jeudi 6 mars 2014

L'INTERVIEW (2) | Prof Tidiane Ndiaye ... [ECHO KII KAN LA? LU MU NU INDAALEEL? n° 6]

"L'Afrique et ses diasporas en question"



Pofrima Jëwriñu SEMEtt
Quelle est la nature de la diaspora « négro-africaine ». Cette diaspora a-t-elle un avenir en Occident et particulièrement en France? De Blaise Diagne à Christiane Taubira quelle évaluation faites vous de la présence d’Africains et/ou d'Afro-descendants dans les hautes sphères politiques dans ce pays? Existe-t-il des lobbies africains et/ou afro-descendants capables de défendre les intérêts de leur « minorité visible » et même à influer sur la politique de la France en Afrique ?

Prof Tidiane Ndiaye

Cher Pofrima comme vous le savez, mon œuvre ne mélange jamais recherche scientifique, idéologie ou approche militante de l’histoire. Par conséquent, mes travaux sur les civilisations négro-africaines et leurs diasporas, se limitent à un cadrage historique et anthropologique et intègre de façon marginale la dimension politique. Aussi, comme on sait la formation de la diaspora noire dans le monde, résulte essentiellement des traites négrières. Dans les nations d’accueil, du XVII ème au XIX ème siècle des fortunes ont été bâties en Europe grâce à la traite négrière, par des négociants, financiers, constructeurs, raffineurs, fabricants et détaillants. Des villes ont fait leur fortune sur le trafic négrier.

Environ 450 000 Africains sont passés par le port de Nantes. Quant aux autres villes, on dénombre plus de 500 expéditions négrières en partance de Bordeaux entre 1729 et 1826. Ces expéditions ont conduit à la déportation d'environ 150 000 Africains, faisant de Bordeaux le deuxième port négrier de France. Si Nantes a déjà fait un travail de mémoire sur ce passé, Bordeaux semble hésiter entre ternir son image de ville du vin et assumer pleinement celle de son passé de second port négrier de France.

Au cours de cette triste période les rois et les ministres des nations européennes poussaient à la roue, et ce pour deux motifs : le premier, nous le connaissons, était de fournir des « bras »  aux    colons ; le second, de faire en sorte que les métropoles engrangent le maximum de produits exotiques : indigo, sucre, tabac, coton, café... Dans les vastes plantations de canne à sucre de Saint-Domingue, de Martinique et de Guadeloupe entre autres, la présence des esclaves noirs était indispensable, pour que fonctionne le système. Pour se remettre dans le contexte de l’époque, nous dirions que les planteurs, désireux de s’enrichir à tout prix, se souciaient comme d’une guigne de morale, fut-ce au prix du sang de leur « cheptel. »

En fait ces bonnes gens n’étaient que des rouages mis en place par les Puissances coloniales. L’Exclusif ou « pacte colonial », ce principe essentiel  du mercantilisme que défendit avec acharnement un Colbert du côté français, était la règle essentielle à laquelle, nul ne pouvait déroger sous peine d’amendes et de ruines. Tout planteur des Colonies n’avait qu’un devoir : celui de produire et de fournir à la mère patrie en exclusivité, toutes les richesses produites dans les îles. C’était cela la cause et la finalité du système esclavagiste, tristes Tropiques, en vérité.

Selon l’historien Marc Ferro : « Au XVIIIème siècle, les plantations d’esclaves des petites îles des Caraïbes avaient plus de valeur pour Londres et Paris que des continents entiers peuplés de travailleurs libres. » Et vers la fin du XVIIIème siècle, le pamphlétaire royaliste Rivarol d’ajouter dans son Discours sur l’universalité de la langue française : «C’est avec les sujets de l’Afrique que nous cultivons l’Amérique et c’est avec les richesses de l’Amérique que nous trafiquons en Asie. (…) L’Europe surtout est parvenue à un si haut degré de puissance que l’histoire n’a rien à lui comparer.»

