres établissements. L'exemple le plus patent c'est évidemment la faculté des Lettres qui, conçue pour 1 200 étudiants, flirte aujourd'hui avec les 25 000. Les enseignements s'y déroulent dans une promiscuité hallucinante. Pour un cours devant démarrer à 15 heures, il faut se réserver une place à 12 heures au risque de le suivre debout, à travers les fenêtres ou à même le sol. Les examens se font dans le merdier le plus total. Une situation morose presque similaire à la faculté de Droit ou de Sciences Economiques. Il n'est donc pas étonnant d'entendre la théorie selon laquelle à l'université, la réussite est une exception tandis que l'échec est aujourd'hui érigé en règle générale. L'Ucad est en passe de devenir une superbe «garderie de futurs chômeurs», comme disait le Pr Penda Mbow.

Et la garde se faisant certainement dans un campus où la vie est à la limite clochardisée. Dans les chambres, les étudiants s'y entassent comme des sardines. Il est fréquent de trouver 6 à 8 personnes logées dans une pièce prévue pour 2. A cela, il faut ajouter les interminables et longues queues faites pour n'importe quoi. Même pour prendre une douche le matin, c'est la queue dans les toilettes. Incroyable peut-être. Mais telle est la triste réalité. Et ceci n'est que le pic de l'iceberg par rapport à tout le calvaire vécu au quotidien.

Cependant, un excès de focalisation sur ce tableau extrêmement sombre pourrait occulter d'autres réalités d'une extrême gravité. En effet, il faut bien le dire et le regretter, les étudiants nourrissent un plaisir démesuré pour l'indiscipline et la violence. De plus en plus, la future élite intellectuelle du pays est méprisée comme le plus vulgaire des «coxeurs» de la gare routière parce que reflétant une sale image. Les habitués de l'avenue Cheikh Anta Diop en savent quelque chose. Pour un oui ou pour un non, c'est la route qui est bloquée. Commence ainsi un spectacle extravagant où de malheureuses forces de l'ordre sèment un parfait désordre en balançant des grenades lacrymogènes sur une masse qui riposte par des jets de pierres. Quelques fois, c'est des bus qui sont détournés et saccagés. Et l'occasion faisant souvent le larron, certains profiteurs s'empressent de vider la caisse du receveur. D'autre part, on assiste chaque jour à de véritables attitudes irresponsables. Devant les restos comme dans les amphis, c'est des scènes de bousculades tous azimuts. A la fin de chaque mois, c'est la pagaille et le bordel devant les guichets lors du paiement des bourses.

Mais le plus regrettable, c'est que certains actes de barbaries sont en train de se développer et suscitent un faisceau d'interrogations. Comment expliquer le fait que des étudiants aillent jusqu'à séquestrer un membre du personnel administratif dans une chambre pendant 7 tours d'horloge ?

Comment qualifier ces délégués d'amicale qui, armés de barres de fer, machettes et autres armes blanches, s'adonnent au lynchage de leurs propres camarades ?

Il est donc compréhensible que certains enseignants se permettent de dresser une égalité mathématique entre les locataires du campus et le troupeau de bœufs d'un berger du Fouta. Quelle honte !!! Temple du savoir, véritable temple du désordre!!! L'enseignement supérieur au Sénégal est un vrai fiasco.

Et le plus écœurant, c'est que malgré leurs semblant d'efforts, les autorités étatiques n'en ont cure. Mais vu la conjoncture politique du pays faite de pillages, de gaspillages et de discours démagogiques, cela n'est point surprenant. Malheureusement, c'est encore le bas peuple qui va en pâtir car il va sans dire que les fils de nantis sont bien casés dans les grandes universités européennes et américaines.

Il est grand temps de s'arrêter et de se faire une profonde introspection afin d'améliorer cette situation plus que déplorable. Que chacun de nous, du plus célèbre des crânes rasés jusqu'au dernier des citoyens, essaie de restaurer certaines valeurs éthiques et morales, gage du développement d'une nation. Comme disait le plus grand physicien de tous les temps, Albert Einstein : «La meilleure chose que l'on puisse faire pour améliorer ce monde, c'est de s'améliorer soi-même.» Sinon, tant que cette crise de valeurs perdurera dans le pays, le Sénégal sombrera dans le sous-développement aussi longtemps que la terre continuera à décrire sa trajectoire elliptique autour du soleil.

Par Arouna BA
Etudiant en Physique-Chimie à l'Ucad

 

Où va l'école sénégalaise ....

"Plaidoyer pour les Assises nationales sur l'école :
Entre enjeux et paradigme de dialogue social ?"

Le sort réservé aux conclusions des Etats généraux de l'éducation et de la formation de 1981, la mise en œuvre récente d'une nouvelle réforme de l'éducation (Pdef) peuvent amener certaines personnes non averties sur les enjeux de cette Réforme, à demeurer sceptiques quand à la pertinence ou à l'opportunité de telles Assises nationales sur l'Education pour sortir l'Ecole de l'ornière. Mais au-delà des enjeux que charrie le contexte d'une économie néo-libérale mondialisée qui a un gros appétit pour l'Ecole, enjeux qu'il importe de maîtriser et de partager, la concertation nationale sur l'Ecole à travers des Assises nationales, s'avère aujourd'hui un paradigme de dialogue social et de bonne gouvernance scolaire. A l'évidence, l'Ecole est bloquée dans son fonctionnement, malade de sa gestion et dévoyée dans la vision, d'où la nécessité d'un sursaut national. C'est cela qui motive la quête permanente des syndicats d'enseignants d'une caution sociale de ce que doit être, de ce que doit faire l'Ecole, l'Enseignant. Cette légitimité sociale a toujours fait défaut à notre Ecole.

