dimanche 29 avril 2012

L’artiste Kissima Diabaté renoue avec son public dakarois +++Par Mansoura Fall+++

Dakar, 29 avr (APS) - Le célèbre joueur de djembé Kissima Diabaté est revenu à Dakar et a reconquis, samedi soir au Centre culturel Blaise Senghor, son public qui guettait la joie de ses prestations sur scène.

De tous âges presque et d'origines diverses, les fans ont gardé leur mal en patience pour vivre leur bonheur. Annoncé à 19h, le spectacle a démarré deux heures plus tard. A peine a-t-il commencé, le public oublia sa peine.

L'orchestre de Kissima Diabaté est entré en scène, suivi des danseurs et chanteurs habillés de vert et de jaune. Une percussion a donné le ton à une chanson de louanges au fondateur du Mouridisme, Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, son guide.

Cette voix élogieuse de Diabaté a ouvert le concert, telle une inspiration. Habillé d'un deux-pièces de couleur blanche avec sur le haut la photo de son marabout, le joueur de djembé a enfilé quelques minutes plus tard son instrument-fétiche.

Revigoré par la présence de son ami musicien Sidy Samb, l'artiste sénégalo-malien n'a lésiné sur les instruments. Tambour, balafon et guitare ont résonné, en harmonie, mais le djembé est demeuré maître du spectacle.

Petits et grands, les amateurs ne tenaient plus dans la salle de Blaise Senghor. Tapant de toutes ses forces, le public s'est mis en harmonie avec Kissima Diabaté. Sa magie a suscité un sursaut. Plus personne n'est resté assis.

"Kiss", comme l'appellent ses intimes, est allé au-delà du jeu pour transporter son public et réveiller des sentiments, les uns opposés aux autres. Son djembé n'a eu de cesse de provoquer une alternance de gaîté et de pleurs parmi les subjugués.

Ainsi a-t-il transmis à la foule des sentiments rythmés, appuyés par des danseurs en frénésie. Certains spectateurs ont répondu à la liesse de la scène, se surprenant à découvrir eux-mêmes leurs propres talents artistiques.

Dans cette joie de vivre, seuls le chef d'orchestre, ses chanteurs et danseurs -qu'il appelait affectueusement "Ndongo-yi", qui avaient la mesure du temps. Le public n'a pas vu s'écouler trois heures de fête de sonorités et de chorégraphies.

D'un bout à l'autre du spectacle, le talent de Diabaté s'est illustré par la résonance d'une voix grave, mais aussi dans les percussions de son tambour. Profitant de la joie de la salle, il a lancé un plaidoyer au public pour la valorisation du djembé.

''J'invite les acteurs culturels, mais surtout les médias à vulgariser davantage cet art du djembé qui tend à mourir au Sénégal'', a-t-il dit, retenant l'attention du public. ''Le djembé, a-t-il insisté, fait partie de notre patrimoine culturel, on doit le valoriser.''

Auteurs-compositeurs et interprètes, originaires du Mali, ses parents ont su rapidement se faire un nom dans le monde musical sénégalais. A l'âge de 12 ans déjà, "Kiss" est devenu, lui, membre à part entière du célèbre ballet dénommé "Afrique noire".

Ambassadeur itinérant de la culture de l'Afrique de l'Ouest, Kissima Diabaté sillonne le monde pour présenter le patrimoine culturel de cette sous-région, réputée aussi pour le bruit de ses interminables conflits politico-militaires.

Depuis 1993, Diabaté s'est établi à Frankfort, en Allemagne. Sur place, il enseigne les percussions et la danse, tout en continuant d'animer des concerts et des sessions de formation ailleurs en Europe et aux Etats-Unis.

MF/SAB

Articles les plus consultés