L’asservissement des Africains fut incontestablement, une source d'enrichissement sans égale pour ceux qui s'y livraient. Les monarques reconnaissants gratifiaient les armateurs d'une particule et couvraient d’honneur les capitaines qui fournissaient des bras aux plantations des îles. Certains noms de navires négriers illustrent parfaitement la fortune de ce commerce : le Pactole, la Loterie, la Roue-de-la-Fortune ou le Pont-d'Or. Les Antilles françaises ont enregistré un boom économique sans précédent grâce aux esclaves africains. Le travail de ces déportés a fait la fortune des colons et des maîtres créoles mais aussi de la France.

À la fin du XVIIIème siècle, les échanges de la Martinique, de la Guadeloupe et de Saint-Domingue avec l'étranger, constituaient les deux tiers du commerce extérieur français. Grâce à l'économie des îles antillaises, la France des négociants de 1787 était le plus grand distributeur d'Europe de produits exotiques. Pour ces raisons, les milieux d'affaires ont été soulagés par le Traité de Paris (1814), qui conservait à la France, les Antilles (source de grands profits), et le port sénégalais de Gorée (réservoir de captifs.) Le commerce triangulaire, l’utilisation d’esclaves dans le Nouveau Monde et l’accumulation de capitaux issus de la traite et de cette exploitation, ont ainsi favorisé la croissance économique de l'Angleterre et de la France. Ce trésor inestimable servit ensuite, de ressorts au décollage économique de la Révolution industrielle. Il va également sans dire qu’avec le travail des esclaves noirs,  des pans entiers de l’économie (surtout agricole) du reste du Nouveau Monde ont prospéré grâce au « réservoir immense de marchandise humaine » (Yu Yang Za-Zu) qu’était l’Afrique et au système esclavagiste.

Le puissant empire de ce que l’on a qualifié de  « coton roi », dans les États sudistes des Etats-Unis, doit au travail forcé des Noirs l’essentiel de son développement. Des villes comme New York ou la Nouvelle-Orléans bénéficièrent de ses retombées, New York ayant la mainmise sur les ventes du coton. Selon l'économiste Larry Neal, qui a traduit en termes de salaires le travail fourni par quelque dix millions d'esclaves en Amérique, le montant du revenu « illicite » engrangé par les États-Unis s'élèverait à 1.400 milliards de dollars en chiffres constants.

Quant au plan démographique, il est vrai que l'impact des traites sur le continent africain est difficile à mesurer. Bien des auteurs se sont consacrés à ce sujet, mais sans parvenir à un résultat définitif. Les tentatives de modélisation sur le sujet, n’ont jamais été sérieusement validées. Cependant, au vu des chiffres de déportations et de morts, le continent noir qui était peu peuplé au XVIIIème siècle, fut sans aucun doute ravagé par les conséquences du trafic négrier. Ensuite, la population africaine a connu une certaine envolée, lorsque la démographie a bénéficié de la disparition de la traite et de la baisse de la mortalité infantile, dues à la colonisation.

 La fin de la traite a très certainement induit sur le continent noir, le même comportement nataliste de l’Europe d’après guerre, aux allures d’un « baby boom africain », dans la plupart des régions où les hommes avaient presque tous disparu. Ceci grâce aussi aux progrès de la médecine (et ce fut, pour le continent noir, l’une des rares retombées positives de la colonisation), le taux de natalité s’est accru jusqu’à nos jours. Toutefois, à plus ou moins long terme, et en dépit de cet accroissement de sa population dans le siècle suivant l’abolition de l’esclavage, le continent noir n'a toujours pas rattrapé le pourcentage mondial qu'il représentait probablement au XVIIème siècle.

Cette stagnation démographique durant des siècles et l’actuel retard de développement économique, sont sans nul doute, au moins partiellement dus aux conséquences des traites négrières passées. Car elles n’ont rapporté à l’Afrique que guerres, dévastations, pillages et violences. Les pertes en hommes, ont entravé jusqu’à nos jours le développement des forces productives du continent. La plupart des chercheurs honnêtes, sont unanimes pour le reconnaître.