L'analyse de la situation scolaire, des crises cycliques qui traversent le système depuis 2005, révèle trois sources majeures qui agrégent la plupart des problèmes : il s'agit principalement de la Réforme néo-libérale des systèmes éducatifs en cours dans le monde et suggérée subrepticement dans les conférences mondiales sur l'Education (Jomtien 1990, Dakar 2000) avec la bénédiction des officines internationales (Bm, Fmi, Omc, Ocde). Au Sénégal, le Programme décennal de l'éducation et de la formation (Pdef), en gestation depuis 1998 suite aux engagements de la communauté internationale en faveur de la décennie de l'éducation à Jomtien, découle de cette Conférence et a été présenté contre toute attente aux bailleurs par le régime libéral qui venait d'arriver, pour validation, en mai 2000.

Cette réforme vitrine stéréotypée dans tous les pays en développement (Pddeb au Burkina, Pddse au Niger, etc.) et pour laquelle nos techniciens de l'Education à leur corps défendant, réclament à tort la paternité, en oubliant seulement qu'ils n'ont fait que remplir un cahier de charge dont l'origine de la commande les échappe, est peu ambitieuse pour le développement de notre pays. Elle est élitiste : l'élémentaire pour tous alors que le secondaire, le supérieur, le technique et le professionnel, socles des compétences sont considérés comme des stades de luxe, réservés à ceux qui ont les moyens : l'éducation de qualité doit se payer selon cette philosophie néo-libérale ; elle est utilitariste donc exclusiviste ; elle prône l'économie à partir des coûts unitaires sur le dos de l'enseignant à peine réduit à un forçat. Cette réforme est donc la matrice de toutes les turbulences constatées dans le secteur. Les conditions de travail extrêmement difficiles de cette nouvelle génération d'enseignants appelés à dessein corps émergents (Ve, Vac) parce que non répertoriés dans la nomenclature des professions des Fonctions publiques, constituent le lit de la plupart de ces crises.

La deuxième source, c'est l'absence de bonne gouvernance scolaire à tous les échelons (Etablissements, services déconcentrés, services centraux). Aujourd'hui, il faut craindre le pis-aller avec l'entrée en scène dans la contestation du corps de contrôle et d'encadrement.

La troisième source provient de la détérioration des relations partenariales entre le gouvernement et les syndicats autonomes d'enseignants et de l'absence de dialogue social permanent entre différents partenaires. En outre, il n'est pas superflu dans le cadre de ce plaidoyer pour les Assises de rappeler un principe sacro-saint de fonctionnement de la République qui consiste à gouverner par le peuple et pour le peuple. Ce principe rapporté aux politiques sectorielles comme celui du secteur sensible et stratégique de l'Education, fait de la concertation sociale un viatique. Il a fallu à la France un Débat national sur l'Ecole de toutes les composantes de la société en 2003 pour réorienter et stabiliser son système. En effet, il y a un lien dialectique entre Ecole et Société ; cette dernière secrète son Ecole et en retour, l'Ecole doit accompagner la Société dans sa trajectoire en répondant aux besoins de développement économique et social. Sous ce rapport, à la lumière de l'inadéquation Formation/Marché du travail, une des tares de notre système et au regard des déperditions scolaires, de la non prise en compte par l'Ecole de nombreux secteurs à fort potentiel de développement, la concertation nationale pour réconcilier l'Ecole et la Société est devenue une exigence des temps modernes.

Les hésitations, les tergiversations du gouvernement pour convoquer ces Assises jurent d'avec l'esprit républicain et une telle posture est d'autant plus incompréhensible que c'est là un exercice ordinaire de gouvernance et de pilotage qui devrait advenir périodiquement, au cours de l'évolution normale de l'institution scolaire, le temps d'une génération tout au moins.

L'immobilisme et l'option du gouvernement pour le pourrissement, l'attentisme des parents face à l'impasse dans laquelle se trouve le système éducatif dans son ensemble sont suicidaires pour l'école publique et pour la jeunesse de ce pays. Le gouvernement doit mesurer la gravité de la situation, se ressaisir au plus vite et fixer une date pour ces Assises.

Pour ce faire, le chef de l'Etat doit monter en première ligne en prenant un décret nommant une personnalité compétente, crédible, devant coordonner tout cela ainsi que les membres de la commission devant élaborer les termes de référence. Les groupes thématiques pourraient être alors constitués pour commencer la réflexion préalable devant déboucher sur des projets à soumettre à la plénière des Assises.

Mobilisons-nous tous pour la tenue d'Assises Nationales sur l'Ecole !

Vive une Ecole nationale démocratique populaire au service du Développement !

