mercredi 29 octobre 2008

FIDH - Somalie - Attentats suicides - communiqué

Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH)

Communiqué

Somalie : la FIDH condamne les attentats suicides

Paris le 29 octobre 2008 - La FIDH condamne avec la plus grande fermeté les attentats suicides perpétrés au Somaliland et au Puntland ce jour et ayant fait au moins 28 morts et des dizaines de blessés.

Trois attentats suicide à la voiture piégée ont visé un bâtiment gouvernemental, un complexe des Nations unies et l'ambassade d'Ethiopie à Hargeisa, au Somaliland. A Bosasso, dans la région semi-autonome du Puntland, deux autres attentats ont visé un complexe des services de renseignement.

Ces attentats, non encore revendiqués, ont été commis au moment où les responsables du gouvernement provisoire somalien rencontraient à Nairobi, Kenya, les chefs d'Etat de la région et alors qu'un accord de paix avait été signé le 26 octobre à Djibouti entre le gouvernement fédéral de transition somalien et l'Alliance pour la libération de la Somalie (ARS). Le groupe islamiste Al Shabab avait fermement rejeté cet accord.

La FIDH rappelle que les affrontements en Somalie entre les troupes du Gouvernement fédéral de transition appuyées par l'armée éthiopienne et les insurgés, sont menés en violation du droit international humanitaire. Les tirs et bombardements indiscriminés tuent quotidiennement des civils. 1,3 millions de personnes ont été forcées de se déplacer pour fuir les combats. Les travailleurs humanitaires sont de plus en plus la cible des combattants. Les enlèvements contre rançons se sont multipliés. Les journalistes sont également en première ligne.

La FIDH demande au Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine de se saisir immédiatement de cette situation.

Contact presse : Gaël Grilhot : +33-1 43 55 90 19

 --  Gaël Grilhot  Responsable du service de presse  Press Office Director  FIDH 17 passage de la main d'or  75011 Paris  France tel : 00 33 1 43 55 90 19  fax : 00 33 1 43 55 18 80 Mob : 00 33 6 72 28 42 94 mailto:ggrilhot@fidh.org  http://www.fidh.org 

lundi 13 octobre 2008

Jean-Marie Gustave Le Clezio : ‘’on ne peut trouver une seule raison de justifier le système colonial’’

Dakar, 9 oct (APS) – Le débat concernant les ''bienfaits'' de la colonisation française constitue quelque chose ''d'obsolète'', puisqu'on ''ne peut trouver une seule raison de justifier le système colonial'', a jugé jeudi l'écrivain français Jean-Marie Gustave Le Clezio, lauréat le même jour du prix Nobel de littérature.

''Je me suis demandé pourquoi un tel débat, à mon avis obsolète, sans doute de basse politique. On ne peut trouver une seule raison de justifier le système colonial, même s'il y eut des gens exceptionnels, comme le fut mon père'', a soutenu Le Clézio, cité par le quotidien français Libération.

''Je sens bien que, même si je n'ai aucune part dans ce qui s'est passé, j'appartiens à cette histoire-là'', a-t-il dit dans un entretien publié jeudi par le site du quotidien français.

Le prix Nobel de littérature a été attribué à Jean-Marie Gustave Le Clézio en récompense de son œuvre dominée par les thèmes du voyage, de l'exil et de la nostalgie des mondes primitifs.

''Il y a fort longtemps, j'étais à Lille pour une rencontre, organisée par Pierre Mauroy, sur la question de la responsabilité vis-à-vis du tiers-monde, en particulier des pays anciennement colonisés et aujourd'hui abandonnés'', a-t-il rappelé.

''J'avais adhéré, a-t-il ajouté, à toutes les idées très généreuses des socialistes à l'époque, et j'avais terminé en disant que je tenais à signaler que, même si je condamnais cela, mon père était quelqu'un de bien''.

''Je n'aurais pas dû le dire, car j'ai été littéralement pris à partie violemment par des Africains (très radicaux je suppose) qui disaient que c'était honteux d'entendre des choses pareilles'', a poursuivi le nouveau Nobel.

