mardi 8 décembre 2009

La Guinée tatonne . après la tentative d'assassinat de Dadis Camara



Après la blessure de Moussa Dadis Camara, les grandes manœuvres sont en cours pour la récupération du pouvoir d'Etat en Guinée. Dans ce jeu d'ombre, se distingue nettement la silhouette de la France.

Le capitaine Moussa Dadis Camara, qui a pris les rênes de la Guinée en noël 2008, est certainement né sous une bonne étoile. La rafale de mitraillette AK 47 que son aide de camp, le lieutenant-médecin Aboubakar Sidiki Diakité dit Toumba, a tiré sur lui le 3 décembre, a certes ôté la vie à sept de ses gardes du corps, mais ne l'a que blessé. Selon nos informations, une balle l'a effleuré au niveau de l'arcade sourcilière droite, entraînant un choc traumatique et une perte de connaissance. Le contact de la balle de 7 mm avec son arcade sourcilière a laissé quelques débris métalliques, que les médecins marocains de l'hôpital militaire Mohamed 5 de Rabat ont retiré au cours d'une opération qui a duré moins d'une heure. Dadis a comme voisin de palier son adjoint, le général Mamadouba Camara dit «Toto », le numéro deux de la junte guinéenne. Les numéros Un et Deux étant manifestement dans l'incapacité temporaire de gouverner, à qui échoira le fauteuil présidentiel en Guinée ? Et c'est là que les grandes manœuvres ont commencé.

L'opposition civile s'est persuadée qu'il n'y aurait pas occasion plus propice pour reprendre la main dans le processus de transition. L'enjeu est simple : neutraliser Dadis et le remplacer par un militaire plus souple, plus accommodant, qui leur ferait la part belle en organisant une nouvelle transition, avec un Cndd reformaté pour être moins revêche. Pour cela, l'appui de la France s'avère nécessaire, voire vitale. C'est ainsi qu'avant-hier, samedi, au cours de la matinée, selon des sources bien informées, l'opposant Alpha Condé a été reçu en secret au Quai d'Orsay par le ministre Bernard Kouchner. Kouchner a demandé à l'opposant historique de tout mettre en œuvre pour créer une plateforme crédible de l'opposition guinéenne, qui pèche par son manque d'unité et de cohésion. Cette plateforme d'opposition servirait de tête de pont à la stratégie française de reprise en main du processus de transition en cours en Guinée. Les opposants auront pour rôle de conditionner l'armée et principalement le Cndd pour les convaincre que Moussa Dadis Camara est hors-course. Physiquement et politiquement. Et que la seule alternative, c'est que des « soldats patriotes » s'emparent du pouvoir pour évincer la junte ou, à tout le moins, des patriotes républicains au sein de la junte s'emparent des leviers de commande de l'Etat. La France de son côté s'engagerait, selon nos sources, à mettre une pression internationale maximale sur la junte et principalement sur Dadis et ses proches. Elle aurait promis à ses alliés de l'opposition, de mobiliser les pays de l'Union européenne ainsi que les Etats-Unis d'Amérique pour obtenir le départ définitif et irrévocable de Dadis de la tête de la Guinée en le maintenant dans son exil médical et positionner le général Sékouba Konaté, numéro trois de la junte, supposé plus proche des français, comme le nouvel homme fort du pays. L'objectif de tout cela est d'installer, enfin, à Conakry un régime qui, pour une fois, serait favorable à la France.

Alpha Condé : l'homme de la France Lire la suite …

Source: Abidjan.net

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