Par Waly Ndiaye,
Coordonnateur des revendications
- Sudes -

vendredi 11 avril 2008

France - Caraïbes /Martinique : Aimé Césaire hospitalisé à Fort-de-France

Le poète martiniquais Aimé Césaire, 94 ans, est hospitalisé depuis mercredi après-midi à Fort-de-France. Dans un communiqué rendu public jeudi, le maire de la ville Serge Letchimy a indiqué que "Monsieur Aimé Césaire, maire honoraire de Fort-de-France, a dû être hospitalisé, son état de santé nécessitant un certain nombre d'explorations", rapporte l'AFP. Ce communiqué intervient sur fond de rumeurs alarmistes sur l'état de santé du poète, chantre de la négritude au côté de Léopold Sédar Senghor, et ancien député de la Martinique et maire de Fort-de-France. Certains médias comme SenActu annonçaient vendredi matin le décès d'Aimé Césaire, ce qui n'a été confirmé par aucune source officielle. (Vendredi 11 Avril - 11:40)
 

RUMEURS- RUMEURS... Au bout de ce petit matin ... je me réveille patraque ... j'apprends que AIME CESAIRE nous a quitté hier...

Affaire des « disparus du Beach » de Brazzaville - La Cour de cassation donne le feu vert à la poursuite de l'instruction

La Fédération internationale

 des ligues des droits de l'Homme (FIDH)


Ligue française des droit de l'Homme

et du citoyen (LDH)


l'Observatoire congolais des droits de l'Homme (OCDH)


Paris, Brazzaville, le 10 avril 2008 - La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) et ses ligues membres en France, la Ligue française des droit de l'Homme et du citoyen (LDH), et en République du Congo, l'Observatoire congolais des droits de l'Homme (OCDH), se félicitent de voir l'instruction dans l'affaire des « disparus du Beach » de Brazzaville se poursuivre devant les juridictions françaises, suite à l'arrêt de la Cour de cassation rendu le 9 avril 2008.

La FIDH, la LDH et l'OCDH relèvent d'abord avec satisfaction le rejet par la Cour de cassation du pourvoi formé par les avocats de la défense des personnes poursuivies, dont le général Norbert Dabira. La Cour motive sa décision par la prise en compte de trois éléments importants:

  • l'application de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants adoptée le 10 décembre 1984,

  • l'application du code de procédure pénale français, en particulier de son article 689-1, permettant de poursuivre toute personne soupçonnée d'actes de torture si elle se trouve sur le territoire français,

  • et la validité du réquisitoire introductif du Parquet ayant permis l'ouverture de l'information judiciaire.

Nos organisations relèvent aussi que la Cour de cassation n'a pas pris en compte pour l'instant le moyen tiré de l'autorité de la chose jugée. Il s'agit d'un argument soulevé par la défense, faisant valoir que les personnes visées par la procédure en France, ont déjà été jugées et acquittées à l'issue d'un procès tenu à Brazzaville à l'été 2005, ne respectant nullement les normes du procès équitable, et considéré de façon quasi unanime comme étant une véritable mascarade1.

La FIDH, la LDH et l'OCDH notent, en outre, que la Cour de cassation, si elle a confirmé l'annulation des actes concernant Jean-François Ndengue, directeur de la police nationale, à l'occasion de sa venue en France, a retenu des motifs purement formels de vice de procédure sans pour autant admettre l'immunité alléguée de M. Ndengue.

« La Cour de cassation confirme ainsi que la justice française est compétente pour poursuivre les auteurs de crimes commis qui ont conduit au massacre de plus de 350 personnes au Beach de Brazzaville en avril et mai 1999. Il faut maintenant continuer le combat pour permettre aux victimes d'obtenir enfin justice », a déclaré Patrick Baudouin, président d'honneur de la FIDH et avocat des parties civiles.


1Voir le Communiqué de presse du 18 août 2005 « Procès des 'disparus du Beach' de Brazzaville : des crimes sans auteurs ! »: http://www.fidh.org/spip.php?article2630; et la Note de la position du 9 novembre 2007 « Evaluation du procès de Brazzaville par les familles des "disparus du Beach", la procédure en France doit continuer ! »: http://www.fidh.org/spip.php?article4881

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Gaël Grilhot  Responsable du service de presse  Press Office Director  FIDH 17 passage de la main d'or  75011 Paris  France tel : 00 33 1 43 55 90 19  fax : 00 33 1 43 55 18 80 mailto:ggrilhot@fidh.org  http://www.fidh.org 

mercredi 9 avril 2008

Séminaire de présentation du Rapport 2007 sur le développement en Afrique, jeudi

Dakar, 9 avr (APS) – La Banque africaine de développement (BAD) organise un séminaire de présentation du ‘’Rapport sur le développement en Afrique 2007’’, jeudi à 16 heures à l’Institut africain de développement économique et de planification (IDEP) situé sur la Rue du 18 Juin à Dakar (derrière l’Assemblée Nationale), annonce un communiqué reçu à l’APS.

Rédigé chaque année par le département de la recherche de la BAD, le Rapport sur le développement en Afrique est devenu une source importante d’analyse et d’information en Afrique, indique la même source.

Avec pour thème : ‘’Les Ressources naturelles au service du développement durable de l’Afrique’’, le Rapport 2007 traite de la façon dont l’Afrique peut utiliser ses richesses en ressources naturelles en tant que base solide à la croissance économique durable et à la réduction de la pauvreté sur le continent.
Il offre une vue d’ensemble sur les principales ressources du continent, examine les bonnes et les mauvaises pratiques en matière de gestion et met en avant des suggestions concrètes pour que les acteurs, à différents niveaux, puissent appuyer le développement et la mise en place de politiques appropriées qui contribueront significativement à l’atteinte des objectifs de croissance et de réduction de la pauvreté.

