lundi 28 mars 2011

Esclavage et violence politique en Afrique !!! ??? !!!

"La violence politique est un héritage de la traite transatlantique (historien)"

SOURCE APS : 24/03/2011

Dakar, 24 mars (APS) - La violence comme moyen de conquête du pouvoir politique en Afrique est un héritage de la traite transatlantique, a soutenu, jeudi à Gorée, l’historien Ibrahima Thioub.

"Là vous avez un des héritages, c’est l’utilisation de la violence dans l’activité politique en Afrique. L’héritage nous vient quelque part de la traite atlantique des esclaves. Quand on regarde les situations aujourd’hui en Afrique, on a un éclairage par rapport à cet héritage", a-t-il soutenu.

Enseignant chercheur à l’université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, M. Thioub animait une conférence sur l’île située à 3 Km au large de Dakar, dans le cadre d’une journée d’information et d’échanges organisée en prélude à la célébration de la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique. Cette manifestation porte cette année sur le thème "La traite transatlantique des esclaves : l’héritage vivant de 30 millions d’histoires inédites".

"Une transformation très importante, c’est la croissance de la violence, dans ces sociétés dans l’exercice du pouvoir. La violence devient l’instrument principal de conquête du pouvoir", a-t-il déploré en rappelant l’impact géopolitique de la traite transatlantique sur les sociétés africaines.

Selon Thioub, spécialiste de l’esclavage, "c’est resté de façon qu’on ne le soupçonne pas dans beaucoup de nos pratiques, de nos activités et de nos cultures". Donc, a-t-il ajouté, "la militarisation des sociétés, l’usage de la violence dans la politique, la conquête du pouvoir deviennent un objectif, parce que celui qui ne contrôle pas le pouvoir n’a pas accès aux ressources qu’amènent les compagnies de commerces".

Il a souligné les mécanismes qui ont produit la traite transatlantique des esclaves continuent de fonctionner au sein des sociétés africaines. "Changeant ce qui doit être changé, on peut valablement comparer la fin du 19e siècle en Afrique et les situations actuelles que nous vivons", a-t-il insisté.

"Il faut y réfléchir pour voir pourquoi dans les révoltes populaires, l’intervention étrangère est parfois sollicitée, parce que les pouvoirs autochtones au moment où ils exercent cette violence et cette dictature sur les populations, leurs pairs (chefs d’Etat africains) ne réagissent pas", a regretté l’historien.

"Comparaison n’est pas raison, mais, cette réflexion sur le 19e siècle nous permet de tirer des leçons pour comprendre ce qui se passe dans nos sociétés actuelles", a encore soutenu Ibrahima Thioub.

Il a par ailleurs relevé que ce sont les élites africaines, en rupture avec les populations, qui ont poussé les jeunes à prendre des pirogues pour émigrer en Europe au péril de leur vie. "Avant, ce sont les Européens qui venaient les (esclaves) chercher. Aujourd’hui, on assiste à une livraison à domicile", a-t-il analysé en allusion à l’émigration clandestine.

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