Ce trafic selon certains historiens « a laminé le potentiel économique, déformé les systèmes politiques, sapé les pratiques morales et civiques et épuisé le bassin de ressources humaines. Et d’autres d’ajouter : « Encore aujourd'hui, on voit les traces des destructions et des fuites massives causées par la traite des Noirs […] Une longue ceinture vide de terres s'étire à travers les zones subsahariennes du Ghana, du Togo, du Dahomey et du Nigeria, autrement dit les principaux centres d'approvisionnement en captifs de l'Afrique de l'Ouest. » Que pareille entreprise criminelle eût été préméditée, perpétrée, codifiée et justifiée pendant des siècles par les nations arabo-musulmanes et européo-chrétiennes est inconcevable pour un esprit moderne.

Et pourtant ces nations se réclamaient toutes de religions monothéistes et prétendument humanistes. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », enseigne le Christ. Beau principe en vérité, que foulèrent au pied - avec quelle allégresse, quelle indignité, et quelle mauvaise foi  - dirigeants et exécutants de tous bords. Certes nombreuses furent les bonnes âmes, depuis Las Casas, à dénoncer les abus et les violences, au nom de l’Éthique et de la Morale. En vain : le bon droit était du côté des Serviteurs du Christ.

De nos jours, la mémoire de cette tragédie est encore occultée voire « discriminée. » Il est vrai que des voix se sont élevées pour présenter des excuses d’un pays, telle celle du Président Clinton ou demander « pardon pour les péchés commis par l’Europe chrétienne contre l’Afrique » (Jean-Paul II, en 1991 à Gorée.) Triste consolation en fait, quant on sait que l’Épiscopat français a attendu l’année 1997 pour reconnaître sa responsabilité passive dans la Shoah. Mais à ce jour, en dépit de la « repentance » publique du pape, aucun Souverain Pontife n'a jugé bon de publier une encyclique reconnaissant, urbi et orbi, la responsabilité de l'église dans l’holocauste des peuples noirs, qui s’est étalé sur plusieurs siècles avec sa bénédiction.

Quant aux nations impliquées dans ce crime, les parlementaires français, sur proposition de la députée de Guyane Madame Christiane Taubira, ont publiquement reconnu l’esclavage crime contre l’humanité en mai 2001. Ils ont par la suite légiféré mais tout en évitant d’accuser nommément les autres puissances occidentales coupables, c’est-à-dire la Grande Bretagne, les Etats-Unis, le Danemark, les Pays - Bas, le Portugal et l’Espagne. La question concernant d’éventuelles réparations, fut tout simplement évacuée.

Aucun autre gouvernement des nations concernées par le commerce triangulaire, n’a pris l’initiative pour le dénoncer et reconnaître la responsabilité de son pays. Pendant combien de temps encore, cette étrange discrétion continuera t-elle d’entourer le plus grand mal que l'homme ait pu faire à son semblable ? Il faudra bien un jour, que la question des réparations et de leurs formes, soit sérieusement examinée. Car cet holocauste sans précédents a laissé des traces indélébiles. Ses millions de morts ou d’asservis furent légalisés et couchés sur le Code Noir par exemple. D’autres traces sont durablement consignées dans des traités, des bulles, des licences, des contrats. L’holocauste des Noirs fut un crime d’Etat pour les nations qui en ont
profité.

Comme monopole royal le commerce négrier avait toujours été réglementé par les autorités officielles des nations impliquées. Leurs gouvernements faisaient sous-traiter ce commerce par des entreprises de transport et commerce maritime, privées pour la plupart, dont la célèbre Compagnie française des Indes Occidentales ou la Compagnie du Sénégal. Quant à la Compagnie de Guinée elle décrocha pour la France en 1701, l’exclusivité de l’Asiento espagnol, qui était un contrat reconnu « d’utilité publique », sous forme de licence accordée par les Rois d’Espagne et fixant la déportation aux Amériques, d’un nombre déterminé de captifs africains pendant un certain nombre d’années.

Cet holocauste est ainsi historiquement, juridiquement et moralement imprescriptible. Les descendants des peuples impliqués ne peuvent refuser d’assumer une certaine responsabilité généalogique, car la pratique du commerce triangulaire relevait officiellement du domaine public. Ce qui explique sans doute qu’aux Etats-Unis, à la fin de la guerre de Sécession, le général Sherman avait proposé de donner à chaque ancien esclave 40 acres de terre et une mule. Promesse qu’Abraham Lincoln avait tenu à honorer. Mais ultime mesquinerie, après l’assassinat de Lincoln, le Président Andrew Johnson devait reprendre ces terres aux Noirs, pour les redistribuer aux confédérés. Il n’y eut par la suite aucune autre décision officielle en faveur des Noirs avant le Positive Act (politique d'action positive.)