Sauver l’Université sénégalaise - Par Dr Cheikh Mbacké GUEYE

L'Université sénégalaise est malade. Elle est malade de ses conditions d'enseignement et de recherche. Elle est malade de son effectif pléthorique. Elle est malade de l'insuffisance des moyens financiers qui lui sont attribués. Elle est malade, enfin, de l'extrême politisation de son espace qui empêche les principaux acteurs de se retrouver autour de l'essentiel et de mener les vrais combats.

Les symptômes apparaissaient depuis longtemps ; mais souvent les «solutions» concoctées par l'autorité n'ont pas répondu aux attentes. Après l'année blanche de 1988 et l'année invalidée de 1994, le spectre d'une autre année blanche plane encore sur l'Université sénégalaise, les grèves répétées aussi bien des étudiants, du corps enseignant que de celui administratif étant passées par là. A cela, s'ajoutent des politiques de l'Etat qui n'ont pas toujours ciblé les vrais problèmes, prises en otage qu'elles étaient par cet impérialisme politicien qui magnifie le populisme béat et sanctifie les effets d'annonce creux.

Ainsi, pour remédier au mal, il y a un besoin urgent d'administrer au grand malade une cure profonde avec des mesures ciblées, pertinentes, cohérentes et très osées. L'urgence d'agir est d'autant plus pressante que les phénomènes comme la violence sont vécus quotidiennement au sein de l'espace universitaire. Quelles seraient ces mesures ? De manière ramassée, nous proposons de livrer ici quelques pistes de réflexions tournant autour de cinq propositions charnières qui, à leur tour, renvoient aux compétences politiques, sociales et académiques.

DESENGORGER L'UNIVERSITE

L'Université de Dakar, avec son effectif de plus de 50 000 étudiants, est à bout de souffle. A côté des conséquences désastreuses que cet effectif pléthorique peut engendrer par rapport à la qualité des enseignements et conditions de travail, il y a qu'il influe profondément sur le rendement même des étudiants. Depuis des années, pourtant, le désengorgement de l'université est devenu plus un slogan creux que le fruit d'une politique planifiée et substantielle.

Désengorger l'Université sénégalaise passe, inévitablement d'abord, par l'abandon du mythe consistant à assimiler la fréquentation de l'université au seul gage de réussite professionnelle et sociale. Ensuite, il faudrait penser à renforcer la formation professionnelle tout en se gardant de vider la formation universitaire classique de sa substance et de son intérêt. Au même moment, l'autorité devrait adopter une tolérance zéro à l'encontre des écoles privées et même publiques assurant la formation professionnelle, car beaucoup d'entre elles ne justifient leur existence que par la manne financière qu'elles peuvent générer. Or, s'il est vrai que la formation professionnelle requiert des moyens logistiques et financiers considérables, il n'en demeure pas moins que le choix et la politique de l'excellence doivent en être les priorités. Par ailleurs, les efforts de l'Etat consistant à mettre sur pied des Centres universitaires régionaux sont sans nul doute une très bonne initiative pour désengorger l'Université sénégalaise, pourvu que ces cadres universitaires ne soient pas des solutions de rechange pour régler des problèmes immédiats.

DEPOLITISER L'ESPACE UNIVERSITAIRE

C'est devenu un secret de polichinelle que l'université est souvent paralysée, parce que certains acteurs définissaient leurs priorités par rapport à leurs appartenances politiques plutôt que par rapport aux intérêts généraux de l'université. Cette tyrannie de la politique sur l'espace universitaire ne fait que plomber les ailes de l'institution. Cette politisation à outrance, que l'on retrouve dans presque tous les segments de la vie à l'université, est si profonde qu'elle favorise l'«exclusion» de ceux-là mêmes qui décident librement de ne pas se mêler de politique, préférant se dévouer exclusivement à leurs études.

Quand l'étiquette politique devient la clé de la réussite dans le milieu universitaire ; quand elle, et elle seule, permet à l'étudiant de vivre de manière balèze au campus social et obtenir de beaux scores dans l'enceinte académique ; quand elle permet de faire et de défaire les statuts de certains enseignants, il y a alors lieu de bouter cette pratique hors de l'université pour rétablir l'unité, la sérénité et redonner à l'excellence et au mérite leur rôle de normes. Dans ce cadre-là aussi, les responsabilités sont partagées entre les principaux acteurs de la vie universitaire.

RESTAURER LA CONFIANCE AU SEIN DES ETUDIANTS

Une des causes des violences dans les Universités sénégalaises réside dans le manque total de transparence dans certains secteurs de la vie estudiantine et, notamment, dans l'attribution de certains «mérites» et privilèges. En effet, la corruption, la magouille, le favoritisme, qui sont autant de fléaux qui gangrènent la société sénégalaise, se trouvent incarnés et vécus dans l'espace universitaire. L'exemple de l'attribution des chambres est une preuve éloquente de ces impairs qui ne font qu'entretenir l'effritement et la «pollution» de l'espace universitaire.