''Je persistais, disant bien que je ne faisais pas une généralité, mais que je tenais seulement à signaler que, chez ces administrateurs, il y avait des gens qui croyaient à la République, qui pensaient qu'ils apportaient quelque chose, que les médecins venaient vacciner et que, même s'ils participaient au système colonial, ils venaient aussi donner quelque chose d'eux-mêmes'', a expliqué l'écrivain français.

Le Clézio est né le 13 avril 1940 à Nice d'une famille bretonne (son nom signifie « les enclos » en breton) émigrée à l'Ile Maurice au 18e siècle. Son père était un Anglais, médecin de brousse en Afrique (un homme né à l'Ile Maurice d'origine bretonne) et sa mère une Française.

Le Clézio a notamment écrit "La fièvre", "L'extase matérielle", "Terra amata", "Le livre des fuites", "La guerre", "Désert" (peut-être son chef d'oeuvre), "Le chercheur d'or", "Onitsha", "Etoile errante", "Le poisson d'or", "Révolutions", "Ourania" et, en 2008, "Ritournelle de la faim".

 

samedi 11 octobre 2008

Observatoire (FIDH/OMCT) - Mauritanie - Communiqué


L'OBSERVATOIRE
POUR LA PROTECTION
DES DEFENSEURS DES DROITS DE L'HOMME

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

MAURITANIE : Nouvelle répression d'une manifestation syndicale

 

Genève-Paris, le 9 octobre 2008. L'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme, programme conjoint de l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), a été informé de nouveaux actes de répression lors d'une manifestation syndicale, le 7 octobre 2008.

 

Le 7 octobre 2008, six syndicats mauritaniens - l'Union des travailleurs de Mauritanie (UTM), la Confédération générale des travailleurs de Mauritanie (CGTM), la Confédération libre des travailleurs de Mauritanie (CLTM), l'Union des syndicats libres de Mauritanie (USLM), l'Union nationale des travailleurs de Mauritanie (UNTM) et la Confédération nationale des travailleurs de Mauritanie (CNTM) - ont annoncé qu'ils maintenaient leur appel à une manifestation pacifique à Nouakchott afin de célébrer la Journée mondiale en faveur du travail décent, malgré l'interdiction par la junte militaire de toute manifestation. Environ une heure après le début de la manifestation, les autorités ont commencé à jeter des gaz lacrymogènes contre les manifestants et à les frapper avec des matraques. Une vingtaine de manifestants auraient été blessés.

 

L'Observatoire rappelle que ces syndicats n'ont eu de cesse d'appeler au retour de l'ordre constitutionnel et au retour de la démocratie depuis le coup d'État militaire du 6 août 2008 qui a renversé le Président mauritanien Sidi Ould Cheikh Abdallahi. L'Observatoire rappelle que, le 19 août 2008, une manifestation pacifique de syndicalistes exprimant ces mêmes revendications avait déjà été réprimée par la force[1].

 

L'Observatoire condamne avec la plus grande fermeté la répression de cette manifestation pacifique qui sanctionne l'exercice par des défenseurs des droits de l'Homme de leur droit à "promouvoir la protection et la réalisation des droits de l'Homme et des libertés fondamentales", conformément à la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l'Homme, adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998. L'Observatoire condamne également le recours à la force pour disperser les manifestations pacifiques d'opposition au coup d'Etat et appelle la junte militaire à respecter les libertés de réunion et de manifestation pacifiques.

 

Par ailleurs, l'Observatoire prie la junte mauritanienne de cesser tout acte de répression à l'encontre des défenseurs des droits de l'Homme et de se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l'Homme, ainsi que de se conformer, en toutes circonstances, aux instruments internationaux et régionaux de protection des droits de l'Homme.

 

Pour plus d'informations, merci de contacter :

OMCT : Delphine Reculeau : + 41 22 809 49 39

FIDH : Gaël Grilhot / Karine Appy : + 33 1 43 55 25 18



[1] Cf. communiqué de presse de l'Observatoire diffusé le 22 août 2008.


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jeudi 2 octobre 2008

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