Aussi, les peuples noirs, sur le continent africain ou dans la diaspora, avaient longtemps pansé leurs blessures en silence avec l'indéfectible capacité de récupération qui les anime, avant de se rappeler que Alexis de Tocqueville disait de l'abolition de 1848 : « Si les nègres ont le droit de devenir libres, il est incontestable que les colons ont droit à ne pas être ruinés par la liberté des nègres. » Ces mêmes colons furent royalement dédommagés. La France leur a versé la somme de 6 millions de Francs, en compensation de leur « perte de main d’œuvre. » Dans le même temps les Noirs furent encore les principaux perdants, jetés dans la rue comme si la liberté seule pouvait gommer toutes les horreurs du passé.

A ces esclaves libérés, rien ne fut accordé, ni dédommagement ni même un arpent de terre. Pour survivre, ils ont été obligés de défricher des collines (ou mornes dans les îles), pour y aménager des jardins créoles. D’autres moins débrouillards, furent à nouveau livrés à l’exploitation, dans les mêmes plantations où leurs ancêtres avaient été réduits en esclavage durant des siècles. Ce qui explique en grande partie, que la configuration ethno sociale de ces territoires, a peu varié depuis l’abolition. Elle continue d’évoluer dans un type de relations, où certaines règles ont survécu au temps. Dans ces lieux théâtre d’un passé douloureux, le patrimoine économique et financier, est-il toujours en grande partie détenu par les descendants des anciens maîtres. Tandis que les descendants d’esclaves, évoluent au mieux dans la représentation politique ou les professions libérales. La condition des communautés noires, porte toujours les stigmates de l’esclavage et de la colonisation. Quant à l’hexagonale où vit également une forte communauté domienne, « immigrée de l’intérieur », l’exclusion sociale y touche aussi et d’abord, les populations issues des anciens territoires esclavagistes ou celles issues de l’immigration post coloniale.

La persistance des préjugés raciaux et des barrières sociales, est une réalité vécue au quotidien par ces minorités dites « visibles », mais qui en fait, restent presque totalement invisibles aux sphères gratifiantes du système. Elles vivent une superposition de fractures : fracture sociale, fracture ethnique mais aussi, fracture citoyenne, parce que ne trouvant pas vraiment leurs marques dans la république. Condamnées à rater plus que d’autres l’ascenseur social et cantonnées dans des quartiers de relégation, propices au développement de communautarismes par « identifications ethno sociales », elles prennent souvent le train de la révolte violente en marche.

 Dans ces bombes sociales crées par un système qui a raté ses politiques d’intégrations, il suffit d’une étincelle comme celle du 27 octobre 2005, pour exploser. Dans le même temps certaines têtes bien pensantes n’hésitent pas à brouiller le débat, en faisant passer toute expression sur les vraies causes de cette marginalisation, comme un repli communautaire voire du « racisme anti-blanc. » Alors que nier ce problème, qui est un des plus vieux contentieux de la France monarchique ou républicaine, n’aidera pas à le résoudre. On ne peut voiler éternellement la mémoire d’une horreur faite de massacres, de mutilations, de viols, d’asservissement, des humiliations de l’indigénat et du travail forcé pendant des siècles. Ni tenter de les masquer, par des propositions de loi au Parlement, comme celle du 23 février 2005 et qui vise à promouvoir une appréciation « positive » de la présence française outre-mer.

 Comme nous l’avons vu, la colonisation française n’a pas revêtu que des aspects négatifs. Pour autant, une loi n’a pas vocation à trancher les rapports entre l'histoire et la mémoire. Fort heureusement cette manœuvre insensée a été dénoncée par des historiens sérieux comme visant à « imposer une histoire officielle » et « un mensonge officiel sur des massacres allant parfois jusqu’au génocide, sur l’esclavage, sur le racisme hérité de ce passé. » Décidément, la France qui fut en ces temps de sinistre mémoire, la troisième puissance négrière du monde et la seconde puissance coloniale a visiblement des problèmes avec ce passé. Alors qu’envisager de traiter sérieusement les fondements sociaux et économiques de la marginalisation des principales victimes de ce passé, par des moyens qui restent à imaginer, serait déjà un début de réparation. Ailleurs des questions à peu près similaires furent pourtant posées et résolues à juste titre, comme la spoliation des terres des Sioux et les internements abusifs de citoyens japonais aux Etats-Unis.