L'excellence, qu'on clame tout haut et qu'on brandit à tout bout de champ, est perpétuellement foulée aux pieds pour assouvir des ambitions démesurées de clientèles politiques et groupusculaires. Certains étudiants, usant de leurs influences et appartenance politique, vont même jusqu'à institutionnaliser la pratique de la magouille, qui pénalise souvent les étudiants méritants, mais apolitiques. Au bout du compte, on se retrouve avec des cellules estudiantines corrompues dirigées par des gens incompétents, ce qui sape profondément la cohésion entre étudiants et installe un climat de suspicion délétère dans les campus académique et social. Cette suspicion de la base à l'égard des dirigeants est, du reste, fondée, quand on voit la manière dont les dirigeants bénéficient arbitrairement de bourses d'études et autres avantages au détriment d'étudiants méritants.

En outre, il n'est qu'à analyser les violences qui émaillent les élections des différentes amicales de Facultés pour se convaincre du manque de transparence dans la gestion et revendication des intérêts des étudiants. Ce phénomène en entraîne nécessairement un autre : la perte de confiance des étudiants en leurs dirigeants. D'ailleurs, depuis des années maintenant, il se creuse un certain fossé entre la base et les dirigeants, car la base ne se reconnaît plus, ni dans la philosophie, encore moins dans la manière de gérer les intérêts des étudiants.

TRAVAILLER A UN PROGRAMME UNIVERSITAIRE COHERENT

Sur le plan purement académique, l'université doit être réformée. Il est vrai que la collaboration entre Départements et Facultés au sein des Universités sénégalaises est présente. Mais elle serait plus efficiente si elle avait été le produit d'une planification prenant en compte la pertinence de certains éléments de cette mobilité ainsi que l'identification et l'élaboration de cours communs qui regrouperaient les étudiants de différents Départements ou Facultés.

Si, par contre, on peut noter une certaine collaboration entre les Départements d'une même Faculté, la collaboration entre Facultés est quasi-nulle. En outre, sur le plan administratif, les étudiants rencontrent d'énormes difficultés d'inscription, tentés qu'ils sont de s'inscrire à la fois dans deux Départements différents. Or, tout le monde sait qu'il y a des diplômes (et enseignements) complémentaires dispensés dans des Départements différents, qui participent positivement dans la formation et le profil de l'étudiant. Mais cela n'est possible que si l'interdisciplinarité devient une réalité accessible aux étudiants et sanctionnée par des diplômes appropriés.

Par ailleurs, le système Lmd (Licence, Masters, Doctorat) n'est pas mauvais, car beaucoup d'universités du monde le pratiquent avec grand succès. Cependant, il aurait fallu des préalables avant sa mise en pratique, dont une large concertation entre les principaux acteurs de l'université.

METTRE SUR PIED UN SYSTEME DE TUTORAT

Garantir la bonne transmission de l'enseignement dispensé au sein des universités passe par un contact permanent entre enseignants et enseignés. Les universités les plus efficaces dans ce domaine sont celles qui ont fini d'implanter le système du tutorat qui, loin de promouvoir des pratiques de jardin d'enfants, donnent la possibilité aux étudiants de pouvoir interpeller directement les enseignants sur des sujets précis dans un environnement plus approprié ; de la même manière, les enseignants, par des rencontres fréquentes avec leurs «protégés», auront l'opportunité de suivre les progrès des étudiants.

Malgré les importantes ressources humaines et financières requises par un tel système, l'Université sénégalaise ferait un grand pas dans ce sens, en renforçant les responsabilités et compétences des moniteurs pour mieux assister les étudiants, surtout ceux du premier cycle. L'avantage est que les moniteurs connaissent beaucoup mieux les besoins et soucis de l'étudiant, car ils sont encore, eux-mêmes, étudiants. En outre, ils ont le temps, l'enthousiasme, la motivation et l'énergie nécessaires pour mener à bien cette tâche, tant il est vrai que le Professeur titulaire -pour ne citer que cet exemple- a d'autres challenges à relever (recherches, colloques, cours magistraux, publications, encadrements de thèses, etc.). Les moniteurs, dans certaines Facultés, n'ont que des responsabilités de bibliothécaires. Or, ils devraient être mis aussi dans des conditions idoines pour jouer un rôle d'appoint significatif sur le plan purement académique.

Comme nous l'avons vu, la nécessité de sauver l'Université sénégalaise est très pressante au vu de tous les problèmes auxquels elle est confrontée ces dernières décennies. Parce que les manquements émanent de responsabilités diverses -de la part des autorités étatiques, universitaires, et estudiantines- toute solution ne pourra venir que d'une entreprise concertée et planifiée entre les principaux acteurs.

Par Dr Cheikh Mbacké GUEYE

mardi 8 avril 2008

FRANCE - Vandalisme au cimetière militaire Notre-Dame-de-Lorette : 148 tombes musulmanes profanées près d’Arras

Inauguré en 1925, Notre-Dame-de-Lorette, le plus grand cimetière militaire de France abrite un carré musulman qui compte 576 stèles dont près de deux centaines ont été profanées ce week-end.

De loin, cela ressemble à un puzzle. Sur chaque stèle, une grande lettre a été dessinée, grossièrement, avec de la peinture noire. Il faut prendre du recul et regarder l'ensemble pour deviner les messages insultants laissés sur les sépultures du carré musulman du plus grand cimetière militaire de France. «Rachida vient me s…», «Fuck les Rebeux», «Fuck Mahomet»… Une tête de cochon a même été retrouvée sur les lieux. Les gendarmes ont compté 175 inscriptions racistes et profanatoires sur 148 stèles musulmanes.

