dimanche 21 février 2010

LA VILLE DE NANTES ET LA RESISTANCE NOIRE A l’ESCLAVAGE

COMMUNIQUE DE PRESSE

Collectif du 10 Mai

LA VILLE DE NANTES ET LA RESISTANCE NOIRE A l'ESCLAVAGE…

QUE SE PASSE-T-IL ?

Le 10 Mai est la Journée nationale de la Mémoire de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions. Comme chaque année, après concertation, les associations choisissent un thème commun pour cette commémoration. Cette année, quinze associations ont opté pour la Résistance noire à l'esclavage, ces noirs qui ont fait l'histoire, une autre optait pour Métisse mon identité, et deux autres s'abstenaient. Ces trois dernières associations ont choisi de travailler hors du Collectif.

A Nantes comme ailleurs, le thème de la Résistance est pour les noirs la source d'une authentique valorisation, une valorisation qui vivifie profondément l'identité de chacun. Dans cette histoire reconnue parce que rendue publique, les noirs y voient un signe fort de reconnaissance de leur passé.

Pour la première fois depuis 2006, la Ville de Nantes n'applique pas la règle du choix majoritaire, principe démocratique de base. Conséquences, contrairement aux années précédentes, jusqu'à ce jour, aucune réunion de travail ne s'est tenue avec la Ville autour du thème pourtant retenu à la quasi unanimité des associations impliquées. POURQUOI ?

NANTES

PRESENTATION DU COLLECTIF DU 10 MAI

Le 10 Mai,

Journée nationale de la Mémoire de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions

1- Associations composant le Collectif du 10 Mai :

10Fuzion44, Afrique Loire, Afrique Promo Culture, Amnesty International Nantes, Amougnan, Caraïbe sans frontière, Gabonantes 2, Gwa-Kan-Ka, Jeunes Africains de France, Libérons la Monnaie, Ligue des Droits de l'Homme, M.R.A.P, Réseau Culturel VLM, Train de Vie, Via Preciosa

Associations du Collectif du 10 Mai appelant à la conférence de presse :

10Fuzion44, Afrique Loire, Afrique Promo Culture, Amougnan, Caraïbe sans frontière, Gabonantes 2, Gwa-Kan-Ka, Jeunes Africains de France, Libérons la Monnaie,

Réseau Culturel VLM, Train de Vie, Via Preciosa

2- Le thème pour 2010 : La Résistance noire à l'esclavage, ces noirs qui ont fait l'histoire , de grandes remises en question

Les manifestations autour de ce thème vont remettre en question deux croyances solidement ancrées dans l'inconscient collectif :

Les noirs se seraient laissé réduire en esclavage sans aucune résistance ?

Non ! Durant près de 400 ans de traite et d'esclavage, des noirs n'ont cessé

de se révolter en prenant le maquis

La France aurait généreusement libéré les esclaves au nom des droits de l'homme ?

Non ! Au delà de l'humanisme de certains, c'est avant tout la peur de

révoltes généralisées qui força les Européens à abolir l'esclavage.

Mais après l'abolition, le travail des noirs, devenus salariés, resta la

source de l'enrichissement des planteurs. La France, notamment,

promulgua des lois et des décrets, empêchant les noirs de décider

librement de leur mode de vie afin de les forcer à continuer de

travailler comme salariés sur les plantations.

Non seulement, les abolitionnistes n'accordèrent pas aux noirs

l'héritage de richesses accumulées par des générations d'esclaves

mais de plus, ils les soumirent à un impôt pour indemniser leurs

anciens bourreaux…

3- Depuis 160 ans, aucun gouvernement, quelque soit son orientation politique, n'a osé inscrire aux programmes scolaires la vérité sur cette page occultée de l'histoire.

Dans les quilombos et palenques, véritables maquis organisés par les résistants noirs, la terre appartenait à tous. Les outils, les savoirs et savoir-faire étaient le plus souvent mis en commun.

En refusant le profit pour une minorité, ces sociétés, les sociétés de nègres marrons rétablissaient la souveraineté alimentaire, un principe de base pour que le droit à la vie soit garanti pour tous. L'héritage de ces noirs qui ont fait l'histoire représente un enrichissement considérable et un exemple à réfléchir pour aider à la construction d'une société de coopération solidaire aux antipodes d'une compétition destructrice d'êtres humains et d'environnement.

4- Un devoir d'histoire : l'appel des résistants au nazisme, le soutien des universitaires

Dans le cadre de la Commémoration, ces Résistants lanceront un appel solennel pour que les Etats inscrivent aux programmes scolaires, l'étude de la Résistance noire aux déportations et à l'esclavage planifiés par le colonialisme, au même titre qu'est enseignée la Résistance européenne aux déportations et à l'esclavage planifiés par le nazisme.

Cet appel, une grande première en son genre, circule au-delà des frontières, il est destiné à avoir un retentissement international.

L'appel est signé à ce jour par :

Raymond Aubrac, résistant, membre du Conseil National de la Résistance

Ernest Barreau, résistant

François Spirlet, résistant déporté

Cet appel est soutenu par :

Louis Sala-Molins, professeur émérite de philosophie politique à la Sorbonne et à Toulouse

Olivier Le Cour Grandmaison, professeur de sciences politiques et de philosophie politique à l'Université d'Evry-Val-d'Essonne

Hector Elisabeth, sociologue à l'Université des Antilles et de la Guyane,

Elikia M'Bokolo, historien spécialisé sur l'Afrique, ancien directeur d'études à l'École des Hautes Etudes en Sciences Sociales et qui est actuellement professeur à l'Institut des Sciences et Techniques Humaines (ISTH).

Raphaël Confiant, écrivain.

Un partenariat du Collectif du 10 Mai avec la FAL (Fédération des Amicales Laïques):

Les Semaines d'éducation contre le racisme

Intervention de l'équipe d'animation du Collectif du 10 Mai dans les classes.

Déjà 300 élèves inscrits. Concours de slam pour la Commémoration du 10 Mai avec ateliers d'écriture. Les slams et poésies retenus seront lus par les élèves le 9 Mai en présence de résistants de la deuxième guerre mondiale.

Articles les plus consultés