En Californie, en 1999, une compagnie d'assurances, Aetna, s'est publiquement excusée, d'avoir jadis assuré des propriétaires fonciers contre la perte de leurs esclaves. Le Congrès californien a demandé à toutes les compagnies d'assurances de faire la lumière sur leurs anciennes pratiques dans la période de la traite et de l’esclavage des Noirs. Mais paradoxalement c’est dans le secteur privé que l’activité militante pour les réparations des crimes de la traite négrière et de l’esclavage a marqué des points dans ce pays. Après Lehman Brothers, firme internationale d’investissement, c’est la seconde plus importante banque américaine JP Morgan qui vient de reconnaître son passé négrier. Entre 1831 et 1865, deux banques (Citizens Bank et Canal Bank), dont émane JP Morgan, ont été impliquées dans le trafic négrier en Louisiane. Elles acceptèrent environ 13 000 Noirs comme garantie, pour des prêts consentis à des esclavagistes. Par la suite, 1250 esclaves au moins leur revenaient en droit de propriété, suite aux défauts de paiement des planteurs débiteurs. JP Morgan a présenté ses excuses aux Africains américains, affirmant notamment : « Même si nous ne pouvons pas changer le passé, nous avons l’obligation d’en apprendre et d’en sortir plus forts. » Elle a aussi proposé une aide substantielle aux jeunes africains américains, dans le domaine de l’éducation, en décidant de mettre sur pied un programme de financement de bourses d’un montant de cinq millions de dollars pour des étudiants noirs des Etats du Sud. En Europe l’Allemagne et les banques suisses ont indemnisé les victimes de la Shoah et les anciens travailleurs forcés du nazisme. Le génocide des Juifs a imposé réparations matérielles, financières, morales et actes de repentance aux institutions et gouvernements occidentaux impliqués. Egalement grâce aux actions efficaces des communautés juives, l’histoire du génocide de leurs coreligionnaires est entretenue vivante, par des commémorations officielles, des manuels scolaires, des films, des documentaires, des musées et des monuments qui témoignent de cette tragédie.

De même qu’en 1995, la Reine d'Angleterre s'est rendue en Nouvelle Zélande. Elle y a signé le « Waikato-Raupatu Claims Settlement Bill », un acte par lequel était restituée aux Maoris, la terre qui leur avait été volée en 1863. Les descendants des spoliés ont touché des dommages et intérêts et reçu les excuses solennelles, de la Couronne au nom de la Grande-Bretagne. En revanche, pour ce qui est du martyre des peuples noirs, la plupart des nations impliquées, tentent de se soustraire à l’examen critique de cette sombre page de leur histoire. Alors qu’on ne pourra jamais réinventer une histoire commune et sereine si ces pays continuent à refouler la mémoire de la traite négrière, de l’esclavage, de la colonisation et de leurs séquelles actuelles. C’est le refus de porter et d’assumer  avec humilité la charge de ce passé.par le débat et par l’action, qui constitue le terreau idéal, où prospèrent tous les ressentiments et frustrations passés ou présents des communautés noires.

Aussi, l’initiative de la France sur la question, par son Président reconnaissant que : «La grandeur d'un pays, c'est d'assumer, d'assumer toute son histoire. Avec ses pages glorieuses, mais aussi avec sa part d'ombre » est un début prometteur, pour soulager le poids de l’histoire, qui continue toujours d’imprégner les relations entre les descendants des différents acteurs et victimes de ces inoubliables tragédies passées, symboles de la cruauté de l’homme et de la fragilité de sa condition. Pour le reste, le résultat des politique de cotas (positive Act) aux USA et l’intégration politique en France ayant donné des ministres noirs antillais ou d’origine africaine, sont trop récente pour en évaluer l’impact. L’avenir nous édifiera.

Cordialement





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