Dimanche après-midi, une trentaine de gardes d'honneurs de l'Ossuaire, béret sur la tête avaient accroché leurs médailles au veston et passé un brassard autour du bras pour venir constater le «désastre». «Cela fait deux fois (voir ci-dessous) en un an que l'on vient salir la mémoire de ceux qui ont combattu pour la France», s'indigne Robert, dont le grand-père est enterré à quelques mètres de là. Le consul d'Algérie, les représentants du culte musulman, des fils d'anciens combattants, le champlain d'Arras avaient fait le déplacement.

Les maires, les conseillers généraux, régionaux ont ceint les écharpes tricolores pour accueillir le nouveau secrétaire d'État à la Défense, Jean-Marie Bockel, venu «manifester son indignation devant cette insulte faite aux anciens combattants (…) à la demande du président de la République». Dans son agenda, il avait une visite prévue des lieux le 24 avril, pour lancer les cérémonies du 90e anniversaire du 11 novembre 1918. Ce prélude n'était pas au programme. Un avion de la République est venu le chercher à Mulhouse et il a dû écourter son week-end, tant l'émotion suscitée par l'événement était forte.

Situé à une vingtaine de kilomètres d'Arras, Notre-Dame-de-Lorette, avec ses quelque 40 000 tombes, dont 22 500 de soldats inconnus, est le plus grand cimetière militaire français.

RELEVES D'EMPREINTES

C'est sur cette colline que s'est déroulée la bataille d'Artois en 1915. Les Français et les Allemands s'y sont affrontés dans de sanglants combats. Les premiers tentants de stopper la course des seconds vers la mer. Les corps d'autres soldats, tombés dans la région et en Belgique ont ensuite été rassemblés. Un lieu calme, un peu en hauteur avec une perspective de 40 kilomètres sur les terres agricoles du Pas-de-Calais et le bassin minier qui attire selon les chiffres de Michel Sfiotti de la direction départementale des anciens combattants de Lille entre 200 000 et 300 000 visiteurs chaque année.

Dimanche matin, peu avant 4 heures, lorsqu'une patrouille de gendarmerie a fait un passage de routine, le lieu était tel qu'en lui-même. A 8 heures, des randonneurs ont découvert les macabres profanations. Le carré musulman compte au total 576 stèles. Elles sont situées à l'extrémité du cimetière, reconnaissables par leur forme arrondie et leur légère orientation vers l'Est. Un chemin de campagne offre une position de repli à d'éventuels fuyards. Est-ce pour cette raison que l'endroit est à nouveau le théâtre d'une profanation ? Est-ce la proximité de la date anniversaire de la naissance d'Hitler qui justifie ce geste ? La perspective des cérémonies du 90e anniversaire de l'armistice de 1918 ? La section de recherche de la gendarmerie de Lille, qui s'est vu confier l'enquête et la brigade de recherche d'Arras ont procédé à des analyses et des relevés d'empreintes. Les enquêteurs n'écartaient aucune piste, ni celle de groupes organisés de néonazis, ni celle de jeunes désœuvrés. Des photographies aériennes ont été prises grâce un hélicoptère. Des analyses ont été confiées à l'Institut de recherches de la gendarmerie de Rosny-sous-Bois.

Le Figaro

L’UNSAS fixe au 15 avril la date butoir pour la suite de son mouvement

 Dakar, 8 avr (APS) - L'Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal (UNSAS) fixe au 15 avril la date butoir, pour décider de l'approche à adopter, afin d'amener l'Etat à prendre en charge les revendications des organisations syndicales, notamment celle portant sur la réduction du prix des denrées alimentaires, a indiqué mardi son secrétaire général, Mademba Sock.

''Au-delà du 15 avril, il s'agira d'élever la tonalité pour que le gouvernement apporte des solutions immédiates'', a notamment dit M. Sock, qui donnait une conférence de presse conjointe au siège de l'UNSAS.

La date du 15 avril sur laquelle ''toutes'' les centrales syndicales se sont accordées, selon M. Sock, coïncide avec le dépôt par les commissions tripartites de propositions de sortie de crise, qui seront soumises à l'attention du gouvernement.

Des commissions ad hoc composées de représentants de l'Etat, des organisations syndicales et du patronat ont réfléchi sur les neuf grandes revendications de l'UNSAS, pour faire des propositions à l'Etat.

''Le gouvernement verra s'il s'engage dans la satisfaction'' de ces points, a-t-il noté, avant d'ajouter : ''s'il (le gouvernement) s'engage, banco, s'il ne s'engage pas, nous allons voir l'approche à prendre''.

De cette date butoir dépend la ''construction de notre météo sociale'', a encore indiqué Mademba Sock qui avait à ses côtés, entre autres, le secrétaire général de l'UDEN (éducation), Mamadou Diop Castro.

Le syndicaliste, qui a déploré un ''déficit criard de dialogue social'' dans les domaines de la santé de l'enseignement, de la pêche, de l'agriculture, parmi d'autres, et noté que les négociations tripartites n'ont pas connu de résultats ''à ce jour''.

Tout en soulignant que l'idée d'une grève générale qui a été agitée par les 18 centrales syndicales est toujours d'actualité, M. Sock a, toutefois, précisé que ''l'unité syndicale reste un impératif '' pour atteindre le ''bouillonnement revendicatif'' voulu.

C'est à cette condition que les organisations syndicales pourront ''imposer un rapport de forces'' au gouvernement, a-t-il dit, convaincu qu' ''il n'y a pas d'effort pour faire face à la spirale inflationniste''.

La solution au renchérissement de la vie que connaît le pays, passe par des ''pertes de recettes (de la part de l'Etat) sur la TVA et les droits de douanes'', a-t-il dit, relevant qu'il faut que les marges baissent au niveau des détaillants, ainsi que des grossistes, et que le contrôle de prix soit effectif.

Au total, ''neuf grandes questions'' figurent sur la plateforme revendicative des travailleurs, à savoir celles relatives au coût de la vie, à l'augmentation des salaires dans le public et le parapublic, ainsi qu'à la baisse de la fiscalité sur les salaires.

Les questions portant sur les entreprises en difficulté, les entreprises liquidées et dont les travailleurs attendent de connaître leur sort, de même la main d'œuvre journalière, le coût du loyer, la généralisation de la retraite à 60 ans et la loi sur la presse sont aussi pris en compte, a renseigné M. Sock.

jeudi 3 avril 2008

EXPULSION et INJUSTICE SOCIALE en FRANCE...

Association mauritanienne
des droits de l'Homme (AMDH)
Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH)

Ligue des droits de l'Homme et du Citoyen (LDH)

 

COMMUNIQUE

France / Expulsion : arrêtée au nom de la dignité

Paris, Nouakchott, le 1avril 2008 - La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) et ses organisations membres en France et en Mauritanie, la Ligue française des droits de l'Homme et du Citoyen (LDH) et l'Association mauritanienne des droits de l'Homme (AMDH) condamnent l'arrestation et la privation de liberté de Me Fatimata MBAYE présidente de l'AMDH et vice-présidente de la FIDH.

Le 11 mars 2008, Me Fatimata MBAYE, a été interpellée à l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle dans l'avion qui devait l'emmener de Paris à Nouakchott pour s'être opposée à une opération de reconduite à la frontière menée par deux fonctionnaires de la Police de l'air et des frontières (PAF) accompagnés de plusieurs autres policiers, ce qu'elle conteste. Elle a été soumise à un traitement qu'elle juge humiliant et dégradant et a été privée de liberté et pendant près de 20h et libérée sur instruction du parquet.

L'arrestation de Me Fatimata MBAYE est intervenue à la suite de ses observations et celles des autres passagers quant au traitement infligé par les policiers français à un étranger faisant l'objet d'une reconduite à la frontière. Ce dernier, menotté, enlacé d'une longe et soumis à de fortes compressions sur les épaules a subitement crié de douleur et de détresse lorsque son bâillon lui a été retiré par les fonctionnaires de police peu après la fin de l'embarquement. Face à cette situation Mme Mbaye et M. P.M. B., un médecin français arrêté lui aussi, ont demandé aux policiers un traitement « plus humain » envers la personne dont ils avaient la responsabilité. Ce n'est qu'à la suite du refus du commandant d'Air France, de garder à son bord la personne en cours d'expulsion que les policiers ont arbitrairement choisi parmi les passagers et arrêté, Me Mbaye et M. B. alors que d'évidence, il n'existait aucun indice grave ou concordant caractérisant une possible infraction.

Dans l'attente des suites de l'enquête contrôlée par le parquet, la FIDH

  • Proteste contre la banalisation du recours à la violence lors des expulsions et demande au procureur de la République de faire toutes les investigations nécessaires afin de déterminer les motifs d'un tel traitement et les éventuelles responsabilités concernant les violences ;
  • Demande que toute le lumière soit faite sur l'arrestation et la privation de liberté de Me Fatimata Mbaye et de M. P.M. B., le médecin français arrêté pour les même faits au même moment ;
  • Exhorte les autorités françaises à tout mettre en oeuvre afin que les décisions judiciaires de reconduite à la frontière soient exécutées en respect de la dignité des personnes et ce conformément aux engagements internationaux de la France en matière de droits de l'Homme ;
  • Demande aux compagnies aériennes et en particulier Air France, de clairement informer son personnel sur le comportement et les mesures à adopter lors de ce type d'incident et ce, conformément aux droits fondamentaux des personnes humaines garanties par les instruments régionaux et internationaux de protection des droits de l'Homme.

Une conférence de presse aura lieu aujourd'hui à L'Hotel Novotel de Nouakchott, à 18 heures, en présence notamment de Fatimata Mbaye, présidente de l'AMDH et vice-présidente de la FIDH, de Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH et du président de la commission nationale des droits de l'Homme en Mauritanie.


Voir le témoignage de Fatimata Mbaye sur le blog de la fidh : http://www.gardonslesyeuxouverts.org

Contact presse : Karine Appy + 33 1 43 55 14 12 / + 33 1 43 55 25 18

Gaël Grilhot
Responsable du service de presse

FIDH
17 passage de la main d'or
75011 Paris
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mercredi 2 avril 2008

SENEGAL: "Le peuple déprime, la République défile à Sira Vision "

Samedi 29 mars 2008, Place du Souvenir sur la Corniche ouest ! Il est 00h45 à ma montre ! Et ça continue toujours sur la 2Stv ! Pour ceux qui ont la mémoire peu fertile, rappelons que la Place du Souvenir a ainsi été baptisée aux lendemains de la tragédie du Joola, en souvenir des milliers de personnes qui avait été engloutis dans l'Océan. Eh oui ! Place du Souvenir nous avait-on dit, pour commémorer nos morts ! Pour nous rappeler d'eux ! Place du Souvenir où un certain ministre de la Culture s'est vu défénestré quelques jours après la cérémonie des funérailles des victimes du Joola pour avoir commis le péché d'un discours laudatif, en «oubliant» nos morts, ceux-là mêmes pour qui la Place a été érigée.

Tout le gratin de l'Etat est là présent, à commencer par son plus haut représentant, son chef ainsi que son épouse. Le Premier ministre, le ministre de la Culture, d'autres ministres bien sûr, des écrivains, de hauts responsables du Parti libéral, dans une insouciance éclairée par les spots tout autour de la place disposés, pour assister au défilé.

Je crois me tromper de pays, mais hélas ! Je suis bien au Sénégal, où les dernières 48 heures ont été sacrément difficiles pour se procurer du carburant à travers la capitale.

Le Sénégal, où le prix du riz a connu dans les dernières 48 heures une hausse conséquente. Le Sénégal, où les prix des denrées de première nécessité affolent tous les compteurs. Le Sénégal, où la crise scolaire est à son paroxysme. Le Sénégal, où le dialogue politique est dans l'impasse la plus absolue entre les acteurs politiques. Le Sénégal, où la situation du monde rural en appelle à présent à des vivres de soudure. Le Sénégal où toute une jeunesse attend des propositions de sortie de crise après avoir vécu le désespoir d'une émigration abyssale. Le Sénégal qui s'apprêterait à envoyer 1 400 personnes à la Mecque au frais du Prince, pour service rendus à l'Oci. Le Sénégal, où son gouvernement libéral n'a plus de solutions face aux problèmes socio-économiques que vivent les Sénégalais.

Gouvernement qui, par conséquent, devrait démissionner après cet aveu d'impuissance né d'une série de politiques incompétentes et incohérentes.

Mais que nenni ! Pendant ce temps, l'on défile à la Place du Souvenir sans guère se soucier de ce que demain sera fait. Oui, les Sénégalais appréhendent avec incertitude et inquiétude leurs lendemains face aux dérives de ce pouvoir dont le mépris a franchi le seuil de l'intolérable.

Il est 1h 15 du matin ! C'est l'heure du buffet, annonce-t-on ! Le gratin de la République va prendre congé. Les Sénégalais, qui attendront l'horizon 2015 pour l'autosuffisance alimentaire, dixit le ministre du Commerce, sont dans les bras de Morphée, seul moment où sûrement leur bonheur est comble. Car le réveil et le quotidien seront à nouveau impitoyables.

La République repart avec son trophée d'or de Sira Vision. Oui Messieurs de la République, «cette place n'est pas une place comme les autres», mais «cette place n'est plus la même place», devrait-on dire.

Ce ne sera pas le seul lapsus d'ailleurs, Messieurs de la République, car Mme Sow est Collé et non Colette. La faute sûrement à l'allusion faite au Président Senghor, qui, dans un tel contexte de marasme, se priverait certainement de telles mondanités.

Je suis en colère. J'ai peur pour le Sénégal.

Ahmadou Moctar TALL

mardi 1 avril 2008

FIDH/ASADHO/Groupe...- RDC/Conseil des droits de l'Homme - Communiqué

Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH)
ASADHO
Groupe Lotus
Ligue des électeurs

COMMUNIQUE


RDC/Conseil des droits de l'Homme

RDC : suppression du mandat de l'Expert indépendant

Le Conseil des droits de l'Homme avalise la position des autorités congolaises


31 mars 2008 - La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) et ses organisations membres en République démocratique du Congo (RDC)  l'ASADHO, le Groupe Lotus et la Ligue des électeurs regrettent vivement que, malgré la situation alarmante d'impunité massive en RDC, le Conseil des droits de l'Homme ait pris la décision de ne pas renouveler le mandat pays sur la RDC. Cette situation d'impunité en RDC avait pourtant été décrite récemment dans de nombreux rapports des Nations unies, dont celui de l'Expert indépendant sur la RDC, M. Pacéré.

Le mandat de ce dernier a été supprimé à la faveur d'un mécanisme plus faible regroupant des experts indépendants thématiques, chargés d'élaborer des recommandations centrées sur l'assistance technique qui pourrait être fournie à la RDC, censées améliorer concrètement la situation des droits de l'Homme sur le terrain.

« Le mandat pays était le seul à permettre un dialogue continu avec les autorités et le Conseil des droits de l'Homme, dans le but d'améliorer la situation générale des droits de l'Homme dans le pays », a estimé M. Paul Nsapu, Secrétaire général de la FIDH.  « Celle-ci demeure très préoccupante, non seulement dans les domaines couverts par les experts thématiques, mais dans beaucoup d'autres domaines transversaux, notamment celui de l'impunité. »

La FIDH et ses organisations membres en RDC, déplorent que le Conseil ait diminué le poids d'un mécanisme répondant à une situation de violations graves et systématiques des droits de l'Homme alors que celles-ci perdurent avalisant indirectement la position officielle des autorités se targuant  des améliorations « significatives » intervenues dans le pays après le processus électoral.

Contact presse : Karine Appy + 33 1 43 55 14 12 / + 33 1 43 55 25 18 – kappy@fidh.org


 
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